E VIEUX
mathilde, qui l’a observé.
Mou oncle , qu’avez-vous ?
dubocage, avec douceur.
Laisse-moi , mou enfant, j’ai besoin d’être seul. ( Mathilde s'éloigne ) Je souffre beaucoup. ( elle revient et se met près de lui. ) dubocage , l’apercevant tout près de lui.
Ah ! tu es encore là ?
MATHILDE
Je m’en allais , mais vous avez dit je souffre , j’ai cru que vous me rappeliez.
dubocage , t'embrassant.
Oui , oui , reste , mon enfant , tu avais raison , je souffre déjà moins...
MATHILDE
Que puis-je faire pour vous distraire? [en souriant.) Voulez- vous que je vous lise quelque chose, ou que je vous joue une sonate ?
DUBOCAGE
Une sonate ! je ne pourrai plus me passer de cet enfant-là ; c’est un trésor pour mes soirées d’hiver. Pour le moment j’aime mieux
que tu me lises... cela yie calmera. Quel est ce,, volume que tu avais à la main?
mathilde, un peu honteuse.
Mon oncle, c’est un livre de contes de fées.
Ali ! tu aimes les contes ?
MATHILDE
Et vous ?
DUBOCAGE
Eh mais ! je ne dis pas non; à ton âge et au mien on a souvent les mômes goûts : les vieillards et les enfans se ressemblent beau coup : les extrêmes se touchent ; lis , ma fille, je t’écoute.
( 11 est assis dans son fauteuil, le pied sur un tabouret 5 c'est sur ce tabouret que Mathilde est assise ; elle hésite un instant , le regarde , a l’air de prendre courage et lit. )
« Il était une fois un oncle qui avait l’air <* méchant, méchant, et qui pourtant était « bien bon...