LES " NUMEROS " DES CHARRETIERS A QUEBEC EN
A Québec, à Montréal et dans presque toutes les villes de la province de Québec les cochers et charretiers portent des "numéros" soit sur eux, leurs chevaux, voitures ou charrettes. A quand remonte cette réglementation?
Nous ne pouvons, évidemment, répondre pour toutes les villes de la province, mais à Québec, les charretiers sont obligés de porter des "numéros" depuis bientôt deux siècles. Comme on le voit, nous devons bien des règlements utiles au régime français.
C'est l'intendant Dupuy, par son ordonnance du 21 mai 1727, qui força les charretiers de Québec à prendre des numéros du bureau de l'Intendance et à les placer sur leurs véhicules.
La partie de l'ordonnance qui nous intéresse se lisait comme suit:
, "Ordonnons que tous les charretiers et voituriers, travaillais et voiturans journellement dans la ville, huit jours après la publication de la présente ordonnance, ce qui échera au lendemain, et surlendemain de la Pentecôte, pendant lesquels jours et les suivants, ils seront tenus de venir donner leur nom, et se faire enregistrer au bureau de l'intendance, et prendre le numéro qui leur sera donné, pour être mis à leurs charettes, et tombereaux, et remis quand ils seront cassés ou offensés sous peine de confiscation, la dite huitaine passée de tous les tombereaux et charettes qui ne seront point numérotés et marqués, et qui seront trouvés menant dans la ville sable et matériaux pour les bâtiments, à moins qu'ils ne soient réclamés par quelque particulier officier ou bourgeois de la ville, à qui nous permettons au défaut des charretiers de la ville, de se servir de leurs domestiques, et des charettes et tombereaux à eux appartenans, sans être tenus de les faire marquer et numéroter aussy bien qu'aux gens de la campagne, lesquels amèneront de loin, tant (pour) les besoins de chauffage que les bois, pierres et autres matériaux pour le service des bâtiments, permettons aux gens des champs, qui voudront après le temps de leurs travaux faits à la campagne, venir voiturer et charroyer journellement pendant un certain temps dans la ville, de le faire après être venus le déclarer au bureau de l'intendance où il leur sera donné une lettre de l'alphabet pour être
mise sur leurs traînes, tombereaux et charettes, en exemptons seulement les habitants des campagnes qui viennent jour par jour apporter les provisions à la ville, et qui s'en retournent à la campagne, après avoir livré leurs provisions. ."