‹ Le vieux garçon et la petite fille comédievaudeville en un acteChapitre 21 sur 22 · SCÈNE XVII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVII

des précédens, JULES, entrant brusquement.

JULES

J’ai eu beau attendre monsieur de Frémoncourt, il ne rentre pas, et j’aime mieux à tout hasard... C’est mon oncle !

DÜBOCAGE.

C’est mon neveu, c’est mon cher Jules!

jules , V embrassant.

C’est mou oncle que je revois! et ma fille auprès de lui!

DUDOCAGE.

Oui , mou ami , uolre chère Mathilde, que je trouve charmante, et qui sera ma fille d’adoption. Mais.s’il faut te parler avec franchise, car moi je ne flatte personne, je ne suis pas aussi content au sujet des autres enfans.

JULES

Quoi! mon oncle, vous savez déjà...

Parbleu! ce n’était pas difficile à découvrir. Mais au fait, ce n’est pas l’instant de gronder, car dans ce moment, soit de leur faute, soit de la mienne , je ne sais comment t’avouer cela , ils sont tous un peu malades.

JULES

Je présume, mou oncle , que vous voulez plaisanter ?

DÜBOCAGE.

*M’en préserve le ciel. Ton fils Achille a la

jambe un peu écorchée, et ton fils Casimir a le pied foulé, {'voyant Jules qui fait un geste. ) Calme-loi, mon ami, le médecin prétend qu’il n’y a rien à craindre ; quant à tes fils Arthur, Étienne, Oscar et Coco, ils sont tombés dans le canal; mais , je te le répète , pas le moindre danger.

JULES

Ah ! çà , mon oncle, c’est une gageure...

, DUBOCAGE

Ça en a l’air , et pourtant rien n’est plus vrai. Pour ton fils Théodore, il estînalade d’une indigestion , et cela ne doit pas t’étonner.

.iules, d’un air piqué.

Non , certainement, mais ce qui m’étonne, c’est de vous voir continuer aussi long-temps une pareille raillerie, quand vous connaissez notre situation , quand vous savez que malheureusement je n’ai pas d’autre enfant que celle-ci.

DUBOCAGE

Que me dis-tu là P

JULES

L’exacte vérité.

DUBOCAGE

Mais quand j’ai vu les autres de mes propres yeux !...

J ULES.

Vous avez vu mes dix enfans?

dubocage , regardant Mathilde.

Ma foi , en grande partie. Qu’est-ce que c’est, mademoiselle P je crois que vous riez ? Voulez-vous avoir labonté'denous expliquer ce que tela veut dire.

MATHILDE

Dame! mon oncle , vous l’auriez peutêtre su , si vous aviez écouté la fin de mon histoire.

JULES

Comment ! ma fille se serait permis...

DUBOCAGE

Écoute- la , mou ami , elle lit fort bien.

mathilde, continuant à lire.

« Or , l’enchanteur, de qui leur sort dé-

« pendait , était cet oncle dont nous avons « parlé plus haut.

« Et la petite fille voulant lui prouver « qu’un enfant qui nous aime vaut mieux « que dix qui nous font enrager , s’avisa de « faire à elle seule tous les petits garçons...

« Et voyant cela , le bon oncle répondit...

« le bon oncle répondit...

DÜBOCAGE.

Après. . . ê

MATHILDE

« Il répondit , ce bon oncle...

DÜBOCAGE.

Eb bien !

Mathilde, lui montrant le livi'e.

Mon oncle , la page est déchirée.

DÜBOCAGE.

Heureusement je l’ai lue autrefois l’histoire, et si j’ai bonne mémoire, voici, je crois ce qu’il répondit :

sm. de Co/alto.

Oui , je voulais dans mes enfans nombreux Esprit , taleus, gTace légère $

Le ciel a comble' tous mes vœux ,

Car je trouve en toi seule une famille entière. Pour charmer l'hiver de mes ans,

Auprès de moi reste sans cesse ;

En te voyant , j’oublirai ma vieillesse.

On rajeunit à l’aspect du printemps.

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