AIR
Pauvres femmes ! votre empire Hélas ! ne dure qu'un jour, Il ne faut pour le détruire Qu'un oui fatal de l'amour !
Libres, vous parlez en reines, Tout sourit autour de vous ; Ah ! pour rester souveraines, Pour ne point porter de chaînes Fuyez la chaîne d'un époux !
VOLMAR
Bravo, le conseil est excellent, surtout pour ces pauvres femmes dont les maris sont ....
Emilie.
Bizarres !
VOLMAR
Et jaloux sans sujet.
Emilie.
Comme vous, Monsieur, comme vous.
Volmar.
Que je vous ai d'obligations de m'avoir éclairé. La jalousie est un défaut dont j'aurais fait reproche à un mari qui posséderait une femme jeune et jolie, mais douce et sage comme vous, réfléchie comme vous, sensible aux avis de l'amitié comme vous ; mais atteint et convaincu d'être jaloux, et jaloux sans sujet, quand on parlera devant moi d'un mari de la sorte, je me tiendrai sur la réserve, de peur de faire rire à mes dépens.
Avez-vous tout dit, Monsieur ; avez-vous épuisé tous les tons du persiflage, et puis-je espérer d'être écoutée en vous parlant raison.
VOLMAR
Comment, mais vous me ferez plaisir !
Emilie.
{Elle s'adoucit d'une manière sensible. ) Quoique je n'aie point à rougir de ma conduite, j'avouerai inge'nuement que ce tête-à-tête inconsidéré a pu au premier abord, vous causer quelqu'emotion, mais je vous jure qu'il n'avait rien que de fort innocent.
Volmar.
Qui vous a dit le contraire ?
Emilie.
Cet air, ce ton, ces ironies auxquels vous ne m'avez point accoutumée . . . et . . . {Entrée de DormeuiL)