‹ Le vieux Lachine [microforme]Chapitre 1 sur 61 · L'ILE DE MONTRÉAL EN · texte numérisé non relu

L'ILE DE MONTRÉAL EN

En 1689, le pays était encore à son berceau. La ville de | Montréal ne comptait que quarante sept années d'existence et, | comme les moyens de communication et de développe ent | étaient toujours longs et souvent dangereux, il ne faut pas | s'étonner si, à cette époque, la population de la ville ne dépas- | sait pas mille âmes, et si celle de toute l’île atteignait à peine | le chiffre de deux mille. L'île toute entière n’était qu'une épaisse forêt, brisée par quelques défrichements autour des | forts, qui protéceaient la ville et les côtes de l’île des attaques des Iroquois. Pour se mettre à l'abri de ces sauvages, les premiers habitants de la ville se construisirent des demeures en bois, cloturées de fortes palissades garnie. 4e barbacanes, et reliées par des sentiers de huit à douze pieds de largeur, qui |] formèrent plus tard les rues étroites du vieux Montréal. De 1685 à 1688, sous l'administration de M. de Caillières et la sur-

du RS

veillance de M. Du Luth, ingénieur royal, la ville fut entourée de palissades avec courtines, redoutes et bastions, solidement construits en bois, et l'entrée en fut fermée par cinq portes, dont l’une portait le nom de Lachine. Des forts et des redoutes furent aussi érigés de distance en distance à différents points de l’ileet particulièrement le long des deux rives du Saint-Laurent jusqu’en haut du lac Saint-Louis. Sans parler des nombreuses fortifications qui furent construites sur la rive sud du Saint-Laurent et à l'extrémité Est de l’île, et de celles qui furent érigées après 1689, qu'il nous suffise de mentionner les forts connus sous le nom de Verdun, 1662, vis-àvis l’île Saint-Paul, au pied des rapides de Lachine ; le fort Rolland, 1670, bâti sur la terre de Francois Le Noir dit Rolland, près de l'endroit où se trouve actuellement la gare du Grand- Tronc, au quai de Lachine: le fort Rémy, 1671, sur le site de l’ancienne église de Lachine, près du pont du Pacifique—il prit son nom de M. le curé Pierre Rémy et fut aussi appelé fort de l'Eglise ou de Lachine—(1); le fort Cuillerier, 1676, situé un peu plus bas sur la terre de René Cuillerier, devenue longtemps après la propriété de John Fraser ; le fort de Sainte-Anne, Bellevue, 1683, situé à la tête du rapide de ce nom, sur le fief Bellevue, un peu plus haut que l’église actuelle de Sainte-Anne: enfin, le fort Gentilly ou la Présentation, 1674, bâti sur le fief de ce nom, aujourd'hui près la montée de Dorval.

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