OLIVIA, GEORGES, ARABELLA, SOPHIE, M« PRIMEROSE, M. WILMOT
(Au lever du rideau, M. Wilmot et M"* Primerose sont assis à droite, sur le devant de la scène, près de la table. Georges est au clavecin. Arabella tient. une feuillu de musique; Olivia est auprès d'elle. Sophie écoute appuyée derrière sa mère.)
OLIVIA, tixnt h) iiiaoiW .|>|ibu.li|.
Bravo! bravo! monsieur tnun frère, pour votre double talent
de poêle et de oomposileur!
CRORCKS, •• IrvMt.
C'est à miss Arabella que doivent revenir tes éloges, ma sœur. Elle chante avec tant de goût !
WILMOT, •» U»»nt.
Vous avez là un fort joli talent... d'agrément, mon cher Georges... Votre romance est charmante.
M - * PRIMEROSE, *e levai*.
N'est-ce pas qu'il a de l'esprit, mon Georges?
SOPIUE, i Arsbrlb.
Et du cœur.
OLIVIA, qn. • fin* U mosiqw qw InMil AraMll.
J’aime le litre de celte romance : la Corl#ille de mariage!.. Mais dans quelle condition as-tu donc choisi ton fiancé, mon frère ?... Quels cadeaux mesquins!... une petite croix d’or, une • bague d’argent et un modeste bouquet !... Quand je me maritv ! rat, j’espère bien trouver dans ma corbeille, des broderies tran-
1 çaiscs, de la dentelle de Malines et un cachemire indien.
WILMOT
Fulilités, ma chère demoiselle... futilités qui coùteut fort I cher et ne rapportent rien dans un jeune ménage.
lén-t 3
LE VICAIRE DK
GEORGES
Qu'en pense miss Arabella?...
ARABELLA
Oh! moi, je suis Anglaise... j’aime les productions de mon pays...
SOPHIE
Qu'importe ce que contient la corbeille?... L'important. -c’est la main qui vous l'ofTre.
WILMOT
Sagement pensé, miss Sophie.
ARABELLA, bu à ftaprgst.
Avis aux gendres future.
WILMOT
Ah ça ! notre cher pasteur se fait bien attendra.
M“* NI Ul RR OSE.
Oh!... il ne peut tarder.
SOPHIE
C’est que c'est aujourd’hui mardi.
Son jour de visite...
WILMOT
Au château?
SOPHIE
Non !... aux pauvres de la paroisse.
WILMOT
Ce cher monsieur Primerose, il donne beaucoup... Le* fainéants ne manquent pas dans ce joli bourg de NVakelield... quelle moisson d’ingratitude il doit récolter !
OLIVIA
Oh ! mon père s’inquiète peu de cela.
SOPHIE
Exiger de la reconnaissance pour le bien qu'on fait, nous ditil souvent, c’est prêter à usure...
WILMOT
Il a toujours des maximes qui n’appartiennent qu'à lui.
ARABELLA, à Olivia.
Votre père est si bon ! C’est la providence de notre bourg.