SCÈNE III
M, DUBRIAGE, GEORGES, AMBROISE.
M. Du. Qu'est-ce? Am. {toujours d*un ton rude)
De l'argent, monsieur, qu'on vous apporte.
Cent bons louis: tenez. M. Du. La somme n'est pas
forte: 530
Mais enfin cet argent va me faire du bien; Car, depuis très-longtemps, je ne touchais plus rien. Am. Est-ce ma faute à moi ? croyez-vous que je touche? Aucun fermier ne paye : ils ont tous à la bouche Le mol grêle. M. Du. Hélas, oui ! Am. Vous-même le
premier,
Si je laisse monter par hasard un fermier,
Vous lui remettez tout M, Du, C'est naturel, je pense.
Am. Mais il faut cependant fournir à la dépense.
Saint-Brice avait besoin de réparations;
J'ai fait à Montigny des augmentations: 540
Aussi de plus d'un an vous ne toucherez guères.
Peut-être croyez-vous que je fais mes affaires :
La vérité pourtant est que j'y mets du mien.
Geo, i^à part) Bon apôtre! Am, {à Georges) Plaît-il? Geo,
Qui, moi ? je ne dis rien.
Am, Encore ici ! C'est donc au premier que tu loges ? Ton assiduité mérite des éloges.
Geo, J'entretenais monsieur, et voulais Tamuser : En faveur du motif, on doit bien m'excuser.
Am^ Et ton poste? Geo, Ma femme est en bas. Am,
n'importe ; Je veux t'y voir aussi : va, retourne à ta porte. 550
M, Du, {à Ambroise) Vous lui parlez, je crois, un peu trop
rudement Am, Chacun a sa manière. {À Georges) Allons, vite. M, Du,
Un moment Geo, Si monsieur me retient, je puis rester, je pense. Am, Tu fais le raisonneur ? Geo, Est-ce vous faire offense Que de venir un peu causer ! Am, Offense ou non, Descends. M, Du, Vous le prenez, Ambroise, sur un ton ! . . . Am, Fort bien ! Ce cher filleul, toujours on le protège ! Il a beau me manquer... Geo, En quoi donc vous man-
qué-je ?
Am, En désobéissant Geo, Mais à qui, s'il vous plait ? Vous n'êtes point mon maître, et c'est monsieur qui l'est 560 M, Du, Eh oui, moi seul 1 Am. Comment ?