‹ Le vicomte C. de Léry [microforme]Chapitre 70 sur 76 · EDUCATION · texte numérisé non relu

EDUCATION

Pendant de longues années, pour former et instruire la jeunesse, le pays, à part quelques Colléges et quelques Couvents, n'a eu que le prêtre qui, aidé de quelques pieux laics, n'a pas cru se rabaisser en faisant l’école, à l'exemple du célèbre Chancellier Gerson. Ainsi voiton la plupart des Curés de Montréal, à commencer par M. de Belmont, ‘se livrer à ce pénible ministère et se faire gloire de signer: Mailred'école. Alors, a se bornait à apprendre aux enfants à lire et à écrire, mais surtout à lear enseigner les grandes vérités de la Religion, Plus que toute autre chose peut-être, l'ignorance de la langue anglaise, en les forçant à se tenir unis et en les empêchant de se mêler à d'autres, a contribué à conserver aux Canadiens leur nationalité, et, avec cette nationalité leur Religion. Depuis cette époque, nombre de Collèges classiques, peut-être ‘trop, se sont élevés ; les Couvents se sont aussi multipliés, produisant un bien immense, partout où l'éducation n'était pas audessus de la portée ni de la condition des enfants. En même temps, grâce surtout à l’infatigable Dr Meilleur ! et à l'Honorable P, Chauveau, son habile successeur dans le Département de l’Instruction publique, une forte impulsion était donnée à l'instruction élémentaire. Tout un nouveau système a été inauguré : des Ecoles-Nor-

1 D'après les documents officiels de l’époque, de 15 à 16 Colléges ont pris naissance sous l'administration du Dr Mcilleur; 15 Ecoles supérieures pour les garçons, et autant de Couvents pour les filles, ont êté érigées ; la loi des Ecotes-Normales, amendée plus tard, a été sanctionnée ; l’acquisition de High-School a êté faite ; les Sociétés d’Instituteurs, connues aujourd'hui-sous le nom de Conférences des Instituleurs; ont été formées, etc. Alors, pas moins de 127,000 enfants étaient repartis dans pus de 2,600 écoles. Mais, c’est sous l'administration de l'Honora-

le P. Chauveau que le Département de lInstruction Publique a reçu un développement et un lustre inconnus jusque là : jes Ecoles-Normales ont pris rang parmi les grandes Institutions du pays; le Conseil de l’Instruction Publique a été formé ; les Conférences des Instituteurs sont devenues un foyer puissant d'action; des Bibliothèques ont êté établies, etc. Ainsi, la cause de l'éducation a-t-elle fait beaucoup ‘de progrès en peu de temps. Pour les seconder, ces hauts fonctionaaires ont eu plusieurs hommes de mérite, qui, dansune position plus humble, n'ont pas laissé de contribuer beaucoup à ce mouvement.

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