L'HUISSIER, GROGNARD, MICHEL, BERNADILLE
l'huissier.
(Il rntrc par la gauche, va ouvrir la porte de la chambre des témoins , et appèle. )
Antoine Micliel , pêcheur à Valmaya, v
CROCNilRD.
Anloinc Michel.
BERNADILLE, SOrtaut.
Le v^là , Monsieur.
GROGNARD
Mais, ma petite mère, vous n^êtes pas Anloine Michel , vous.
Y'ià qu' me v^Ià , Monsieur.
l^'huissier.
C'est Michel seul que la Cour demande.
beBlNadille, d Michel.
Tant pis, lu vas dire quelque bêtise.
MICHEL
N'aie donc pas peur. Est-ce que je n'i'aime pas autant que toi, Mam'zelle Noémi ? ( // entre dans la salle du tribunal). ^
BERNADiLLE , cî Grognavd qui s'apprête d fermer la porte derrière Michel. ^
Oh vous en prie , Monsieur le soldat, n^'fermez pas la porte ; j'voudrais entendre c^]ue dira not' homme.
GROGNARD
La consigne défend que personne reste dans cette salle.
\ BERNADILLE.
.Vvous demande pas de rester, puisque ça n'est pas dans la consigne , j'm'en vais. Mais en laissant tant seulement les deux portes entrebaillées , j^entendrais tout de même, et c'est tout c'quc j'voulons.
GROGNARD
A la bonne heure, la petite mère. Au fait la consigne ne parle pas des portes. Allons , tenez-vous là en dehors.
BERNADILLE.
Merci , Monsieur l'soldat. Il est aimable tout pleiiv
C'est bon j^'aurai plus peur des-moustache?. On disait que c'ôlait si méchant ! ( Elle se tient à droite sur ie seuil de la porte entre-ouverte.
GROGNAKD , la contrefaisant et la regardant avec plaisir.
Elle est ben gentille tout d'même ! joli petit camarade de chambrée.
MICHEL, en dehors d gauche et assez haut pour être entendu. Oui , Monsieur le Persident, c^est cheux nous qu^iî est yenu au monde. . . . f Ici, le Président est censé interroger Michel. ) Madame Dupont était présente , ainsi qu^not' femme.
BERNADiLLE, prête l' Oreille , ells approuve ou iniprouve
selon la réponse que fait Michel.
Cest Trai ça.
MICHEL 5 de môme.
Je ne peux pas vous dire ca , par exemple, j^en savons rien.
BERNAIULLE.
L^imbécille I
MICHEL, de ?nême.
Oui, Monsieur le Persident. J'ons reporté Tentant , j' Ions remis en mains propres, à Mlle. Noémi , à qui qu^ça a fait une peur terrible , parce que M. son père arrivait percisément à ce moment-là.
BERNADILLE.
Qui est-ce qui lui demande tout ça ?
MICHEL , de même.
Pardon , excuse , Monsieur TPersident, voulez-vous recommencer ? Je ne comprends pas ben. ( Ici le Président est censé interroger Michel ). Non , c'est pas ça qu'jons voulu dire. Vous vous trompez.
Allons, v'ià qu'il donne un démenti au persident ^ à présent ! est-il Dieu possible ?
MICHEL , de même.
Oh ! pour ce qui est d'ça , c'est sûr et certain qu'elle partait sans moi , ail' s'embarquait le soir même pour aller ben loin, ben loin, dans c^pays où c'quifait si froid!.. Plaît-il ?. . . J'crois qu^'c'est ça.
BERNADILLE.
Bavard! queu nécessité d^aller raconter tout ça? puisqu'il n'y a que li qui le savait ?
MICHEL de même.
Non, Monsieur le Persident. AU' n'a pas voulu dire où c'qu'all' l'avait mis, même ça m'a paru singulier qu'elle en fasse un mystère à son père nourricier.
BERNADILLE.
Oh ! mon Dieu ! ça va faire tort à Mamseîle.
MICHEL , de même.
Ce qu'ail' m'a dit ? Sois tranquille , il est ben où c'qu'il est, il n'a besoin de rien.
BERNADILLE.
C'est donc le malin esprit qui le pousse ?
MICHEL, répondant aux que;>t ions du Président, Oui, M. le Persident. — Non, M. le Persident. — Oui, M. le Persident.. . Serviteur.
( Il rentre , et traverse la chambre. ) l'huissier , entre et appelle.
La femme Michel!
BERNADILLE , s'avancc. Mev'là. {En passant près de Michel ), T'as fais queuqu'chose de beau va ! malheureux ! tu seras peut-être cause que Mamsellc sera condamnée.
MICHEL
Ah ! mon Dieu ! pas possible.
L'Huissier ferme la porte , quand Bcrnadillo est entrée dan* la saWv du Tribunal. Grognard reconduit Michel dans la chambre des té moins; mais celui-ci se retourne , et il engage la scène suivante ■> en restant sur le seuil. )
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