SCÈNE XVI ET DERNIERE
LES PRÉCÉDENS, ALPHONSE ET OLIVIER, se tenant par la main»
(Alphonse a repris son costume de jeune homme.)
ALPHONSE, courant J» son oncle.
Ah î mon cher oncle ! . . .
M. DE BRUCHSAL.
Comment, c'est toi?... quoi! cet dpoux invisible... qui se marie, et qui se bat à ma place !
M"" DE LINSBOURG.
A la bonne heure î c'est beaucoup mieux !
COMÉDIE- VAUDEVILLE. 6l
Non , c'est très-mal ! c'est indigne l et je suis
furieux ! . . .
(Mathilde passe auprès de M. de Bruchsal, et cherche à le calmer.) MICHEL.
De ce qu il a pris votre place.
M. DE BRUCHSAL.
Non ... de n'avoir pas pris la sienne (à Mathilde)
de ne pas vous avoir épousée. . . je m'y étais déjà habitué.
MICHEL
Voilà qu'il a du regret à présent ! . . .
M. DE BRUCHSAL.
Une femme si bonne , si aimable qui aurait été à
la tête de ma maison. . . qui, tous les soirs, m'aurait fait
de la musique pour m' endormir .... voilà la femme
qu il me fallait î . . .
MATHILDE
C'est tout comme. . . puisque je ne vous quitterai pas.
M. DE BRUCHSAL.
Je l'espère bien ... et je ne pardonne qu'à cette condition-là... Mais c'est égal... vous m'avez raccommodé avec le mariage, et c'est votre faute ; si je rencontre jamais une femme pareille . . .
MICHEL
Ah, mon dieu ! qu'est-ce qu'il lui prend encore?
ALPHONSE, souriant. Je suis tranquille, mon oncle, il n'y en a pas deux comme elle.
MICHEL, bas.
Il faut l'espérer.
M. DE BRUCHSAL.
Hein, qu'est-ce que tu dis, Michel?
MICHEL
Je dis, monsieur, que votre neveu est un brave jeune
homme qui nous a rendu un fameux service ... Et pour vous, comme pour moi, j'aime mieux que ce soit lui.».,. (jnontrani Mathilde) madame aussi , j'en suis sûr.
CHŒUR
Air du Coureur de veuves.
A notre
^ tristesse
A votre
Qu'une douce ivresse
Succède en ce jour;
Un destin prospère ,
Par les mains d'un père ,
Bénit notre \
. > amour,
Be'nit votre )
MATHILDE , au pubUc
A m : Si ça arrive encore (de Romagnési).
O vous! de qui de'pend ici Le destin de tous nos ouvrages.
Voici venir un vieux mari Qui sollicite vos sufh'ages.
Qu'aux yeux de votre tribunal Son âge excuse sa faiblesse ; Et , suspendant l'arrêt fatal , Laisscz-lc mourir de vieillesse . - .
Oui, suspendant J'arrêt fatal, Lai*sez-|e mourir de vieillesse.
FIN
Avis.
liK VIEUX MATU e'tant la proprie'té du Libraire PoLtET, il déclare <juc cette pièce ne pourra faire partie du Théâtre de M. E. Scribe , publié parles Libraires Bezou et Aimé André, qu'à compter du 1 mai i83o, c'est-à-dire deux ans après la première représentation de ladite pièce ; le droit de la publier pendant cet intervalle n'appartient qu'à lui , étant seul Pro|)riélaire de tous les Vaudevilles de cet auteur.