‹ Le vieux mari; comédie-vaudeville en deux actesChapitre 124 sur 367 · SCÈNE Vli · texte numérisé non relu

SCÈNE Vli

LES MÊMES, JAQVELINE f pleurant.

JAQUELINE

Eh bien ! c'est bon . . . nous nous en irons , là. . . mauvais cœur.

EDMOND

Qu'y a-t-il donc , ma petite ?

JAQUELINE , pleurant, Pardine! il y a que nous v'ià sur le pave , mon père et moi. C'est joliment dur , quand on n'y est pas fait.

HENRIETTE

M. Michel vous renvoie ?

EDMOND

Et pour quel motif ?

JAQUELINE , pleurant toujours»

J' vous l' demande, est-ce qu'il en sait quelque chose luimême. . . Il est comme un ahuri, depuis qu'il a hérite'.

EDMOND

Mais enfin. . .

JAQUELINE

Je vous en fais juge : j'étions chez le traiteur du coin, à jaser età recommander le dîner; mon père n' voyait pas venir vot' cousin , et, parce qu'il disait comme çà , que not' nouveau maître était un glorieux, un ingrat, qu'il mériterait ben que son oncle vînt lui reprendre sa fortune. . . Enfin , des mots sans conséquence.. . Ce mal avisé est arrivé sur nous, comme un furibond , et nous a signifié de sortir de chez lui.

Il ne nous donrke que jusqu^à ce soir. . • Là î les maîtres sont-ils susceptibles! . . .

HENRIETTE , soun'ant.

Pauvre enfant ! ... Et votre père n^a pas cherché à obtenir sou pardon?

JAQUELINE

Ah ! ben oui ! il est trop fier. . . 11 dit qu'il ne veut pas se ravaller. . . Il est aile' faire son paquet. . * et moi, Mam'^zelle, j' viens vous prier de prendre not'' parti, de tâcher de rapapilloter çà.

C'est difficile.

JAQUELINE

C'est que... j* vas vous dire... je ne voudrais p^as quitter le pays. . . parce que. . . j'ai un sentiment. ... ici, en face. . .

HENRIETTE, reyiéchîssanU Eh! mais, j'y songe. . . oui, vraiment, ce que vient de me dire cette petite. . . m'a donne' une idée. ^ .

JAQUELINE , vivement.

Pour nous?

HENRIETTE , à Edmond, Non , pour nous.

EDMOND

Ah ! parlez.

JAQUELINE , à part.

Cela m^avance bien. . . Ils sont tous les mêmes. . . des égo'ùses. . . et voilà tout. . .

HENRIETTE, à Edmond, Je n'ai pas le temps de vous mettre au fait... c'est encore si confus . . . Mais cela peut réussir , surtout avec un M. Michel Foulard. .. Ne vous mêlez de rien, et laissezmoi a^ir.

EDMOND

Mais expliquez -moi. . .

HENRIETTE

C^est inutile. Allez rejoindre mon père.

EDMOND

Mais . . .

HENRIETTE , soiirîant.

Ah! vous voulez être mon mari, Monsieur, et vous n'o^ bëissez pas au premier signe I

JAQUELINE

Ne m'en parlez pas. . . ces maris , çà se regimbe toujours !

EDMOND

Je m'abandonne à vous ; mais si votre projet ne réussît pas , je sais ce qu'il me reste à faire.

AIR : J^en guette un petit de mon âge^

Si tout aujourd'hui m'abandonne , J^aurai raison de mon rival,

HENRIETTE, SOuHant.

Un duel? non , je vous l'ordonne !

Fi donc , ce serait déloyal.

Un docteur, qui pour ses vengeances

Prend l'épée ou le pistolet . . .

Eb! n'a-t-il donc pas, s'il vous plaît ,

Bien assez de ses ordonnances. . .

Allez vite.

( Edmond sort après lui avoir h aisé la main. )

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