‹ Le vieux mari; comédie-vaudeville en deux actesChapitre 279 sur 367 · ANTOINE, JULES · texte numérisé non relu

ANTOINE, JULES

{Ils entrent de côté , Jules donne toujours le bras à Antoine.) JULES.

Que viens-tu de m'apprendre , mon bon Antoine?

ANTOINE

Oui, ce coffre est ici... c'est moi qui l'ai caché ; c'est votre héritage, et grâce au ciel, je puis enfin vous le rendre.

JULES

En vérité , cela me paraît un rêve !

ANTOINE , baissant la voix.

Chutl... nous sommes arrivés... {Emu.) M. Jules, voilà le château de vos pères î

(Il 6tc son chapeau d'une main tremblante. )

JULES , se découi^rant aussi.

Quel silence ! quel abandon î

Il aura besoin de quelques réparations... {Lui prenant la main. ) Vous les ferez, mon enfant?...

JULES

Ah I te le promets I... N'est-ce pas ici que mon père a reçu le jour?

ANTOINE

Oui... mais songeons à votre lortiinc... attendez que je rassemble mes idées... c'était à droite et... (// se retourne cl aperçoit une porte. ) AIi ! !..

JULES

Quoi donc?

ANTOINE

La chambre de M. le marquis î ( Plus vn^ement. ) Voilà îa sonnette qui m'appelait le matinl... elle y est encore... mais la main qui la faisait retentir... {se cachant la figure) elle n'y est plu^ I...

JULES

Antoine!..* ces souvenirs vous troublent... vous agitent beaucoup trop !

ANTOINE

Non, ne craignez rien; mon enfant^ c'est de ce côté... (// s'arrête tout-à-coup devant un passage. ) Que vois-je?...

JULES

Qu'avez-vous ?

ANTOINE, très-troublé. C'est par là qu'ils sont venus pour arrêter mon maître , qu'ils l'ont emmené... Je les vois encore... ces figures sinistres. . . ces flambeaux . . .

JULES , alarmé.

Antoine !...

ANTOINE , perdant peu à peu la raison Ecoutez. . . entendez-vous marcher dans le petit escalier ?

JULES

Non, non... vous vous trompez!...

ANTOINE , le regard fixe.

Si. . . ce sont eux. . . je reconnais leurs pas !. . .

JULES , au désespoir.

Ah î mon Dieu ! sa raison s'égare î

ANTOINE , l'entraînant de côté.

Que veulent-ils?... vous enlever aussi... m'enlever mon enfant, ma dernière consolation... Non... cachez-vous là, dans mes bras... ils me tueront avant de vous atteindre.

JULES

Mon ami î

ANTOINE , à voix basse , et le tenant serré dans ses bras. Ne dites rien... ils ne vous verront pas !

( Sa tète retombe sur les bras de Jules. )

m 10 m SCÈNE XI.

Les mêmes, LE VICOMTE.

LE VICOMTE, accourant.

Eh bien? eh bien? sommes-nous en mesure?... Leblanc consent à tout... Où est le million?

JULES, soutenant Antoine. IlclasI Tout est perdu ! {Montrant Antoine. ) Regardez !

LE Y ICOMT E , l'aidant à asseoir Antoine. Ah! juste ciel!... et Leblanc qui me suit avec tout le village. ^

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