TROIS FRERES QUEBECOIS DANS L'ARMEE
Trois frères Pinguet servirent comme officiers dans notre milice oendant la guerre de 1812-13.
Bon sang ne peut mentir, dit le proverbe. Les frères Pinguet tenaient de bonne souche puisque leur père, Charles Pinguet de Vaucour, négociant à l'aise de la basse ville de Québec, avait servi en qualité de lieutenant dans la deuxième compagnie de milice, capitaine François Baby, pendant le siège mémorable de 1775. M. Pinguet fut marguillier de la paroisse de Québec et magistrat de la cité pendant un grand nombre d'années. Il mourut à Québec, respecté
de tous, ie 28 mai 1821, à l'âge de 81 ans. De son mariage avec Françoise Chauveau il eut, entre autres enfants, Luce qui se maria à Jacques Voyer et qui avait l'ardeur militaire de ses frères puisqu'elle suivit son mari sur les frontières en 1812-13, Louis-Basile, François- Xavier et Charles-Casimir.
Louis-Basile Pinguet, l'aîné, naquit', à Québec, le 6 mai 1777.
Le 28 mai 1812, sir George Prévost le nommait assistant adjudant-général des milices du Bas-Canada.
En 1821, Louis-Basile Pinguet était contremaître du guet.
Il mourut à Québec le vS août 185v3, à l'âge de 76 ans et 3 mois.
"Quoique possesseur d'une certaine aisance, il avait toujours vécu avec la plus grande simplicité, se refusaîît toutes dépenses superflues, afin d'avoir à sa disposition plus de moyens de secourir les pauvres."
Le deuxième des frères Pinguet, François- Xavier, naquit à Québec le 27 mars 1778.
Il mourut â Québec le 24 décembre 1820.
Sa veuve — Charlotte Mure, fille de l'honorable John Mure — se remaria à l'honorable Jean-Baptiste Taché, frère de sir Paschal- Ktienne Taché.
Charles-Casimir, le troisième des frères Pinguet, naquit aussi à Québec le 27 décembre
Dès les premières rumeurs de guerre
entre l'Angleterre et les Etats-Unis, Charles- Casimir Pinguet se fit donner une commission de lieutenant dans les Cauadian Fenciblcs, régiment prescjuc entièrement composé de Canadiens-Français.
A la bataile de Châteauguay, le 13 octobre 1813, Pinguet était lieutenant de la compagnie légère commandée par le capitaine Ferguson. Il seconda avec zèle et habileté les efforts de son capitaiîîc. Le Témoin ociiloirc lui en rend témoignage: "On n'a pas moins remarqué dans ce combat sévère, le courage et la bravoure du capitaine LaMothe, du département des sauvages, du lieutenant Pinguet, de rinfanterie légère (fenciblcs) canadienne "
Le lieuienant Pinguet écrivait à son frère quelques jours après la bataille de Châteauguay et sur le lieu même de ses exploits: "Je crois à présent qu'un homme est capable d'endurer sans crever plus de misère qu'un bon chien." (1) L'infortuné jeune homme se trompait car il prit dans cette campagne le germe de la maladie qui l'emporta quelques mois p us tard. Il mourut à Saint-Philippe-de-Laprairie, où son régiment était en cantonnement, le 13 juin 1814.
"Ses parents, dit la Garjeftc de Québec du 23 juin 1814, perdent en lui un parent affec-
(l)Deux des lettres de Charles Pinguet à son frère ont été publiées dans les Soirées Canadiennes de 1864. Celle du 21 novembre 1813 donne des détails précieux sur la bataille de Châteauguay.
tionné, les officiers de son régiment un ami sincère, et le service un officier qui promettait beaucoup.'*