Le vieux Quâebec
Le Conseil Souverain de Québec ou de la Nouvelle-France fut établi par Louis XIV au mois d'avril 1663. La première séance du Conseil Souverain eut lieu à Québec le 18 septembre 1663. Les conseillers au Conseil Souverain, devenu le Conseil Supérieur, se réunirent pour la dernière fois, à Montréal, le 27 avril 1760, le jour même de la bataille de Sainte-Foy.
Pendant ses quatre-vingt-dix-sept années d'existence le Conseil Souverain vit un bon nombre de conseillers se succéder.
Nous avons cru faire œuvre utile en dressant une liste complète de tous ceux qui furent appelés au Conseil Souverain en qualité de conseillers, de procureurs généraux ou dé greffiers. Nous avons eu, sous le régime français, un certain nombre de conseillers du Roi.- Plusieurs de nos historiens ont confondu ces derniers avec les conseillers au Conseil Souverain. Ce qui fait que la plupart des listes publiées des conseillers au Conseil Souverain sont erronées. La présente nomenclature a été faite d'après les lettres de provisions des conseillers, les procès-verbaux du Conseil Souve-
rain et la correspondance officielle des gouverneurs et intendants de la Nouvelle-France. Nous osons croire qu'elle est complète et exacte.
Nous n'avons pas inclus dans cette liste les membres ex-officio du Conseil Souverain comme les gouverneurs, les intendants et les évêques de Québec.
On notera aussi que nous nous servons de l'expression Conseil Souverain. Cependant, à partir du 16 juin 1703, le roi de France, dans ses actes royaux adressés au Canada, ne désigne plus le Conseil Souverain que sous le nom de Conseil Supérieur.
Conseillers au Conseil Souverain
Louis Rouer de Villcray. — Nommé par le gouverneur de Mézy et Mgr de Laval, le 18 septembre 1663. Démis par M. de Mézy le 19 septembre 1664. Nommé premier conseiller par M. de Tracy le 6 décembre 1666. Installé le 5 janvier 1667. Continué en exercice le 14 janvier 4669. Remplacé par M. Dupont le 13 janvier 1670. Nommé de nouveau premier conseiller •mais cette fois à vie, par le roi, le 26 avril 1675.(1) Installé le 23 septembre 1675. M. Rouer de Villeray décéda à Québec le 7 décembre 1700.
Jean Jucher eau de la Perte. — Nommé par îe gouverneur de Mézy et Mgr de Laval, le 18
(1) Insinuations du Conseil Souverain, cahier 1, folio 54.
septembre 1663. Démis par M. de Mézy le 19 septembre 1664. Le 6 décembre 1666, MM. d'Auteuil, de Yiîleray et Bourdon, démis par M,de Mézy en même temps que M. Juchereau de la Ferté, furent réinstallés mais celui-ci fut laissé de côté, nous ignorons pour quelle raison. M. Juchereau de la Ferté décéda à Québec le 16 novembre 1685.
Denis-Joseph Ruette d'Auteuil de Monceaux.— Nommé par le gouverneur de Mézy et, Mgr de Laval, le 18 septembre 1663. Démis par M. de Mézy le 19 septembre 1.664. Comme M! Juchereau de la Ferté, M. d'Auteuil de Mon: ceaux ne fut pas réinstallé le 6 décembre 1666. Sept années plus tard, le 25 avril 1674, il était choisi par le roi comme procureur général du Conseil Souverain. (1) Installé le 3 octobre 1674. Le 25 avril 1675, le roi lui donna de nouvelles lettres de provisions. (2) Il décéda à- Québec le 27 novembre 1679.
Charles LeGardeur de Tilly. — Nommé par le gouverneur de Mézy et Mgr de Laval, le 18 septembre 1663. Au mois de septembre 1664, il trouva grâce devant M. de Mézy et ne fut pas destitué comme ses collègues. Le 6 décembre 1666, il devenait troisième conseiller. Installé le 5 janvier 1667. M. LeGardeur de Tilly fut; continué en exercice le 14 janvier 1669, le 13 janvier 1670, le 12 janvier 1671, le 28 mars.
(1) Insinuations du Conseil Souverain, cahier 1, folio 56.
(2) Insinuations du Conseil Souverain, cahier 1, folio 5t.
1672, le 16 janvier 1673, le 15 janvier 1674 et le 7 janvier 1675. Le 27 avril 1675, le roi le nommait membre à vie du Conseil. (1) M. Le- Gardeur de Tilly décéda à Québec le 10 novembre 1695.
Mathieu Damours de Chauffoars. — Nommé par le gouverneur de Mézy et Mgr de Laval, le 18 septembre 1663. Le 19 septembre 1664, le 6 décembre 1666, le 14 janvier 1669, le 13 janvier 1670, le 12 janvier 1671, le 28 mars 1672, le 16 janvier 1673, le 15 janvier 1674, le 7 janvier 1675, il fut maintenu en charge. Le 27 avril 1675, le roi le nommait membre à vie du Conseil. (2) M, Damours de Chauffours décéda à Québec le 9 octobre 1695.
Jacques Cailhaidt de la Teysserie. — Nommé par M. de Mézy, le 24 septembre 1664. Il fut de nouveau nommé par M. de Tracy le 6 décembre 1666. Installé le 5 janvier 1667. Continué en exercice le 14 janvier 1669, le 13 janvier 1670, le 12 janvier 1671, le 28 mars 1672, le 16 janvier 1673. M. Cailhault de la Teysserie décéda à Québec le 17 juin 1673.
Simon Denys de la Trinité. — Nommé par M. de Mézy, le 24 septembre 1664. Il resta en fonctions jusqu'au 6 décembre 1666. On ignore la date exacte et l'endroit de la mort de Simon Denys de la Trinité. Tout ce qu'on sait c'est
(1) Insinuations du Conseil Souverain, cahier 1, folio 54.
(2) Insinuations du Conseil Souverain, cahier 1, folio 54.
qu'il mourut entre 1678 et 1680. En effet, on voit par l'acte du mariage de son fils Paul avec Louise-Madeleine de Peiras, le 18 janvier 1678, qu'il vivait encore. Et l'enregistrement de ses lettres de noblesse, le 13 mars 1680, dit expressément que Simon Denys de la Trinité était mort à cette date.
Louis Peronne de Mazc. — Nommé par M.
de Mézy, le 24 septembre 1664. Il siégea au Conseil pour la dernière fois le 6 juillet 1665. On croit qu'il s'embarqua pour la France peu après. Il ne revint pas.
Mille-Claude Le Barroys. — Nommé le 10 avril 1665. (1) Il avait été présenté au roi par la Compagnie des Indes Occidentales, suivant le pouvoir accordé à cette Cie par le trentetroisième article de l'édit de son établissement. (2) M. Le Barrois fut installé le 25» septembre 1665. On ne peut dire en quelle année il retourna en France. Nous perdons toutefois, ses traces à Québec à partir de l'automne de
Pierre de Gorribon. — Nommé par M. de Tracy, le 6 décembre 1666. Installé le 5 janvier 1667. Il est dit dans le procès-verbal de nomination: "de Gorribon, cy-devant conseiller au Présidial de Marennes." Continué en charge le 14 janvier 1669. M. de Gorribon décéda à Québec le 12 octobre 1669.
(1) Insinuations du Conseil Souverain, cahier 1, folio 20
(2) Insinuations du Conseil Souverain, cahier 1, folio 14.
Nicolas Dupont de Neuville. — Nommé le 13 janvier 1670. Installé le même jour. Continué en charge le 12 janvier 1671, le 28 mars 1672, le 16 janvier 1673, le 15 janvier 1674 et le 7 janvier 1675. Le 27 avril 1675, il était nommé conseiller à vie par le roi. (1) Le 1er juin 1703, il était nommé conseiller garde-scel à la place de M. de la Martinière. (2) Installé le 29 octobre 1703. M. Dupont de Neuville décéda à Québec le 25 avril 1716.
Nicolas de Mouchy. — Nommé le 13 janvier 1670, en remplacement de M. de Gorribon, décédé. Installé le même jour. Continué en charge le 12 janvier 1671 et le 28 mars 1672. M. de Mouchy retourna en France au commencement de novembre 1672.
Jean-Baptiste de Peiras. — Nommé le 16 janvier 1673, en remplacement de M. de Mouchy. Installé le même jour. Continué en charge le 15 janvier 1674 et le 7 janvier 1675. Nommé à vie par le roi le 26 avril 1675. (3) Décédé à Québec le 6 septembre 1701.
Charles Denys de Vitré. — Nommé le 21 août 1673, en remplacement de M. de la Teysserie, décédé. Continué en charge le 15 janvier 1674 et le 7 janvier 1675. Nommé à vie
(1) Insinuations du Conseil Souverain, cahier 1, folio 59.
(2) Insinuations du Conseil Souverain,cahier ll,folio 140.
(3) Insinuations du Conseil Souverain, cahier 1, folio 160.
le 26 avril 1675. (1) M. Denys de Vitré décéda à Québec le 9 janvier 1703.
René-Louis Charrier de Lotbinière. — Nommé par le roi le 29 mai 1674. (2) Installé le 2 octobre 1674. Nommé à vie le 26 avril 1675. (3) Nommé, le 1er mai 1677, lieutenantgénéral de la Prévôté de Québec, il abandonna son siège au Conseil Souverain en octobre dé la même année. Le 1er juin 1703, M. de Lotbinière était de nouveau nommé au Conseil Souverain en qualité de premier conseiller. (4) Il succédait à M. de Villeray, décédé. Installé le 26 novembre 1703. M. de Lotbinière décéda à Québec le 3 juin 1709.
Claude de Bermen de la Martinière.—- Nommé le 3 juin 1678, à la place de René-Louis Chartier de Lotbinière. (5) Installé le 26 octobre 1678. Le 5 mai 1700, le roi le nommait conseiller garde-scel. (6) Installé le 30 septembre 1700. Le 1er juin 1703, M. de la Martinière était fait lieutenant-général de la Prévôté de Québec. Il abandonna son siège au Conseil en novembre 1703. Le 5 mai 1710, M. de la Martinière était nommé premier conseiller au Conseil Souverain. (7) Installé le 6 octobre
(1) Insinuations du Conseil Souverain, cahier 1, folio 61.
(2) Insinuations du Conseil Souverain, cahier 1, folio 54.
(3) Insinuations du Conseil Souverain, cahier 1, folio 60.
(4) Insinuations du Conseil Souverain, cahier ll,folio 140.
(5) Insinuations du Conseil Souverain, cahier 1, folio 83.
(6) Insinuations du Conseil Souverain, cahier ll,folio 129.
(7) Insinuations du Conseil Souverain, cahier lll,folio 43.
1710. M. de la Martinière décéda à Ouébec le 14 avril 1714.
Pierre-Noël LeGardeur de Tilly. — Nommé le 24 mai 1689, en survivance de son père (Charles LeGardeur de Tilly) "pour exercer pendant son absence et à sa mort." (1) Installé le 13 mars 1690. M. LeGardeur de Tilly abandonna cette charge, en 1695, en faveur de M. Aubert de la Chesnaye. Il décéda à Saint-Antoine de Tilly le 13 août 1720.
Mathieu Damours de Freneuse. — Nommé le 24 mai 1689, en survivance de son père, Mathieu Damours de Chaufïours. (2) Installé le 17 juillet 1690. Décédé en Acadie en novembre ou décembre 1696.
Charles Aubert de la Chesnaye. — Nommé le 22 mai 1696, à la place de Charles LeGardeur de Tilly, décédé. (3) Installé le 20 septembre 1696. Décédé à Ouébec le 20 septembre
Denis River in. — Nommé le 24 mars 1698, à la place de Mathieu Damours de Freneuse, décédé. (4) Installé le 6 octobre 1698. Délégué en France, en 1702, pour surveiller les intérêts des habitants au sujet du commerce du castor, M. Riverin y vécut jusqu'à sa mort. Le 17
(1) Insinuations du Conseil Souverain, cahier 11, folio 87.
(2) Insinuations du Conseil Souverain, cahier 11, folio 87.
(3) Insinuations du Conseil Souverain, cahier 11, folio 120. Il serait plus vrai de dire que M. de la Chesnaye succéda à Pierre-Noël Le Gardeur de Tilly.
(4) Insinuations du Conseil Souverain,cahier 11, folio 124.
janvier 1710, il avait été nommé lieutenantgénéral de la Prévôté de Québec, mais i! n'exerça jamais cette charge. Sa nomination l'avait cependant fait retirer du Conseil Souverain. Il mourut en France avant le 7 juillet
Mathurin-François Martin de Lino. — Nommé le 8 mai 1702, à la place de M. de Peiras, décédé. (1) Installé le 5 octobre 1702. Le 1er septembre 1719, il était nommé premier conseiller, à la place de M. de la Martinière, décédé. (2) Installé le 14 octobre 1720. Le 19 février 1727, il devenait garde des sceaux, à la place de M. Eustache Chartier de Lotbinière. (3) Installé le 6 septembre 1727. M. Martin de Lino décéda à Ouébec le 6 décembre
Charles de Monseignat. — Nommé le 1er juin 1703, à la place de M. de la Martinière, fait lieutenant-général de la Prévôté de Québec. (4) Installé le 26 novembre 1703. Un an plus tard, le 1er juin 1704, il remplaçait Alexandre Peuvret de Gaudar ville comme greffier du Conseil Souverain. (5) Installé le 1er décembre 1705. M. de Monseignat décéda à Québec le 20 octobre 1718.
François Hazeur. — Nommé le 1er juin 1703, à la place de Charles Aubert de la Ches-
(1) Insinuations du Conseil Souverain, cahier ll,folio 136.
(2) Insinuations du Conseil Souverain, cahier V, folio 52.
(3) Insinuations du Conseil Souverain, cahier VI,folio 102.
(4) Insinuations du Consc'l Souverain, cahier ll,folio 141.
(5) Insinuations du Conseil Souverain, cahier ll,folio 164.
naye, décédé. (1) Installé le 29 octobre 1703. •Décédé à Québec le 28 juin 1708.
Uabbé Joseph de la Colombière. — Nommé conseiller-clerc le 16 juin 1703. (2) Installé le 29 octobre 1703. M. de la Colombière décéda à Québec le 18 juillet 1723.
Olivier Morel de la Durantaye. — Nommé le 16 juin 1703 (3) Conseiller d'augmentation. Installé le 29 octobre 1703. Décédé dans la seigneurie de la Durantaye (aujourd'hui Saint- Vallier de Bellechasse) le 28 septembre 1716. (4)
François Aubert de Maur. — Nommé le 16 juin 1703. (5) Conseiller d'augmentation. Installé le 29 octobre 1703. Il périt dans le naufrage du Chameau, sur l'île Royale (Cap-Breton), dans la nuit du 27 au 28 août 1725.
Augustin Rouer de Villeray. — Nommé le 16 juin 1703. (6) Conseiller d'augmentation. Installé le 29 octobre 1703. On ignore la date de sa mort. On sait cependant qu'il décéda entre le 9 février 1711 et le 11 avril 1712.
Jean-Baptiste Le Gardeur de Repentigny. — Nommé le 16 juin 1703. (7) Conseiller d'aug-
(1) Insinuations du Conseil Souverain, cahier ll,folio 141.
(2) Insinuations du Conseil Souverain, cahier ll,folio 142.
(3) Insinuations du Conseil Souverain,cahier ll,folio 142.
(4) L'acte de sépulture enregistré à Saint-Vallier dit l^ouis Morel de la Durantaye mais c'est bien de Olivier Morel de la Durantaye dont il s'agit.
(5) Insinuations du Conseil Souverain,cahier 11, folio 143.
(6) Insinuations du Conseil Souverain,cahier ll,folio 143.
(7) Insinuations du C*onseil Souverainxahicr 11, folio 163.
mentation. Installé le 16 novembre 1705. Décédé à Montréal le 8 septembre 1709.
Charles Macart. — Nommé le 1er juin 1704, en remplacement de M. Denis de Vitré, décédé. (1) Installé le 16 novembre 1705. Décédé à Québec le 9 décembre 1732.
Michel Sarrasin, — Nommé le 17 juin 1707, en remplacement de M. Duchesnay. (2) Installé le 27 novembre 1707. Le 19 février 1733, il devenait garde des sceaux du Conseil. (3) Installé le 18 juillet 1733. Décédé à Québec le 8 septembre 1734.
Guillau me Gaillard. — Nommé temporairement par le Conseil, pour remplacer un conseiller absent, le 20 janvier 1710. Nommé par le roi le 5 mai 1710, à la place de François Hazeur, décédé. (4) Installé le 6 octobre 1710. Décédé à Québec le 12 novembre 1729.
Paul Denis de Saint-Simon. — Nommé temporairement par le Conseil, pour remplacer un conseiller absent, le 20 janvier 1710. Le 12 mai 1714, le roi retient la première place vacante au Conseil pour le sieur de Saint-Simon et lui donne en attendant séance au Conseil. (5) Nommé par le roi le 1er avril 1717, à la place
(1) Insinuations du Cnoseil Souverain,cahier ll,folio 163.
(2) Insinuations du Conseil Souverain, cahier 111, folio 22. Ignace Juchereau Duchesnay avait été nommé le 1er juin 1704, membre du Conseil Souverain, en remplacement de M. de Monseignat, mais il n'accepta pas la charge.
(3) Insinuations du Conseil Souverain,cahier VII,folio 32.
(4) Insinuations du Conseil Souverain,cahier lll,folio 53.
(5) Insinuations du Conseil Souverain,cahier IV.folio 4.
de Nicolas Dupont, décédé. (1) Installé le 6 décembre 1717. Décédé à Québec le 14 octobre
Martin Cher on. — Nommé le 5 mai 1710.
à la place du sieur Ri vérin. (2) Installé le 6 octobre 1710. Décédé à Québec le 26 avril 1717.
Bustache Chartier de Lotbinière. — Nommé le 5 mai 1710, en remplacement de M. Le Gardeur de Repentigny, décédé. (3) Installé le 23 novembre 1710. Nommé garde des sceaux le 3 avril 1717. (4) Installé le 29 novembre 1717. Ordonné prêtre par Mgr de Saint-Vallier le 4 avril 1726, il abandonna sa charge de garde des sceaux, mais il garda son siège au Conseil Souverain jusqu'à sa mort. Décédé à Québec le 14 février 1749.
Jean-François JrJazenr. — Nommé le 18 juin 1712, à la place du sieur de Villeray, décédé. (5) Installé le 17 octobre 1712. Décédé à Québec le 13 mai 1733.
Louis Rouer d'Artigny. — Nommé le 3 avril 171.7, à la place du sieur de la Durantaye, décédé. (6) Installé le 16 août 1718. Décédé à Québec le 4 juillet 1744.
Jean Petit. — Nommé le 1er juillet 171 S,
(1) Insinuations du Conseil Souverain,cahier IV,folio 91.
(2) Insinuations du Conseil Souverain,cahier lll,folio 52.
(3) Insinuations du Conseil Souverain,cahier lll,folio 58.
(4) Insinuations du Conseil Souvera?n,cahier IV,folio 61.
(5) Insinuations du Conseil Souverain,cahier 111, folio 72.
(6) Insinuations du Conseil Souverain.cahier V,folio 2.
à la place de Martin Cheron, décédé. (1) Installé le 15 janvier 1720. Décédé à Québec le 24 février 1720. :
Charles Guillimin. — Nommé le 13 mai
1721, à la place de Jean Petit, décédé. (2) Installé le 20 septembre 1721. Décédé à Québec le 25 février 1739.
Nicolas Lanoullier. — Nommé le 10 février 1.722, à la place du sieur de Lino, fait premier conseiller. (3) Installé le 12 octobre
1722. Garde des sceaux le 21 mars 1735. (4) Installé le 5 septembre 1735. Décédé à Québec le 6 janvier 1756.
L'abbé Jean-Baptiste Gauthier de Varennes. — Nommé conseiller-clerc le 4 janvier 1724, à la place de M. l'abbé de la Colombière, décédé. (5) Installé le 14 octobre 1724. Décédé à Québec le 30 mars 1726.
Jean Crespin. — Nommé le 1er mars 1727, à la place du sieur Aubert de Maur, décédé. (6) Installé le 6 octobre 1727. Décédé à Québec le 4 janvier 1734.
Uabbé Louis Bertrand de la Tour. — Nommé conseiller-clerc le 17 mai 1727, à la place de l'abbé Gauthier de Varennes, décédé. (7)
(1) Insinuations du Conseil Souverain, cahier V.folio 44.
(2) Insinuations du Conseil Souverain,cahier V,folio 55.
(3) Insinuations du Conseil Souverain,cahier VI,folio 1.
(4) Insinuations du Conseil Souveram.cahier VII,folio 52.
(5) Insinuations du Conseil Souverain,cahier VI,folio 20.
(6) Insinuations du Conseil Souverain,cahier VI,folio 102,
(7) Insinuations du Conseil Souverain.cahier VI,folio 130.
Installé le 10 octobre 1729. Parti de la Nouvelle-France en octobre ou novembre 1731. Décédé doyen du chapitre de Saint-Jacques de Montauban le 19 janvier 1780.
François-Etienne Cugnet. — Nommé Je 13 février 1730, à la place du sieur Gaillard, décédé. (1) Installé le 14 août 1730. Nommé premier conseiller le 18 avril 1733, à la place de M. Martin de Lino. (2) Installé le 18 juillet 1733. Décédé à Québec le 19 août 1751.
Jean-Victor Var in de la Mare. — Nommé le 18 février 1733, à la place de M. Cugnet, fait premier conseiller. (3) Installé le 18 juillet 1733. Le 1er mai 1749, M. Varin était nommé contrôleur de la marine et abandonnait son siège au Conseil. Il retourna en France en 1757. Banni de France à perpétuité, en 1763, pour ses malversations au Canada, il obtint, en 1780, de finir ses jours à Malesherbes où sa famille s'était fixé.
François Foucault. — Nommé le 18 avril 1733, à la place du sieur de Saint-Simon, décédé. (4) Installé le 18 juillet 1733. Fait premier conseiller le 3 juillet 1752, en remplacement du sieur Cugnet, décédé. (5) Installé le 30 octobre 1752. Décédé à Québec le 19 juillet 1766.
Thomas- Jacques Taschereau. — Nommé le
(1) Insinuations du Conseil Souverain,cahier VI,folio 168.
(2) Insinuations du Conseil Souverain,cahier Vll.folio 29.
(3) Insinuations du Conseil Souvera?n,cahier Vll.folio 30.
(4) Insinuations du Conseil Souverain,cahier Vll.folio 31.
(5) Insinuations du Conseil Souverain.cahier IX,folio 36.
1er avril 1735. (1.) Installé le 20 août 1736. Décédé à Québec le 25 septembre 1749. (2)
Jacques de la Fontaine de Bel cour. — Nommé le 1er avril 1735. (3) Installé le 20 août 1736. Décédé à Québec le 18 juin 1765.
Jean-Baptiste Gaillard. — Nommé le 27 mars 1736. (4) Installé le 20 août 1736. Décédé à Québec le 7 février 1742.
Guillaume Estèbe. — Nommé le 27 mars 1736. (5) Installé le 20 août 1736. M. Estèbe ayant résigné sa charge de conseiller, fut fait, le 1er février 1758, conseiller honoraire. (6) A son retour en France, Estèbe fut jeté a la Bastille avec Bigot et les autres. Le 10 décembre
(1) Insinuations du Conseil Souverain.cahier VIII,folio 1.
(2) Le 4 octobre 1749, MM. de la Jonquière et Bigot écrivaient au ministre: "Il vaque encore par la mort de MM. Lotbinière et Taschereau deux places de conseillers laïcs. Elles ne sauraient être mieux occupées que par le s. Nouchet qui est assesseur depuis deux ou trois ans et qui s'applique infiniment, et par le s. St-Sauveur qui est un garçon de famille bien né et qui ayant fait ses études a esté reçu avocat. Mr de la Jonquière l'a amené avec luy. Nous vous supplions de vouloir bien leur accorder ces deux places." M. Nouchet, comme nous le verrons plus loin, et M. de Saint-Sauveur furent nommés au Conseil Souverain le 1er mai 1750. Il n'appert pas que M. de Saint-Sauveur ait jamais présenté ses lettres de provisions au Conseil. On ne peut donc dire qu'il a été conseiller au Conseil Souverain.
(3) Insinuations du Conseil Souverain, cahier VIII, fol'o 2.
(4) Insinuations du Conseil Souverain, cahier VIII, folio 3.
(5) Insinuations du Conseil Souverain, cahier VIII, folio 4.
(6) Insinuations du Conseil Souverain, cahier X, folio 14. Mgr Tanguay (Dictionnaire Généalogique, vol. III, p. 85) dit que Estèbe fut remplacé au Conseil Souverain par Pierre Claverie, garde-magasin à Québec. Impossible. Claverie décéda à Montréal le 21 août 1756 et ce n'est qu'en 1757 que Estèbe offrit sa résignation.
1763, il était condamné à être admonesté en la chambre, à 6 livres d'aumône et à 30,000 livres de restitution.
Guillaume Guillimin fils. — Nommé conseiiler-assesseur par MM. de Beauharnois et Hocquart le 20 septembre 1741. Reçu le 20 novembre 1741. Nommé conseiller le 25 mars 1744, à la place du sieur Guillimin père, décédé. (1) Installé le 12 octobre 1744. Décédé à Québec le 30 juillet 177L
Joseph Perthuis. — Nommé conseilier-as sesseur le 26 janvier 1743, par le gouverneur de Beauharnois et l'intendant Hocquart. Reçu le 4 février 1743. Nommé conseiller le 1er janvier 1747, à la place du sieur d'Artigny, décédé. (2) Installé le 14 juin 1748. Après la mort du procureur général Verrier, arrivée le 13 septembre 1758, M. Perthuis fit provisoirement les fonctions de procureur général jusqu'à la Conquête. Il partit pour la France en 1763. Décédé en France le 19 mars 1782.
L'abbé François-Elzéar V allier. — Nommé conseiller-clerc le 1er avril 1743, à la place de M. Bertrand de la Tour. (3) Installé le 14 octobre 1743. Décédé à Ouébec le 16 janvier
Jean-François Gaultier. — Nommé îe 25 mars 1,744, à la place du sieur Gaillard,
(1) Insinuations du Conse'l Souverain,cahier IX,folio 30.
(2) Insinuations du Conseil Souverain,cahier IX,folio 45.
(3) Insinuations du Conseil Souverain,cahier IX,folio 8.
décédé. (1) Installé le 12 octobre 1744. Décédé à Québec le 10 juillet 1756.
Joseph-Etienne Nouchet fils. — Nommé conseiller-assesseur le 3 décembre 1746, par le gouverneur de Beauharnois et l'intendant Hocquart. (2) Reçu le 12 décembre 1746. Nommé conseiller le 1er mai 1750, en remplacement du sieur de Lotbinière, décédé. (3) Installé le 12 octobre 1750. Décédé à Ouébec le 3 février
Jacques-Michel Bréard. — Nommé le 1er mai 1749, à la place de Jean-Victor Varin de la Mare, promu contrôleur de la marine. (4) Installé le 25 août 1749. Retourné en France après la Conquête, il fut jeté à la Bastille avec Bigot et ses comparses. Le 10 décembre 1763, il était banni pour neuf ans de Paris, condamné à 500 livres d'amende et à 300,000 livres de restitution.
L'abbé Joseph-Marie de la Corne. — Nommé conseiller-clerc le 1er mai 1749, à la place
(1) Insinuations du Conseil Souverain,cahier IX,folio 30.
(2) Insinuations du Conseil Souverain,cahier IX,folio 41.
(3) Insinuations du Conseil Souverain,cahier IX,folio 79.
(4) Insinuations du Conseil Souverain,cahier IX,folio 68. Le 1er avril 1757, le président du Conseil de Marine acceptait la suggestion de l'intendant Bigot de remplacer au Conseil Souverain le sieur Bréard par le sieur de Villers, écrivain principal, mais il ajoutait qu'il ne lui donnerait la commission que s'il s'acquittait convenablement de ses fonctions. Le même jour, 1er avril 1757, le roi signait l'ordre nommant M. de Villers membre du Conseil Souverain de Québec. M. de Villers ne fut jamais installé ni ne prêta le serment voulu. Ses lettres de provisions ne furent pas non plus insinuées. Il n'a donc jamais siégé au Conseil Souverain.
de M. Vallier, décédé. (1) Installé le 25 août 1749. En 1750, il était député en France comme procureur du chapitre de Québec. Il mourut à Paris le 8 décembre 1779.
Jean- Antoine Bedout. — Nommé conseillerassesseur le 25 novembre 1751 par le gouverneur de la Jonquière et l'intendant Bigot. (2) Reçu le 20 novembre 1752. Conseiller le 3 juillet 1752, à la place de M. Foucault, promu premier conseiller. (3) Installé le 17 décembre 1753. Retourné en France après la Conquête. Père du célèbre contre-amiral Bedout.
Michel Benard. — Nommé conseiller-assesseur le 24 décembre 1753 par le gouverneur Duquesne et l'intendant Bigot. (4) Conseiller le 24 avril 1757, à la place de Nicolas Lanoullier, décédé. (5) Installé le 3 juillet 1758. Retourné en France après la Conquête.
Henri Hiché. — Nommé le 15 mai 1754.(6) Installé le 14 octobre 1754. Décédé à Ouébec le 15 juillet 1758.
Jacques Imbert. — Nommé le 15 mai 1754. (7) Installé le 14 octobre 1754. Retourné en France après la Conquête. Décédé avant le 21 octobre 1765.
(1) Insinuations du Conseil Souverain,cahier IX,folio 69.
(2) Insinuations du Conseil Souverain,cahier IX,folio 87.
(3) Insinuations du Conseil Souverain,cahier X,folio 1.
(4) Insinuations du Conseil Souverain, cahier X, folio 2.
(5) Insinuations du Conseil Souverain, cahier X, folio 12.
(6) Insinuations du Conseil Souverain, cahier X, folio 3.
(7) Insinuations du Conseil Souverain, cahier X. folio 3.
Thomas-Marie Cugnet. — Nommé conseiller-assesseur le 4 octobre 1754 par le gouverneur Duquesne et l'intendant Bigot. (1) Reçu le 14 octobre 1754. Conseiller le 24 avril 1757 à la place de Jean-François Gaultier, décédé. (2) Installé le 3 juillet 1758. Il passa en France après la Conquête. En 1779, il vivait à Paris. Décédé au commencement du dix-neuvième siècle.
Greffiers du Conseil Souverain
Jean-Baptiste Peuvret de M es nu, — Nommé premier greffier du Conseil Souverain le 18 septembre 1663. Démis par M. de Mézy le 19 septembre 1664. Nommé de nouveau par M. de Tracy le 6 décembre 1666. Installé le 5 janvier 1667. Lors du renouvellement du Conseil, le 5 juin 1675, Gilles Rageot, greffier de la Prévôté, fut nommé par erreur greffier du Conseil Souverain à la place de Peuvret. Celui-ci dût passer en France pour obtenir de nouvelles lettres de provisions. Elles lui furent accordées le 15 avril 1676. (3) Pendant l'absence de Peuvret, Romain Becquet et Guillaume Roger prirent provisoirement sa place. Peuvret fut installé dans ses fonctions le 25 octobre 1677 et il les garda jusqu'à sa mort arrivée à Québec le 23 mai 1697.
(1) Insinuations du Conseil Souverain, cahier X, folio 3.
(2) Insinuations du Conseil Souverain, cahier X, folio 13.
(3) Insinuations du Conseil Souverain, cahier 1, folio 81.
Michel Fillion. — Nommé greffier du Conseil Souverain par M. de Mézy le 24 septembre 1664. Il garda cette charge jusqu'au 6 décembre 1666. Décédé à Beauport le 6 juin 1689.
Denis Peuvret. — Nommé greffier du Conseil Souverain en survivance de son père, Jean- Baptiste Peuvret dé Mesnu, le 10 mars 1685. (1) Nous voyons dans une lettre de MM. de Frontenac et Champigny, en date du 15 septembre 1692 que Denis Peuvret mourut en revenant des Iles où il avait été employé par M. de Goupy, intendant, qui l'avait fait son subdélégué. Denis Peuvret décéda avant son père et n'exerça pas, conséquemment, la charge de greffier du Conseil Souverain.
Alexandre Peuvret de Gaudarville. — Nommé greffier du Conseil Souverain, en survivance de son père, Jean-Baptiste Peuvret de Mesnu, le 1er mars 1693. (2) Installé le 14 mras 1695. Il conserva cette charge jusqu'à sa mort arrivée à Québec le 30 décembre 1702.
Charles de Monseignat. — Nommé greffier en chef du Conseil Souverain le 1er juin 1704, à la place de Alexandre Peuvret de Gaudarville, décédé. (3) Installé le 1er décembre 1705. Il exerça cette charge jusqu'à sa mort arrivée à Québec le 20 octobre 1718. (Voir plus haut).
Pierre Rivet. — Nommé par l'intendant
(1) Iusinuations du Conseil Souverain, cahier 11, folio 41.
(2) Insinuations du Conseil Souverain, cahier 11, folio 118.
(3) Insinuations du Conseil Souverain, cahier 111, folio 7.
Bégon, le 20 novembre 1718, à la place de Charles de Monseignat, décédé. (1) Nomination confirmée par le roi îe 13 mai 1719. (2) Installé îe 9 octobre 1719. Exerça jusqu'à sa mort arrivée à Québec le 8 février 1721. (3)
François Daine. — Nommé le 10 février 1722 à la place de Pierre Rivet, décédé. (4) Installé le 12 octobre 1722. Le 25 mars 1744, M. Daine était nommé lieutenant-général de la Prévôté de Québec. Il abandonna sa charge de greffier du Conseil Souverain en octobre 1744. Passé en France après la Conquête. Le 19 mars 1765, le roi, satisfait de ses services au Canada, de son zèle, de son désintéressement, de sa probité, accorde à M. Daine une pension de 2,000 livres dont 1000 réversibles à sa femme. Un frère de M. Daine était maître des requêtes.
Nicolas Boisseau. — Nommé le 25 mars 1744, à la place de M. Daine, appelé à d'autres fonctions. (5) Installé le 12 octobre 1744. Fut
(1) Insinuations du Conseil Souverain, cahier V, folio 3.
(2) Insinuations du Conseil Souverain, cahier V, folio 43.
(3) Le jour même de la mort de M. Rivet, l'intendant Bégon commettait le sieur Barbel, notaire royal, pour faire les fonctions de greffier du Conseil "en attendant que Sa Majesté ait pourvu au dit office." Barbel remplit la charge jusqu'au 12 octobre 1722, date de l'installation de François Daine. Les lettres de nominations de Barbel sont aux Insinuations du Conseil Souverain, cahier V, folio 53.
(4) Insinuations du Conseil Souverain, cahier V, folio 133.
(5) Insinuations du Conseil Souverain, cahier IX, folio 29.
le dernier greffier du Conseil Souverain. M. Boisseau décéda à Québec le 9 février 1771.(1)
Procureurs Généraux du Conseil Souverain
Jean Bourdon. — Nommé par le gouverneur de Mézy et Mgr de Laval, le 18 septembre
1663. Démis par M. de Mézy le 19 septembre
1664. Nommé de nouveau par M. de Tracy le 6 décembre 1666. Décédé à Ouébec le 12 janvier
Louis-Théandre Chartier de Lotbinière. — Nommé par M. de Mézy le 24 septembre 1664. Deux années plus tard, le 6 décembre 1666, M. de Lotbinière remettait à M. Bourdon la charge que M. de Mézy lui avait si cavalièrement enlevée. M. de Lotbinière mourut en France après 1680>
Denis-Joseph Ruette d'Auteuil de Monceaux.— Nommé le 25 avril 1,674. (2) Installé le 3 octobre 1674. Décédé à Ouébec le 27 novembre 1679. (Voir plus haut).
Franc ois-Madeleine-Portiiné Ruette d'A u-
(1) Le 24 novembre 1759, le Conseil siégeant à Montréal nomme d'office pour greffier-commis Mtre François Simonnet, ancien praticien de la juridiction royale de Montréal. Le 17 décembre 1759, le Conseil nomme pour greffier-commis le sieur Lanoullier, ancien praticien.
(2) Insinuations du Conseil Souverain, cahier 1, folio 62. Du 12 janvier 1668, date de la mort de M. Bourdon, au 3 octobre 1674, date de l'installation de M. l'Auteuil de Monceaux, les fonctions de procureur général furent remplies par des substituts: Michel Fillion, 29 février 1668; Nicolas de Mouchy, 14 janvier 1669; René-Louis Chartier de Lotbinière, 13 janvier 1670.
ieuil. — Nommé en survivance de son père le 2 juin 1680.(1) Installé le 24 octobre 1680. Révoqué le 30 juin 1707. (2) Décédé à Ouébec le 10 juillet 1737.
Charles Macart. — Le 15 novembre 1706, le Conseil Souverain commettait Charles Macart, conseiller, pour faire les fonctions de procureur général pendant l'absence de M. Ruette d'Auteuil en France. (3) Le 24 octobre 1707, le Conseil Souverain apprenant la révocation du procureur général Ruette d'Auteuil, nommait, pour le remplacer, en attendant la nomination de son successeur, M. Charles Macart, qui était le dernier conseiller nommé. M. Macart exerça la charge de procureur général jusqu'au 14 octobre 1712, date de l'entrée en charge de M. Collet. (Voir plus haut).
Jessé Leduc des Fontaines. — Nommé le . . septembre 1709. Arrivé à Québec le 7 septembre 1710, il mourut quinze jours plus tard, le 22 septembre 1710, sans avoir été installé.
Gousse. — Le 21 juin 1712, le ministre prie M. de Beauharnois d'accorder passage à M. Collet, nommé procureur général du Conseil
(1) Insinuations du Conseil Souverain, cahier 111, folio 21.
(2) Insinuations du Conseil Souverain, cahier 11, folio 21.
(3) Sept jours plus tard, le 22 novembre 1706, le Conseil Souverain commettait Pierre Haymart, juge-prévôt de Notre-Dame des Anges, pour faire en l'absence du sieur Ruette d'Auteuil les fonctions du substitut du procureur général.
Souverain à Québec à la place du sieur Gousse, Si ce dernier fut nommé, il ne vint jamais dans la Nouvelle-France.
Mathieu-Benoit Collet. — Nommé le 14 juin 1712. (1) Installé le 17 octobre 1712. Décédé à Québec le 5 mars 1727.
Nicolas Lanoullier. — Le 3 mars 1727, Nicolas Lanoullier fait au Conseil " les fonctions de procureur général du Roy pour l'indisposition du dit procureur général. " A la séance du 10 mars, il agit comme procureur général "a défaut de M. Collet, procureur général décédé." M. Lanoullier agit ainsi jusqu'à l'installation de M. Verrier, en septembre 1728. (Voir plus haut).
Guillaume Verrier. — Nommé le 20 avril 1728, à la place de Collet, décédé. (2) Installé le 17 septembre 1728. Décédé à Québec le 13 septembre 1758.
Joseph Perthuis. — Dans le procès-verbal de la séance du 2 octobre 1758 du Conseil Souverain on lit: "Sur ce qui a été dit par Monsieur l'intendant qu'attendu le décès arrivé de M. Verrier procureur général du Roy le quatorze (le treize) septembre dernier, il convient que cette place soit remplie par intérim jusques à ce que Sa Majesté y ait pourvue et qu'il est nécessaire d'y nommer un des Mrs sur quoy le
(1) Insinuations du Conseil Souverain, cahier 111, folio 52.
(2) Insinuations du Conseil Souverain,cahier VI,folio 109.
Conseil après avoir délibéré a nommé et commis M. Joseph Perthuis cons. pour faire fonctions de procureur général du Roy jusques à ce qu'il ait plust à Sa Majesté y pourvoir." Le 8 janvier 1759, le président du Conseil de Marine écrit à MM. de Vaudreuil et Bigot pour approuver que le sieur Perthuis fasse les fonctions de procureur général. Il demande des éclaircissements pour le mettre en état de faire choix en France d'un sujet pour cette place. M. Perthuis remplit par intérim la charge de procureur général jusqu'à la fin du régime français. (Voir plus haut).
LES RESIDENCES DE Mgr DE LAVAL A QUEBEC
Le 15 juin 1659, vers les six heures du soir, le navire qui avait transporté Mgr de Laval dans la Nouvelle-France jetait l'ancre devant Québec. L'évêque de Pétrée était accompagné d'un Jésuite, le Père Jérôme Lalemant, de trois prêtres, MM. Jean Torcapel, Philippe Pèlerin et Charles de Lauzon-Charny, fils de l'ancien gouverneur du Canada, et d'un simple tonsuré, M. Henri de Bernières, qui devait devenir le premier curé en titre de Québec.
Mgr de Laval ne débarqua que le lendemain.
Le Journal des Jésuites note très sobrement la réception faite à Mgr de Laval: "Nous reçûmes en procession M. l'évêque sur le bord de la rivière et en l'église de Québec." M. l'abbé" Auguste Gosseîin, à l'aide de la Relation de 1659, nous donne un peu plus de détails sur la journée du 16 juin 1659: "A peine, dit-il, Mgr de Laval eut-il mis pied à terre, que le canon du fort se fit entendre; et le prélat, revêtu de ses habits pontificaux, la mitre en tête et la croise à la main, fit descendre du ciel sur cette foule agenouillée dans la poussière, la premiète bénédiction épiscopale dont ces lieux furent témoins. Il reçut ensuite les hommages du gouverneur, du supérieur des Jésuites et de tous les principaux personnages présents; puis la procession se mit en marche vers l'église paroissiale, le prélat s'avançant majestueusement, accompagné du gouverneur et du supérieur des Jésuites, et continuant de bénir les fidèles qui accouraient sur son passage pour le voir." "Il paraissait, dit le P. Lalemant, comme un ange du Paradis, et avec tant de majesté, que nos Canadiens ne pouvaient détacher leurs yeux de sa personne."
Comme il n'y avait pas encore de presbytère ni de maison épiscopale à Québec, Mgr de Laval fut d'abord l'hôte des Pères Jésuites. Il resta quelques semaines avec eux.
Mgr de Laval se transporta ensuite chez
les Hospitalières de l'Hôtel-Dieu. "Chez les Hospitalières, dit M. de LaTour, il se logea dans un appartement dépendant de l'hôpital. Il y demeura près de trois mois. Il y fut traité autant que la pauvreté de la maison le permettait, avec beaucoup de propreté et de zèle, quoique très simplement. Mais cette simplicité ne lui suffisait pas; il se plaignait toujours qu'on en faisant trop, montrait du dégoût pour ce qui était bien apprêté, et affectait au contraire une sorte d'avidité pour ce qu'il y avait de moins bon."
Au mois de novembre 1659, Mgr de Laval et ses prêtres prirent leur logement dans le pensionnat sauvage des Ursulines qui portait alors le nom de Séminaire. Dans une de ses admirables lettres, la vénérable mère de l'Incarnation dit, parlant de Mgr de Laval: "Nous lui avons prêté notre séminaire qui est à un des coins de notre clôture et tout proche de la paroisse. Il y aura la commodité et l'agrément d'un beau jardin, et afin que lui et nous soyons logés selon les saints canons, il a fait faire une clôture de séparation. Nous en serons incommodés parce qu'il nous faut loger nos séminaristes dans nos appartements: mais le sujet le mérite, et nous porterons avec plaisir cette incommodité jusqu'à ce que la maison épiscopale soit bâtie."
Dans un rapport envoyé au Saint-Siège en 1660, Mgr de Laval dit au sujet de la petite maison louée des Ursulines : "Nous la trouvons
assez riche parce qu'elle suffit à notre pauvreté. Nous avons avec nous trois prêtres, qui sont nos commensaux, deux serviteurs,et c'est tout/'
A la fin de 1661, Mgr de Laval quitta les Ursulines pour aller passer l'hiver avec les Pères Jésuites.
Au printemps de 1662, Mgr de Laval, ayant acheté une vieille maison bâtie à peu près sur le site du presbytère actuel de la haute ville, il s'y logea avec ses prêtres.
Le 12 août 1662, Mgr de Laval s'embarquait pour la France. Pendant son absence, M. l'abbé de Bernières, curé de Québec, fit détruire la vieille maison que l'évêque venait de laisser et la remplaça par un édifice qui coûta huit mille cinq cents livres.
A son retour à Québec, le 7 septembre 1663, Mgr de Laval prit possession de la maison construite par M. de Bernières. Il lui donna le nom de séminaire. Dans un rapport fait au Saint-Siège en 1664, l'évêque écrit: "J'ai établi mon domicile dans mon séminaire; il y a là avec moi huit prêtres, que j'envoie, suivant les besoins et à ma discrétion, dans les différentes missions de mon vicariat, ou que j'occupe sans relâche à d'autres fonctions ecclésiastiques."
Le 15 novembre 1701, vers une heure et quart de l'après-midi, le feu se déclarait dans le séminaire de Mgr de Laval. Tout l'édifice fut détruit. L'évêque, retenu à sa chambre par la maladie, fut sauvé difficilement et transporté
chez les Pères Jésuites. Il y resta jusqu'à la Saint-François-Xavier.
Mgr de Saint-Vallier avait acheté quelques années auparavant la maison du sieur Provost (dans le parc Montmorency-Laval actuel) pour la transformer en évêché. Les travaux de construction et de réparation n'étaient pas terminés. Mgr de Laval se fit aménager quelques chambres dans cette maison et y resta une couple d'années.
Il retourna ensuite au séminaire de Québec où on lui donna une salle appelée l'infirmerie.
Le 1er octobre 1705, le feu chassait encore une fois Mgr de Laval de son logement. Les étages supérieurs du séminaire furent détruits. Pour la troisième fois, Mgr de Laval reçut l'hospitalité des Pères Jésuites. Il y demeura deux mois.
Dans l'intervalle, on s'était hâté de préparer un appartement à Mgr de Laval dans la partie du séminaire que les flammes avaient épargnée. Cette aile du séminaire portait alors le nom de porterie. C'est dans cette pièce que décéda Mgr de Laval le 6 mai 1708.
Récapitulons: de 1659 à 1708, Mgr de Laval avait habité: lo chez les Jésuites; 2o à l'Hôtel-Dieu; 3o chez les Ursulines; 4o chez les Jésuites ; 5o petite maison de la rue Buade ; 6o séminaire de la rue Buade; 7o chez les Jésuites ; 8o maison de la côte La Montagne ;
9o au séminaire de Québec; lOo chez les Jésuites; llo au séminaire de Québec.
Ajoutons que les renseignements qui précèdent nous ont coûté peu de recherches. Nous les avons empruntés à la Vie de Mgr de Laval de l'abbé Auguste Gosselin et à 1 Histoire du palais épiscopal de Québec de Mgr Henri Têtu.
QUATRE SCEURS QUEBECOISES DANS LE CLOITRE
La vénérable mère Marie de l'Incarnation, écrivant à son fils, disait de Jean Bourdon, procureur général du Conseil Souverain:
"Il avait avec moi une liaison de biens spirituels très particulière. Sous son habit séculier, il menait une vie des plus régulières. Il avait une continuelle présence de Dieu et union avec sa divine majesté. Il a une fois risqué sa vie pour faire un accommodement avec les Hollandais, à l'occasion de nos captifs français: car cet homme charitable se donnait entièrement au bien public. C'était le père des pauvres, le consolateur des veuves et des orphelins, l'exemple de tout le monde. Depuis qu'il s'est établi en ce pays, il s'est consumé en toutes sortes de bien et de bonnes œuvres."
De son mariage avec Jacqueline Potel, Jean Bourdon avait eu huit enfants, quatre garçons et quatre filles. Ce bon citoyen avait tellement à cœur de faire d'excellents chrétiens de ses enfants qu'il garda dans sa maison, pendant plus de vingt-deux ans, son compatriote et ami, l'abbé de Saint-Sauveur. Celuici disait chaque matin la messe dans la chapelle Saint-Jean puis enseignait aux enfants de Bourdon la lecture, récriture, les principes de la religion, etc., etc.
M. Bourdon fut bien récompensé de la sollicitude dont il avait entouré ses enfants et des sacrifices qu'il avait faits pour eux car ses quatre filles entrèrent dans le cloître, deux au monastère des Ursulines et deux à l'Hôtel-Dieu de Québec.
Disons un mot de chacune de ces femmes, d'élite.
Geneviève Bourdon, née à Québec le 24 novembre 1638, fut mise au couvent des Ursulines dès l'âge de six ans. Sa ferveur lui fit solliciter l'entrée du noviciat avant même l'âge canonique. Elle fit profession le 8 décembre 1654, à l'âge de seize ans. La mère Saint-Joseph exerça tous les emplois de sa communauté, à la réserve de celui de supérieure, montant des plus bas aux plus hauts, se montrant partout soigneuse, vigilante et ménagère. Sa parfaite obéissance ne pouvait souffrir même l'idée
d'examiner les décisions des supérieures, et sa charité la portait à tout excuser dans les autres.
Comme la vénérable mère Marie de Tlncarnation, la mère Marie de Saint-Joseph avait une tendre dévotion au Sacré-Cœur de Jésus. Elle eut la consolation de voir avant sa mort, cette dévotion s'étendre dans le pays. La fête solennelle du Sacré-Cœur de Jésus se fit pour la première fois dans la Nouvelle-France l'année même de sa mort.
La mère de Saint-Joseph succomba le 13 décembre 1700, à l'épidémie de grippe qui sévissait alors dans toute la ville de Québec. Elle était dans la soixante-troisième année de son âge et la quarante-septième de sa profession religieuse.
Elle fut la première Canadienne ursuline.
Marie Bourdon, née à Québec le 19 octobre 1640,fut placée à l'âge de six ans et demi comme pensionnaire à l'Hôtel-Dieu de Québec. M. Bourdon, dès sa naissance, par un acte signé de sa main, l'avait consacrée et dédiée au précieux sang de Notre-Seigneur, pour être religieuse hospitalière. A l'âge de treize ans et demi, Marie pressa son père de tenir la promesse qu'il avait faite à son sujet. Il se rendit à ses instances et elle entra au noviciat de l'Hôtel-Dieu en 1653. Elle fit profession à seize ans, sous le nom de Sainte-Thérèse de Jésus. Elle mourut le 29 novembre 1660, à l'âge de vingt ans.
La Sœur Sainte-Thérèse de Jésus fit une mort de prédestinée. Mgr de Laval la visita plusieurs fois pendant sa maladie et elle l'édifia par son innocence, sa ferveur, sa résignation. Elle voulut être dépouillée de tout comme Notre-Seigneur. Après avoir reçu l'extrême1 onction, elle demanda à faire enlever le crucifia qu'elle avait au cou, afin de n'avoir plus rien à elle.
Mgr de Laval voulut lui-même assister la petite sœur à ses derniers moments, et passa toute la nuit auprès d'elle. Lorsqu'il vit qu'elle approchait de sa fin, il lui donna la dernière absolution et l'indulgence pîénière. Elle expira peu après, avec une paix qui marquait par avance qu'elle allait entrer en possession de celle qui ne finira jamais.
Marie-Marguerite Bourdon, née à Québec le 12 octobre 1642, reçut son éducation au pensionnat des Ursulines de Québec, comme ses sœurs Geneviève et Anne. A quatorze ans, son cours terminé, son père la retira chez lut.
L'avenir s'offrait à Marie-Marguerite Bourdon sous les couleurs les plus brillantes. A peine admise dans la société d'élite que fréquentaient ses parents, elle en fut aimée et recherchée. Un des fils du gouverneur de Lauzon la demanda en mariage. Mais Marie-Marguerite Bourdon préféra aux honneurs et aux joies trompeuses du monde la vie du cloître. Le 15 octobre 1658, elle était admise à la prof es-
sion chez les Hospitalières de l'Hôtel-Dieu de Québec.
La mère Saint-Jean-Baptiste s'était appliquée à l'étude et à la pratique de la pharmacie. Elle devint très habile dans son art et elle parvenait à soulager et même à guérir des malades que les médecins avaient presque abandonnés.
Lors de la fondation de T Hôpital-Général, en 1693, la mère Saint- Jean-Baptiste fut choisie comme une des fondatrices de la nouvelle maison. Elle y remplit les charges d'hospitalière, de maîtresse des novices et d'assistante.
C'est dans cette dernière charge qu'elle décéda le 11 octobre 1706, après avoir donné aux jeunes sœurs de grands exemples de ferveur, de régularité et de mortification. "Nous avons eu la consolation, disent les Annales de cette communauté, de la voir mourir comme elle avait vécu, portant le précieux caractère de la prédestination."
Anne Bourdon, née à Québec le 29 août 1644, n'eut jamais d'autre pensée que pour la vie du cloître. A l'entrée de sa sœur Geneviève au couvent des Ursulines, en 1652, elle n'avait que sept ans. Cependant, quittant ses jeux, elle courait se jeter entre les bras de son père en lui disant : — Papa, voulez-vous que je sois religieuse? Je veux aller vivre au couvent avec ma sœur.
A l'âge de quatorze ans, le 8 septembre 1658, elle entrait au noviciat des Ursulines.
La mère Sainte-Agnès était appelée en
1700 au gouvernement du couvent des Ursulines. C'était la première supérieure canadienne de cette maison.
Après avoir rempli toutes les charges de la communauté, à la fin d'octobre 1711, la mère Sainte-Agnès demandait aimablement son congé pour aller, disait-elle, régler ses comptes avec le bon Dieu. La sainte religieuse ne se trompait pas beaucoup. Le 2 novembre 1711, on lui administrait les derniers sacrements, et deux jours plus tard, le 4 novembre 1711, elle rendait à Dieu sa belle âme.
"On ne saurait assez dire, disent les Annales des Ursulines, combien cette vénérable mère était précieuse à la communauté, et combien aussi elle en était aimée et chérie. C'était un bon esprit, un riche naturel, accommodante avec toutes les personnes avec qui elle était en office, laborieuse, paisible, excusant tout avec une merveilleuse charité. Elle a passé par tous les premiers emplois du monastère, et elle y a toujours contenté le dedans et le dehors."