LE FORT ROLLAND
Ce fort a dû être l>àti par Rolland pour protéger son comptoir «If commerce. On trouve au greffe d'Antoine Adhémar, 17 juillet L713, une opposition de Rolland "à la vente par décret du fort Rolland, ses terres et dépendances."
Rolland était traiteur et un personnage important. Le rese ment de 1681 lui compte cinq domestiques. Le 19 septembre 1682, le gouverneur de la Nouvelle-France, le comte de Frontenac, fut le parrain de sa fille Magdeleine avec Madame Perrot, la femme du gouverneur de Montréal. M. Dollier De Casson officiait. La cérémonie eut lieu à la ville en présence de M. Rémy, curé de la Chine.
Le surnom " Rolland " vient du premier nom de son père, Rolland Lenoir.
Au sujet du mariage de Rolland, les historiens rocontent un incident qui mérite d'être répété: L'intendant Talon avait défendu aux hommes non mariés, la chasse, la pêche, la traite avec les sauvages et même l'entrée des bois. Rolland, qui était célibataire, fut inquiété sur ce commerce. Il promit cependant, le 20 déc srabré 1671, de se marier l'année suivante, trois semaines au plus tard après l'arrivée des vaisseaux, et même il s'obligea, en cas de dédit de sa part, adonner cent cinquante livres à l'hôpital et autant à l'église de Villemarie. A ces condition-, on lui permit de trafiquer dans sa maison et de se faire payer des - marnes que lui devaient les sauvages, mais non pas d'aller dan- les bois. Il tint sa promesse, et le 2 janvier 1673, il épousa la tille d'un ancien officier de la maison du Roi, Marie-Magdeleine Charbonnier. ( I )
il) Faillon, t. :*. p, 355: Parkraan : Old Régime, p. 226.
M. et madame Perrot, " le noble homme," Zacharie Dupuy, " le noble homme," Philippe de Carion, sieur du Fresnoy et sa femme, " le noble homme " Antoine de la Frenaye, sieur de Brucy, lieutenant de M. Perrot, Paul de Maurel, Ecr. et plusieurs amis, ont signé le registre de mariage de François Le- Noir.
De ce mariage naquirent plusieurs enfants qui ont des descendants à Saint-Henry et à Montréal.
Rolland, devenu mari, ne se gêna plus dans son commerce. On lit dans le récit du voyage du comte de Frontenac au lac Ontario en 1673, que le gouverneur fut forcé de l'amener avec lui, pour le punir d'avoir "donné à boire aux sauvages contre les défenses qui luy en avaient été faites et réitérées." (1)
Ce trafic des boissons avec les sauvages a été la cause de tous les troubles de Rolland et de nombreux procès.
En 1677, Frs. LeNoir eut un procès fameux dont on trouve le rapport au tome 2e des édits et ordonnances, p. 76. Le 21 juin 1677, intervint un arrêt du Conseil Supérieur qui condamna Jean Quenneville à payer une amende de cent sous, " pour avoir, sans permission, ni autorité de justice, présenté " et fait signer en pleine église des procès verbaux par l'ordre " du sieur Guyotte, curé du dit lieu, contre le nommé François " LeNoir dit Rolland, habitant de la paroisse de la Chine, avec " défense aux curés de lire, ni faire lire dans les églises ou aux " portes d'icelles, aucuns écrits que ceux que regarderont pu- " rement les choses ecclésiastiques, ou ce qui sera ordonné par " justice." On voit que dès l'origine Lachine s'est distingué par des procès de paroisse qui, malheureusement, se sont trop souvent répétés depuis.
On voit dans une lettre du comte de Frontenac que pour la même cause Rolland fut excommunié. De Frontenac est d'avis que l'évêque avait tort : " Le Conseil souverain, dit-il, en a permis la traite par son arrêt du 10 novembre 1668, par l'avis mes me des Révérends Pères Jésuites, comme il y est énoncé ; mais malgré cet arrêt et sans attendre la réponse de la Cour sur ce sujet, ils ont interdit le nommé Roland pour
(1) Margry, 1. 1, p. 201.
cela seul, avec des circonstances violentes et odieuses au dernier point." ( 1)
Rolland commerçait non seulement dans sa maison de la Chine, mais dans les bois, jusqu'aux villages sauvages, à L'ouest. Connue La Salle. Jolliet et tant d'autres, il parcourut dès cette époque les contrées de l'ouest. Le L 7 septembre L685, ou le voit engager Paul Bouchard, habitant de Lachine "pour faire avec luy le voyage des [lynois L'année prochaine."