SCÈNE XXI
NOÉMI
( Elle porte sous son schaîl une petite barcelonnette verte. Elle paraît au deuxième plan, écoute, et n'avance qu'avec précaution. )
J*ai cru entendre parler je tremble! {Elle pleure.)
Ah ! les mères seules peuvent comprendre les tortures qui déchirent mon coeur. Destinée affreuse ! me séparer de tout ce qui était ma vie... Abandonner mon enfant, mon pays, ma famille..., pour voler au secours d'un plus malheureux encore , que déjà peut-être la mort a dévoré. Il le faut. Comment vivre? comment paraître aux regards du monde sans celui qui seul peut réparer ma foute?... Adieu..., mon fils..., adieu... [Elle sanglot te.) Ce billet, dont ma tante reconnaîtra l'écriture, lui révèle ma faiblesse et ses conséquences terribles. Adien..., cher enfant. . . , adieu... pour toujours. Tranquille sur ton sort..., je pars moins malheureuse; moi seule je souffrirai. Adieu.i/, adieu. . .
( Elle le couvre de baisers et va le poser sur le banc. Elle place b» lettre sous le berceau, puis elle sonne doucement , donne un dernier baiser à son enfant, et s'éloigne côté où elle est efitréd. A peine Woémi a disparu , que l'on voit un grand aigle planer sur le lac. Il apperroil bitntùl l'enfant , fond sur lui , l'enlève , et «'envole avec sa proie vers U nigntagne du fond. Un coup de feu éloigné part de la gauche ; l'aigle blessé laisse échapper l'enfant , qui tombe du lun'ul d<'S airs clisparail sous 1< s eaux du lac.)
K I N DÎT PREM i iÈR ACTE.
( Le théâtre représente un site pittoresque, feUr le bord du lac qur l'on a vu au premier acte. Au fond , des montagnes. X droite , la cabane de Michel. En avant , une jolie pelouse émaillée de fleurs. Le premier Crépuscule du mai^itl.•)