SCÈNE VI
W1LM0T, PRIMEROSE, •*. à b ubk.‘
WILMOT
Savez-vous, mon cher pasteur, que vos deux filles sont charmantes?... Si j ’étais jeune et que j eusse à choisir entre elles, je serais bien embarrassé de fixer mes vœux.
PRIMEROSE
Ma foi, mon vieil ami, je ne pourrais que vous conseiller suivant votre humeur : si vous êtes gai, prenez Olivia, elle vous amusera par sa vivacité; si vous êtes sérieux, épousez Sophie, elle vous plaira par sa modestie et son bon sens.
WILMOT
Eh ! eh ! le bon sens, c'est précieux en ménage.
PRIMEROSE
L'enjouement a bien aussi son mérite... Quand je rentre le soir, après une longue excursion dans la paroisse, j'ai souvent besoin de la douce gaieté de mon Olivia pour me consoler un peu des misères que j'ai vues.
WILMOT
Entre nous, elle est un peu votre préférée.
PRIMEROSE
Que voulez-vous? c-tle faiblesse est commune à toute la famille... Olivia est gâtée par sa sœur, par ses frères, plus encore que par nous.
• Wlloiot, Primerose.
WILMOT, x IbtmI.
Vous êtes bien l'homme le plus heureux que je connaisse.
PRIMEROSE, x l -
Je rerais ingrat envers la Providence si je me plaignais de mon sort; j’ai une honnête aisance, qui me permet de Taire un peu de bien ; une femme que j’ai choisie comme elle-même choisit sa robe de noce, non sur le brillant, mais sur la bonté de l'étoffe; des enfants peu habitués au monde, mais simples, candides et bons, sans ambition, sans envie, sans désirs extravagants; pour nous pas de révolution à craindre, toutes nos aventures au coin du feu ; tous nos voyage*, de la chambre bleue à la cliatiibru verte. Si, à vos yeux comme aux miens, cette vie tranquille constitue le bonheur, j’admets volontiers, mon cher \>’ibuol. qu'il v a peu d'êtres au monda mieux partagés que notre humble famille.
WII.MOT.
Votre fils ainé n’a-t-il aucun désir de gloire ou de fortune?
PRIMEROSE
Georges a l'ambition naturelle à lin jeune homme qui se sent fort d'une bonne éducation et brille de se distinguer en senant son pays... U avait d'al ord songé à la carrière militaire, mais d’autres sentiments, vous le savez, sont venus changer sa résolution. Si ses vœux, qui sont aussi les miens, peuvent ètra satisfaits, il embrassera une profession savante, moins éclatante que celle des armes, où l'on trouve une gloire plus douce et une renommée plus utile.
WILMOT
ArtbéQa est nym unique enfant... fruit de mon premier mariage; elle a. quant k présent, le bien de su mère; mais je ne puis me dessaisir en sa faveur d’aucune partie de ma fortune personnelle.
PRIMEROSE
Je l'ai toujours compris ainsi; d'ailleurs il n'est pas bon que les jeunes gens connaissent trop têt le superflu ; ils doivent 1e nié riter par le travail.
WILMOT
En ce cas, mon cher monsieur Primerose, donnez-moi la main, c'est une affaire conclue. Georges sera l’époux d'Arabella.
PMMERoM , êoutiaal.
Vous ne consultez pas votre fille ?
WILMOT
C'est inutile; je soupçonne que maître Georges a du la consulter avant moi. (Ot «■•woa d« t-mii ruu«i«*r.)
PRIMEROSE, ktlaal A la feelWa.
Qu'est ceci?
WILMOT
Une troupe de comédiens ambulants arrivant pour la fête de ce soir, et qui excite l'admiration de la foule.
PRIMEROSE, 4 la fcaétnc.
C'est à la porte de VAigUrNoif.., L'aubergiste se dispute avec un étranger, et le* passants réassemblent autour d'eux.
WII.MOI .
Quelque ivrogne qui refuse de payer les pois cassés.
PRIMEROSE, (wvaaot toi chapeau «r rla«crtn.
Mon intervention peut être utile... vous permettes?
WILMOT
Comment done!... ( rsanx «*t. )