‹ Le vers français et les prosodies modernesChapitre 38 sur 63 · Tourbillonnant — aveu - gle les airs · texte numérisé non relu

Tourbillonnant — aveu - gle les airs

Mais pour braver — les traits • qu'il décoche,

A-t-on trouvé — l'abri - d'une roche,

Tranquille on voit — le feu - des éclairs.

C'est ainsi que Van Hasselt écrivait :

2. 4. 7. 9, Joyeux pinsons qui chantez sans nombre Vos refrains le soir, Silence aux morts endormis dans l'ombre Du sépulcre noir,

et avec un médiocre souci de la césure :

2. 4. 6. 9. Je suis le blanc cheval du beau reître. Le roi disait : « A moi ce coursier I // J'ai dit au roi: " J'ai, sire, un bon maître; C'est l'homme au glaive, au casque d'acier. //

Il exprime avec une mélancolie saisissante le balancement de la cloche dans cette autre notation (dactylique-trochaïque) :

1. 4. 6. 9. Cloche du soir, musique si douce. Seul au milieu du calme des bois. Seul je l'écoute assis sur la mousse, L'hymne plaintif que chante ta voix.

P En présence des variétés qu'ofifre l'ennéasyllable, M. de Gramont constate que ce vers n'a pas, dans notre langue, une forme bien arrêtée, puisqu'on a pu en noter jusqu'à cinq différentes dont il existe au moins quelques spécimens. Or, comme nous l'avons vu plus haut, la même diversité se rencontre dans le dodécasyllabe dont nous avons noté jusqu'à huit formes distinctes. Doit-on se hâter d'en conclure que si le vers de neuf syllabes « s'est maintenu jusqu'ici dans cet état d'hésitation, il est bien douteux qu'il en sorte jamais, ayant contre lui le nombre impair de ses syllabes et sa proximité avec deux des vers les plus usités, le décasyllabe et l'octosyllabe > ? Au lieu de le rejeter pour des raisons qui feraient condamner aux mêmes titres le vers impair de sept syllabes, tout aussi proche voisin du vers de six et du vers de huit, n'est-il pas

plus rationnel de reconnaître que son état d'hésitation n'est qu'apparent et que l'élasticité de ses formes est, au contraire, la meilleure preuve de sa fécondité ? M. de Gramont convient, du reste, qu'il serait possible d'en tirer parti autrement que pour le chant, eu le césurant soit à la troisième, soit à la quatrième syllabe. « Dans le premier cas, dit-il fort judicieusement, le second hémistiche devra s'accentuer comme les hémistiches de l'alexandrin ; dans le second cas, comme ceux du décasyllabe à césure médiane. Cela dit surtout pour la versification de l'avenir > .

DECASYLLABE.

Levers de dix c pieds >, d'après M. Ténint, est le premier auquel les prosodistes de l'ancienne école ont imposé leur inflexible césure ; ils l'ont partagé en un vers de quatre et un vers de six « pieds », séparant les deux « hémistiches » par une barrière infranchissable.

Remarquons en passant qu'on se sert couramment d'un terme impropre en désignant deux membres, l'un de quatre et l'autre de six syllabes comme des hémistiches ou demi-vers; puisque ni quatre ni six ne forment des moitiés de dix. Tant que l'on compte par syllabes, le décasyllabe n'a d'hémistiches que sous sa forme 5 et 5, et c'est alors un pléonasme de parler de deux hémistiches égaux.

M. Quicherat stipule plus correctement, sinon plus véridiquement, que, dans le vers de dix syllabes, il y a toujours une césure après la quatrième. M. Ténint attribue à cet étranglement l'abandon dans lequel le vers marotique est tombé. L'inflexible césure ne rendait pourtant pas le décasyllabe 4 et 6 aussi gênant pour la pensée moderne que le suppose le législateur du vers romantique; car il comporte les variétés suivantes :

à 4 accents :

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