SCENE XIII
Emilie, Dormeuil.
Emilie {agitée toute la Scène).
Grands Dieux ! que vais-je devenir?
Dormeuil.
Calmez-vous Madame ; quoique l'arrivée du serrurier soit inquiétante ....
Laissons cet homme, et répondez-moi : ce duel ' que vient de vous proposer mon mari, l'accepterezvous ?
Dormeuil.
Cela n'est pas sérieux.
Emilie.
Il s'agit de sa vie ou de sa mort, et vous me dites à moi que ce n'est pas sérieux! Avez-vous oublié
qu'il est mon époux, un époux digne de toute ma tendresse, et qui me croit coupable ?
Dormeuil.
Nous ne nous entendons pas. Je voulais dire que ce cartel qui vous effraie, Volmar ne Ta point proposé sérieusement.
Emilie.
Aucun détour ne calmera mes craintes, je vous en avertis ; ainsi répondez : ce cartel, l'accepterez-vous ?
Dormeuil.
Dans cette supposition .... l'honneur. . . . exige ....
Emilie (vivement).
L'honneur exige ! . . Oui, Monsieur, l'honneur exige que vous le détrompiez, que vous m'aidiez à reconquérir son estime; mais chercher pour défendre votre vie, à percer le sein d'un ami à qui la légèreté de notre conduite n'a donné que trop de sujets de prendre du soupçon, c'est un procédé affreux que le véritable honneur reprouve.
Dormeuil.
Soyez sans inquiétude, Madame; si je me crois ob-
lige de re'pondre à l'appel que vous prétendez m'être fait, je sais aussi ce que demandent de moi l'amitié' et même l'erreur de Volmar. Il sera libre de m'ôter la vie; mais je me ferais un crime de mettre la sienne en danger.
Emilie.
Je respire. Quelque chose qui m'arrive maintenant, je ne me plaindrai plus.