VII. lao" livraison
vers le marais de Netherwood. En vérité , ce sont de beaux gaillards bien montés ! Celui qui vient au galop doit être Ciaverhouse lui-même; oui, il se met à la tête de la colonne pour traverser le pont, et ils seront près de nous en moins de cinq minutes. »
P:n arrivant au pont au-dessous de la tour, la cavalerie se sépara, et la plus grande partie, s'avançant sur la rive gauche et traversant un gué qui se trouvait un peu plus haut, prit le chemin de ce qu'on appelait la métairie. C'était une grande réunion de fermes dépendantes du château , et où lady Marguerite avait fait faire des préparatifs pour recevoir convenablement le corps de cavalerie. Les officiers seuls, avec leur étendard et uiie escorte pour le garder, prirent le chemin escarpé conduisant à la porte de la tour. On les apercevait à mesure qu'ils avançaient dans cette direction ; quelquefois aussi ils disparaissaient, cachés par les parties saillantes de la colline et les arbres énormes qui la couvraient. Dès qu'ils sortirent de ce passage étroit, ils se trouvèrent vis-àvis de la vieille tour, dont les portes hospitalières étaient ouvertes pour les recevoir. Lady Marguerite , sa nièce et son beau-frère, étaient descendus précipitamment de leur poste d'observation, afin de recevoir et de saluer leurs botes, avec un cortège de domestiques aussi bien disposé que le permettaient les orgies de la veille. Le galant capitaine, parent de Ciaverhouse , dont il portait aussi le nom , et que le lecteur connaît déjà , abaissa l'étendard au son des fanfares, pour rendre hommage au rang de lady Marguerite et aux charmes de sa petite -fille, et les vieux murs retentirent du bruit des instruments, et des hennissements des chevaux.
Ciaverhouse ^ lui-même descendit de
I. Ce personnage remarquable unissait les qualités, incompatibles en apparence, du roura^e et fie la cruauté; une loyauté dévouée et désintéressée pour son prince, et un oubli total des droits de ses concitoyens. 11 était l'agent du conseil privé d'I'.cossc, et en exécutait les rigueurs, sans scrupule et sans miséricorde, sous les règnes de
WATTER SCOTT
son clioval noir, le plus bonii |)rut-(!trc (le toute ri'Lcosse. Cvi animal n'avait pas un seul erin blanc sur le eorps , cireonstance qui, jointe au feu et à la rapidité avec la(|uelle il poursuivait les presbytériens , avait fait croire à ces sectaires (|ue ce coursier avait été offert à celui qui le montait par le grand emiemi du genre bumain pour l'aider à les persécuter, et que ni le plomb ni le fer ne pouvaient le blesser. Quand Claverbouse eut présenté ses respects au^ dames avec toute la politesse militaire, fait ses excuses de l'embarras qu'il causait à la famille de lady Marguerite , et reçu l'assurance que rien ne se trouvait dérangé dès l'instant où l'on avait le bonheur de posséder dans les murs de Tillietudlem un officier aussi distingué et un serviteur aussi loyal de Sa très-sainte Majesté; enfin, quand on eut rempli toutes les formes de la civilité et de l'hospitalité , le colonel demanda la permission de recevoir le rapport qu'avait à lui faire le sergent Bothwell , et avec lequel il parla en particulier pendant quelques minutes. Le major Bellenden profita de ce moment pour dire à sa nièce, sans être entendu de sa grand'mère : « Combien vous êtes folle et légère, Edith ! vous m'envoyez par un exprès une lettre remplie de balivernes au sujet de robes et de livres, et vous insérez dans le post-scriptum la seule chose qui m'inquiète et m'intéresse.
— Je ne savais pas, «dit Edith en hésitant beaucoup, « s'il serait tout à fait... tout à fait convenable que je...
— Je sais ce que vous voulez dire...
s'il serait convenable de prendre intérêt à un presbytérien. Mais j'ai beaucoup connu le père de ce jeune garçon. C'était un brave soldat, et s'il aVait mal ime fois, il a fait bien dans d'autres circonstances. Je dois louer votre prudence, Edith, de n'avoir rien dit à votre
Charles II et de Jacques II. Mais il releva son caractère par le zèle avec lequel il défendit la cause du dernier monarque après la révolution, par le talent militaire qu'il déploya à la bataille de Killicraokie, et enfin par sa mort dans les bras de la Ticloire.
grand'mcre au sujet dé l'affaire de ce jeune gentillioinnic; vous pouvez être srtrc que je n'en dirai rien non plus... je saisirai une occasion pour parler à (Claverbouse. Allons, mon enfant, ils vont déjeuner, suivons-les. »