XVI PRÉFACE
Le lendemain je me rendis au cimetière, où je fus seul a entrer.
Je cours L. Quel fut mon étonnement en arrivant au tombeau de la veille, d'y voir mon jeune homme écrivant toujours avec la
même rapidité, mais pâle, Pœil abattu et les cheveux humides de rosée, — Avait-il passé la nuit ?
Comment? Pourquoi?...
Il devint évident pour moi que cette aventure devait être fort intéressante, jene cherchaipasà m'expliquerla bizarrerie d'un tel fait; seulement, par un magique pressentiment, je jugeai que j'avais devant les yeux un être malheureux.
La compassion le plus vive s'em-
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para de mon cœur et j'aurai la franchise d'avouer que, dans cette compassion, se glissait l'espoir de lire le manusorit.
Prenant alors les sons les plus anodins du médium de ma voix> je dis à l'étranger :
— Monsieur, vous paraissez gravement affecté?... Puis-je vous être utile à quelque chose? Je suis bachelier ès-lettres.
— Non.
Ce non eut quelque chose de flatteur, malgré l'accent sévère avec lequel il fut prononcé , car le jeune homme me parlait au moins. En cet instant, la plume de l'étranger tomba par terre, je la
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ramassai, et ,1a lui présentant avec toute la grâce dont la nature m'a doué, je réussis k obtenir un signe de tête assez amical.
Réduit à un rôle passif, je m'en contentai, et, semblable à ces chiens qui suivent de L'oeil, la bouchée que leur maître tient k la main et qui l'escortent de leurs regards pétillans jusqu'k ce qu'elle ait disparu, de même, je suivais la main du jeune homme, toutes les fois qu'elle allait d'un bout a l'autre du papier , ou lorsqu'il prenait de l'encre. Je cherchais k comprendre quelle aventure bizarre pouvait obliger un homme a écrire en plein air, plu-