‹ Le vieux mari; comédie-vaudeville en deux actesChapitre 253 sur 367 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

Les MÊMES , ANTOINE , accourant.

ANTOINE , d'un air effraye.

Monsieur le marquis ! madame la marquise î

TOUT LE MONDE , se Icuant.

Qu'y a-t-il donc ?

ANTOINE, troublé.

Qui est-ce qui se serait Attendu à cela ?... M. Le'on !..,

LE MARQUIS

Eh bien! M. Léon?

LA MARQUISE

QuVt-ilfait?...

ANTOINE

Il vient de prendre sa volée î

TOUS

Que dites-vous?

ANTOINE

J'allais l'emmener... comme Madame me l'avait ordonné... lorsqu'il m'échappe sous le grand vestibule... Il me jette Sénèque et Démosthène... qu'il avait sous son bras, en me disant : « Tiens, Antoine ^ je n'ai plus besoin de ces messieurs. . . tu peux les reconduire au collège, sans moi. . . >» Je veux l'arrêter. . . Brrrr. . . il s'élance comme un fou dans une voiture qui se trouvait au bas du perron... Le cocher donne un coup de fouet , et les voilà partis !

LE VICOMTE , à part , riant.

Ah î ah î ahl très-bien. . .

LA MARQUISE

Je ne puis concevoir. . .

tE MARQUIS.

Il était seul?

ANTOINE , hésitant.

Dans la voiture ?. . . Non, monsieur. . .

LE VICOMTE , riant toujours.

C'est là le plus joli î

ANTOINE

Mademoiselle Clémentine... y était avec lui...

s» 2.6 ^ LE MARQUIS.

Clémentine !

LA MARQUISE

Ma nièce !

LE VICOMTE

Hein?... qu'est-ce qu'il dit donc?

ANTOINE

Elle pleurait... Et M. Léon m'a crié en partant... « Dis bien à mon père que c'est le vicomte qui m'a conseillé renlèvement. »

TOUS , étonnés.

Le vicomte !

LE PRÉSIDENT, riant.

Comment , vicomte ! tu conseilles d'enlever ta femme ?

LE VICOMTE , étourdi.

Permettez... c'est que je ne savais pas... il ne m'avait pas dit... C'est une horreur!... {Se frappant le front.) Ah mon Dieu! et moi qui lui ai recommandé d'aller ventre terre ! il va crever mes chevaux !

LA MARQUISE , brusquement.

C'est votre faute , M. le marquis. . . vous étiez d'une faiblesse pour cet enfant.

LE MARQUIS

Et vous d'une sévérité... Mais à quoi bon ces reproches?...

Air : Je n'eus jamais a la croisade.

Dans un malheur tel que le nôtre , Que personne n'a pu prévoir , Nous avons eu tort l'un et l'autre , Et nous n'avons pas fait notre devoir ! . . . Convenons qu'à cette aventure , Qui cause aujourd'hui nos chagrins , Nous avons tous prêté les mains...

LE VICOMTE, a part.

Et moi j'ai prêté ma voiture. !

{Haut.) C'est égal, marquis... ça ne l'excuse pas... Yotr lils est un mauvais sujet : •

LA MARQUISE

Qu'il faut punir I

Certainement! ça me regarde. .. Voici le jour... Je cour chez le lieutenant de police... et une bonne lettre de cachet... {On en tend un. coup de canon dans le lointain ; ils s'arrûent tous et se regardent. ) Qu'est-ce que c'est que ça?

s» ^7 ^ TOUS , a^cc crainte.

Ecoutez.

AJNTOiiNE, ombrant la fenêtre.

Quel tumulte!... Tout le monde court... On se rassemble... on s'interroge...

(Les hommes regardent par les fenêtres. )

FIIVAL.

Air : Mi por d'esser col la testa, (du Barbier.) Ce bruit soudain a semé l'épouvante 5 Chacun s'empresse, et paraît dans l'attente... De tous cotés , comme la foule augmente ! Voyez , voyez , quels cris ! . . . quelle rumeur ! . . . Chacun est frappé de terreur !

[Plusieurs valets entrent précipitamment.)

[Le dialogue suivant se dit sur la ritournelle.)

PREMIER VALET , au président.

Monsieur , monsieur! on vous demande au palais. DEUXIÈME VALET , au capitaine , lui remettant un ordre cacheté.

C'est de la part de votre colonel.

TROISIÈME VALET , au vicomte.

Rassemblez votre régiment...

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