‹ Le vieux mari; comédie-vaudeville en deux actesChapitre 301 sur 367 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

iBAïIlILDE, ZAMBARO.

Voilà, par exemple , ce qui s'appelle une ("olie.

DRAME HISTORIQUE. 4i RATHILDE.

Une folie ! . . . un trait sublime I . . . un dévouement héroïque ! . . . Le malheureux ! il court à une mort certaine pour sauver deux de ses semblables. . . des gens qu'il n'a jamais vus. . . qu'il ne connaît même pas.

ZAMBARO.

Qu'il ne connaît pas . . . qu 'il ne connaît pas . . . cela n'est pas encore prouvé . . . J'ai bien remarqué son trouble . . . quand j'ai parlé du vaisseau français. . . et cette chaloupe en venait peut être . . .

BATHILDE, sans l'écouter, jetant le portefeuille qu'elle tient à la main , et courant à la fenêtre à droite du théâtre.

Ah ! j'ai cru l'apercevoir. . . Oui , c'est lui. . . il s'est jeté du haut du rocher.

ZAIVIBARO, ramassant le portefeuille qu'elle a laissé tomber.

Eh bien. . . eh bien. . . qu'est-ce qu'elle fait?. . . Cette enfant-là a un enthousiasme... une sensibilité... et je vous demande à quoi bon ? . . . C'est du luxe dans notre état.

BATHILDE

Il a disparu ... Je n'y vois plus . . . tout se confond à mes yeux.

ZAMBARO.

Des billets de banque ! . . .

BATHILDE

Je ne puis m'arracher de ce spectacle qui me tue... Ah !... ah ! je l'ai revu. . . il lutte contre les flots. . . Mon Dieu,

protegez-le. (^EUe rente à la fenêtre et semble regarder açec le plus vif intérêt.^

ZAMBARO , sur le devant du théâtre, pendant ce tems regardant les papiers qui sont sortis du portefeuille, et qu'il remet.

Des lettres ! . . . voyons l'adresse. . . Lionel Lincoln . . . O ciel ! ce n'est donc point l'autre ! • . . Nous voilà sur la trace. . . lisons vite... « Le baron de Courville...» C'est un Français. . . quand je disais quil y avait des intelligences avec la France . . . (// lit. ) « 11 est impossible de traiter , » par correspondance , l'affaire dont vous me parlez. Yers » la fin de juillet , sous prétexte de voir un de mes parens, » je serai à Boston. . . et c'est sous d'heureux auspices , je « l'espère, que commencera notre connaissance. » [Prenant une autre lettre.') Et cette autre . . .

BATHILDE , qui toujours regarde.

Un d'eux est sauvé ... il louche le rivage . . . Ah î ce n'est pas lui.

ZAMBARO.

A merveille. . . si, avec de pareils renseignemens . . . ce soir tout n'est pas découvert . . . Zambaro, mon ami , lu n'es pas digne... d'avoir fait tes premières armes contre le grand Frédéric. (// sort.)

BATHILDE, toujours à la fenêtre.

Le voilà ! . . . le voilà ! ... il ramène l'autre matelot. . . ils ont touché le bord. . . O ciel ! ils se précipitent dans les bras l'un de l'autre . . . (^Elle vient sur le devant de la scène») Ah! quel réveil! qu'ils sont heureux! que je le suis aussi! Jamais je n'ai éprouvé rien de pareil... et pourtant je pleure. . . oui ! des larmes de joie et de plaisir !... Il me semble qu'ayant partagé ses dangers, je dois aussi partager son bonheur . . . Gourons lui rendre ce dépôt qu'il m'avait confié... {Elle cherche le portefeuille,) Eh ! mais, où est-il .^..^ et Zambaro . . . mon oncle ?. . . 11 a disparu . . . Ah !...,. {Elle pousse un cri , et se précipite vers la porte du fond,)

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