SCÈNE PREMIÈRE
MARIE, P ni S MONTAL.
MARIE, seule, à gauche au fond de la scène, regardant avec rêverie par une fenêtre, des fleurs dans sa main.
Encor quelques rayons qui dorent la colline.
Tout est calme, la nuit se fait.
Montai parait.
Heure divine!
MONTAI., il entre à pas silencieux par la porte latérale de droite, tenant un journal. — A part.
Elle rêvel
Il s’arrête à l'observer*
MARIE, de même»
Oh ! quels doux parfums d’orangers verts!
Quelles lièdes senteurs ! Univers! Univers!
Pourquoi me montres-tu ta splendeur éternelle?
Pourquoi me troubles-tu? Pourquoi ta brise est-elle Si pleine de baisers, amant mystérieux?...
Se retournant et apercevant son pèrô.
Tiens, mon père, c’est toi!
MONTAI, allant à elle, après avoir posé son cliapeau sur la console.
w Ton front est soucieux
Aujourd’hui. — Qu’as-tu donc?
MARIE, contrainte, descendant la scèue vers la gauche.
Rien, maisNice m'ennuie.
Toujours le grand soleil, jamais un jour de pluie;
C’est fatigant 1 — Tu viens de la poste. — A propos,
Léon a-t-il écrit?-
montai..
Non.
MARIE
Pas même deux mots !
Que c’est mal, nous laisser huit jours sans une lettre!
M 0 N T A L, avec douceur.
C’est que dans la semaine il reviendra peut-être.
Ton mari t’aime, enfant, et s’il n’a pas écrit
C’est qu'il est près d’ici...
Assis.
Quitte cet air contrit;
Allons, souris un peu.
MARIE, douloureusement.
Je n’ai pas de tristesse.
A part, debout près de la table, arrangeant ses fleurs. — Montai assis à droite ouvre son journal et observe sa fille à demi.
Depuis trois mois toujours seule, seule sans cesse. Comment ne pas rêver, et comment empêcher De soupirer un cœur qui ne peut s’épancher!
— Encor si je pouvais arracher de mon être Ce secret dévorant et doux qui le pénètre!