SCÈNE II
Les Précédens , LIONEL , ARTHUR, sortant de la chambre^. LIONEL.
Qu y a-t-il donc ?
ZAMBARO.
Rien. . . c'est ma nièce. . . {la regardant) qui est aujourd'hui d'une maladresse. . . et qui, en voulant rentrer dans son appartement.. .
ARTHUR, avec empressement.
Eh! bon Dieu... madame désire-t-elle quelque chose ?
Elle est peut-être indisposée . . .
BATHILDE
J'en conviens . . . une migraine affreuse.
ZAMBARO.
Oui ... la migraine . . . vous savez que , pour une Parisienne. . . c'est de première nécessité. (^A Vonel.) Aussi, c'est vous jeune homme , c'est votre escapade qui nous fait des révolutions.
* Jîalhilde, Zambaro , Arthur, Lionel.
LIONEL, vivement.
Est-ii possible î
BÂTHILDE.
J'espère au moins que votre généreux dévouement n'aura point de suites fâcheuses , et que votre santé. . .
LIONEL, gaîment.
Pour un bain froid? . . . je n y pense déjà plus. ZAMBARO.
Parbleu ! on ne s'en porte que mieux après ! . . . mais ce pauvre diable que vous avez sauvé.
ARTHUR, e'tourdlmenl.
Il est très-bien aussi.
LIONEL , lui serrant la main pour le faire taire. Oui . . . c'était un pauvre pêcheur . . .
ZAMBARO, le regardant en-dessous.
Un pêcheur. . . je m'en suis douté. . . car ces matelots anglais. . . le regardaient périr avec un flegme. . . j'étais indigné . . .
ARTHUR , amèrement.
Que voulez-vous ? ... un Américain ! . . . c'est si peu de chose pour eux.
BATHILDE, voulant détourner la conversation.
Peut-être ont-ils des ordres.
ZAMBARO , feignant de s'emporter.
Des ordres î . . . quand un homme se noie ! . . . des ordres. . . et de qui ? de ce gouverneur qui ne vaut pas mieux que ses soldats. ( Bathilde s'assied auprès de la table. ^ ARTHUR, vivement.
Ah! VOUS avez bien raison.
LIONEL , bas.
Arthur ! . . .
ZAMBARO, continuant.
D'un despote, qui ne connaît d'autre loi que son caprice... Corbleu ! ça ne me regarde pas. . . mais si j'avais l'honneur d'être Américain, je ne serais pas si patient ^ et à la première occasion. . .
ARTHUR , lui prenant la main.
C'est ce qui pourra lui arriver ... ( 5> tournant du coté de Lionel qui le tire par son habit.) Eh î non... un brave homme
qui déteste les Anglais . . . uue jolie nièce ... Il n'y a pas de danger... et je parie que je le nnets de notre bord. {Haut.) Parbleu , capitaine , votre caractère m'enchante , et si vous voulez faire un tour avec moi . . .
ZAMBARO.
Volontiers , mon jeune ami. . . {A pari.) Je le tiens.
Sir COKNEY, en dehors.
Holà, garçon.. . Thôtesse.. .