LES MÊMES, GEORGETTE
GEORGETTE
Le dîner sera prêt dans l'instant, mon oncle, et. .. {Eiie aperçoit Jarsay. ) Ah ! un étranger. . , !
MATHIEU
Tu es étonnée, Georgette, tu ne reconnais pas monsieur ?
Non , vraiment
MATHIEU
C'est... ( bas au marquis. ) qu'est-ce que vous voulez être ?
LE MARQUIS, éaS,
Ça m'est égal
MATHIEU
C'est... le fils démon ancien associé d'Eibeuf..,. (éas.) hein ?
LE MARQUIS, éaS.
Va pour l'associé d'Eibeuf. ( haut^ et passant entre eux. ) Enchanté de renouveler connaissance,... c'est qu'elle est charmante.... cette petite.... Eh bien! monsieur Mathieu, il faudra la marier... à quelque page.... quelque officier de la reine....
GEORGETTE
Nanni , monsieur,... je pense comme mon oncle, qui dit que tous ces grands seigneurs de la cour sont des mauvais sujets..
LE MARQUIS
Comment ?
MATHIEU , à fart.
Petite sotte... !
LE MARQUIS , souriaut.
C'est là votre opinion, monsieur Mathieu?.,.
Du tout.. ..
GEORGETTE, trouhiéc par ies signes de Mathieu.
Oui... c'est moi qui ai dit une sottise; parce que mon oncle n'a pas d'opinion, c'est connu.... et il nous disait
encore ce matin
MATHIEU , frappant du pied.
Je disais. ... je disais , mademoiselle, qu'une femme ne devait pas se mêler de ces choses-là , parce qu'elle n'y entend rien!... c'est clair!.... Mais il y a long-temps que je soutiens que les vues ambitieuses du parlement nous précipitent dans l'abîme.... car le parlement nous précipite dans l'abîme.... voilà le fait; et l'on pourrait rester froid !... Tenez, ne me parlez pas de ces égoïstes qui se soucient de la chose publique.... comme de ça.... qui s'enferment chez eux quand ils entendent la générale , et poussent les verroux quand on se bat.... que diable ! on est royaliste ou on ne l'est pas ; et dès qu'il faut se montrer....
( On frappe à ia porte de îa rue. )
MATHIEU , s' arrêtant.
Qu'est-ce que c'est que ça?
GEORGETTE , regardant par ia fenêtre.
Votre ancien voisin, M. Périnet, le greffier du Châtelet.
MATHIEU, has au marquis.
Périnet! un frondeur enragé , un ami de Broussel !
LE MARQUIS
Ah ! diable ! il ne faut pas qu'il me voie. ( On frappe encore. )
Aiu De la disgrâce qui nous menace (Vieux mari).
De \i\ prudence ; Faisons silence.
( à Georgette. )
De mon iil)S('n(M;
Va l'avertir.
GEORGETTE , regardant par ia fenêtre.
Vaine espérance'.
En ma présence , Déjà d'avance On vient d'ouvrir.
Il est entré!...
MATHIEU
Grands dieux! que faire?
GEORGETTE
Il va monter!....
MATHIEU, trouhîé.
Quel embarras !
Mène monsieur...
GEORGETTE , à part.
Mais quel mystère î MATHIEU.
Dans ia chambre vertae, là-bas....
Et surtout ne le nomme pas..,.
Non, c'est moi qui vais le conduire....
Je vous suis....
MATHIEU, à Georgette.
Je reviens bientôt...
Reçois-le... tu pourras lui dire...
Non , ne lui dis pas un seul mot.
ENSEMBLE, à mi-voix.
MATHIEU , à Georgette.
De la prudence ; Faisons silence ; En mon absence Observe bien.
Il faut se taire ; De ce mystère Nul, je l'espère, Ne saura rien.
GEORGETTE
De la prudence ; Faisons silence ; En sa présence , Je saurai bien
Mentir, me taire., . r
Car j'ai beau faire ,
A ce mystère
Je n entends rien .
LE MARQUIS
De la prudence ; Faisons silence ; En sa présence Cachons-nous bien .
( à Georgette. )
Il faut se taire ; De ce mystère Nul , je l'espère , Ne saura rien.
( Mathieu et ie marquis sortent par la gauche. )