ASSONANCE DES RIMES SUCCESSIVES
ces vers sautillants de cinq sillabes et ces rimes sèches produisent le contraire de l'effet cherché.
L'autre point que nous avons à considérer, c'est l'assonance des rimes successives, que les poètes soigneux évitent métodiquement et avec raison, car elle engendre une monotonie désagréable et antiartistique ; c'est le défaut des exemples suivants :
Une clarté d'en haut dans mon sein descendit, Me tenta de bénir ce que j'avais maudit; Et, cédant sans combattre au souffle qui m'inspire, L'âme de la raison s'élança de ma lyre
(Lamartine, L'homme).
On en trouverait une dizaine d'exemples dans la même pièce qui n'a pas trois cents vers.
J'aurais dû, — mais, sage ou fou, A seize ans on est farouche, — Voir le baiser sur sa bouche Plus que l'insecte à son cou.
On eût dit un coquillage ; Dos rose et taché de noir.
Les fauvettes pour nous voir Se penchaient dans le feuillage
(Hugo, La coccinelle) ;
cette dernière strofe est la pire des deux parce que ses rimes sont à la fois assonantes et du même sexe. Il en est de même des exemples suivants:
L'Océan s'entrouvrit, et dans sa nudité Radieuse, émergeant de l'écume embrasée, Dans le sang d'Ouranos fleurit Aphrodite
(Heredia, La naissance d'Aphrodite).
Jamais Iphigénie, en Aulide immolée ,
N'a coûté tant de pleurs à la Grèce assemblée
Que dans l'heureux spectacle à nos yeux étalé En a fait sous son nom verser la Champmêlé