‹ Le vieux mari; comédie-vaudeville en deux actesChapitre 14 sur 367 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

MICHEL , ensuite YIGTOR , ^m/ entre au moment où Michel regarde par la fenêtre,

MICHEL seul.

C'est donc pour cela qu'il m'a trompé, qu'il m'a éloigné... il craignait ma vue et mes reproches. . . (Regardant parla fenêtre. ) Ah ! mon Dieu , oui! ce tapage, ce monde qui se presse... ces pauvres qui encombrent la rue; et sur toutes les physionomies, cet air triste et lugubre . . . c'est bien une noce. . . ah ! mon Dieu, le voilà. . . le voilà qui monte en carrosse ... je ne vois que son dos. . . mais c'est bien lui . . . rien qu'à son habit brun, et sa perruque, je le reconnaîtrais entre mille î . . . il n'y a plus à en douter ! . . .

VICTOR à part , après avoir regardé par la fenêtre

Bon ! les voilà partis . . . nous sommes sauvés ! . . . MICHEL.

Je ne sais pas si c'est l'idée; il me semble déjà maigri, et rapetissé . . .

VICTOR le saluant.

N'est-ce pas à monsieur Michel que j'ai l'honneur de parler.'*

MICHEL

Lui-même. . . Que me veut encore celui-là ?

VICTOR

C'est moi qui, en votre absence . . . occupais, par intérim.., la place de valet de chambre.

ENSEMBLE

* Victor, Michel.

MICHEL

Un nouveau domestique !.. et un jeune lionime encore ! je vous dis que, quand je ne suis pas là, il ne fait que des étourderies, et je n'aurais jamais dû le quitter. . . surtout depuis sa dernière maladie; car, il a beau dire, sa tête n'est plus la même; et on aura profité de sa faiblesse, de son inexpérience pour le sacrifier. . .

VICTOR

Y pensez-vous ? une femme charmante I MICHEL

Raison de plus î mon pauvre maître ... un si brave homme!... un si honnête homme!... quelle perte j'ai faite làl

VICTOR

Un instant , il n'est pas encore défunt, MICHEL.

C'est tout comme ... il n'en vaut guère mieux. . . et je ne pourrai jamais me faire à le voir marié. . • c'est plus fort que moi ; . .. lui qui me répétait, il n'y a pas encore dix ans . i< Tiens, mon vieux Michel, ne nous marions jamais, nous *i en serons plus heureux , nous vieillirons ensemble.» Et après trente ans de service. . . voir arriver une femme! . . . comme ça va tout changer . . . tout bouleverser ... il ne m'abéira plus , d'abord . . . c'est sûr. ( S'essuyant les yeux. ) Ënfm. . . puisque c'est sans remède. . . je vais toujours me rendre à la cérémonie. . . pour assister. .

VICTOR, à pari.

Ah! diable !(/^/«"'.) Ypensez-vous? dans ce costume? quand tous ses gens ont des livrées neuves. . . vous allez faire scandale. . .

C'est juste... c'est juste .. rétiquette avant tout... quelle que soit la conduite de monsieur envers moi..... il faut encore lui faire honneur.. . je vais mettre mes plus beaux habits. [Sangh/anl et reprenant sa valise.) Je vais aussi préparer mon bouquet et mon compliment. . . mon pauvre maître! (// Victor. ) Où sont les chambres de domestiques , monsieur '

VICTOR , le poussant cl lui iiioiiliant la poilc à droite.

Au quatrième, de ce cote . . . allez vile ; car la cérémonie doit êlrc avancée. . .

COMÉDIE- VAUDEVILLE. 27 MICHEL , sortant.

Ah! c'est un coup dont je ne me relèverai pas!... ni monsieur non plus ! i // sort. )

(On entend le bruit d'une voilure qui entre dans la cour.) YIGTOK,scttl.

Dieu merci. » . nous en voilà débarrassé s. . . il était lems. . » j'ai entendu une voilure entrer dans la cour et je tremblais ... (// regarde parla fenêtre,^ Et mais, ce n'est pas de la noce!,.. uiir landau de voyage ! des cbevaux de poste ... ah ! mon Dieu î quoique je ne l'aie jamais vu . . , rien qu'au costume^ c'est notre oncle , j'en suis sûr . . . le voilà qui monte. . . ma foi. . . laissons-le s'en tirer comme il pourra, et courons rejoindre mon maître. {Il sort de côté. )

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