SCÈNE IX
OLIVIER , à h table , MICHEL , en veste de voyage, et une valise sous le hras.
MICHE!., le nez en l'air.
Pas mal , pas mal. . . notre nouvel hôtel est assez bien î je suis content du rc;/. -de-chaussée et du grand escalier. . . mais il faudra voir les chambres de domestiques. . . c'est l'essentiel. . . I*ar exemple je n'ai pas encor<î aperçu une fip;ure de connaissance... ce qui me fait espérn* que irionftieur. ni ses gens ne sont pas encore arrivés. . . [/Iperrci ftnl (f/ii>icr.) Ou'csl ce que je vois là ? un étranger. ....
COMÉDlE-VAUftEVlLLEi iS^^
( 6lant son chapeau) quelqu'un sans doule q»l venait pour mon mahre. . . et qui s'écrit en son absence.
OLIVIER, appelant sans se déranger. Holà! quelqu'un des gens de de Bruchsah MICHEL, s'avançant.
Voilà, monsieur.
OLIVIER
Je n'avais pas encore vu celui-là..
MICHEL
J'arrive à l'instant; depuis trente ans j'ai l'honneur d'être le valet de chambre de M' le baron et l'avantage d'être son intendant ! Oserais-je demander ce qu'il y a pour le service de monsieur-l*
OLIVIER
Des commiissions à faire de la part de ton maitre.
MICHEL, surpris.
De mon maître^ . . il est donc ici 7 . . .
OLIVIER, Et où veux-tu qu'il soit ?
MICHEL
11 est donc arrivé. . . aujourd'hui, de bien bonne heure?... OLIVIER.
Aujourd'hui î . . voilà plus de trois semaines.
MICHEL
Est-il possible ! et depuis quand monsieur s'avise-t- il d'avoir comme ça des idées, de lui-même et sans m'en prcvejairL . il me dit : « Je ne serai à Dusseldorf que le 20 ^ je » n'y serai pas avant. » Et moi qui me fiais là-dessus, et qui étais tranquillement à être malade.
OLIVIER
Est-ce qu il te doit des comptes?. . est-ce qu'il ne peut pas changer ?
Non, monsieur. . . c'est toujours, chez nous, arrêté et réglé d'avance ! . . depuis trente ans, monsieur se lève et se couche à la même heure . . .
Air du Ménage de garçon.
Sou coslumc est toujours le même :
Habit brun , cheveux à frimas ! . . .
Il a toujours même système , Mêmes amis, mêmes repas. . .
Quel bon maître! il ne change pas!.
Enfin , lorsque la ilestine'e L'met en colèr' le jour de l'an. . .
11 s'y maintient toute l'anne'e , Tant il a peur du changement.
Et m'exposer à être en retard !.. ne pas me prévenir!. .
OLIVIER se levant.
Il avait bien autre chose à penser, surtout au moment de son mariage !..
MICHEL, stupéfait.^ Son mariage î . . qu'est-ce que cela signifie ?
OLIVIER
Que ton maître se marie !
MICHEL
Mon maître. . . le vieux conseiller... le barou Bruchsal.^ OLIVIER.
Lui-même.
MICHEL avec colère.
Monsieur, vous l'insultez. . . et je ne souffrirai pas. . .
Ah ! çà, à qui en a-t-il donc? . . je te dis de porter à l'instant toutes ces lettres à la famille de sa femme.
MICHEL
De sa femme. . . est-ce que ce serait vrai?
( On entend dans la coulisse la ritournelle du ehœur suivant.) OIJVIEK, à Michel.
Tiens!. . . liens ! . . . enlends-tu:\ . . on m'appelle. . .