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LES VAISSEAUX DE GUERRE FRAN- ÇAIS A QUEBEC DEPUIS LA CESSION

Le 18 octobre 1760, la iiûte la Marie mettait à la voile du port de Québec pour l'Europe. Elle emportait à son bord le général de Lévis et son état-major.

Tout près d'un siècle devait s'écouler avant qu'un navire de guerre portant à sa corne d'artimon le pavillon français ne remontât le Saint-Laurent.

Enfin, ne 1855, la Capricieuse, commandée par M. de Belvèze.viritait le port de Québec.

L'objet de la visite de M. de Belvèze. commandant de la division navale de France sur la station de Terreneuve, est suffisamment expliqué dans le passage suivant de sa réponse à l'adresse qui lui fut présentée par le maire de Québec :

"Absente depuis un siècle du fleuve Saint- Laurent, la marine française y revient pour renouer des relations commerciales longtemps interrompues, faire profiter notre pays des

progrès immenses de votre agriculture et de votre industrie, ouvrir à nos armateurs et aux produits du travail français une voie qui fut longtemps fermée à nos vaisseaux."

C'est le vendredi, 13 juillet 1855, à six heures, de l'après-midi, que la corvette la Capricieuse, remorquée par VAdvance envoyée par le gouvernement à sa rencontre, fit son entrée dans le port de Québec.

La terrasse Durham, les quais, tous les points qui avaient vue sur le fleuve étaient remplis d'une foule enthousiaste qui aussitôt qu'elle aperçut la corvette se mit à crier des hourrahs chaleureux.

Une fois ancrée la Capricieuse salua le drapeau de la citadelle de 21 coups de canons (jui lui furent rendus immédiatement.

Le lendemain, le maire de Québec, assisté du conseil municipal, du vice -consul de France, M. Ryan, et d'une foule immense, se rendit au quai de la Reine, pour y recevoir M. de Belvèze et lui présenter une très jolie adresse. Après la réponse de M. de Belvèze, tous montèrent en voitures et se rendirent à l'hôtel du gouvernement où les attendait le gouverneur-général, sir Edmund-Walker Head. avec son conseil et nn brillant état-major.

Le 18 juillet 1855, le commandant de Belvèze et une partie de son équipage assistaient à la pose de la pierre angulaire du monument élevé aux braves de 1760.

Pendant le séjour de son vaisseau dans le

port de Québec, M. de Belvèze visita Montréal. Ottawa, Kingston, Toronto. Trois-Rivières, etc., etc.

La Capricieuse leva l'ancre le samedi 25 août vers les dix heures du matin.

L'état-major de la Capricieuse se composait des officiers suivants:

M. de Belvèze, capitaine du vaisseau, commandant chef de la division navale de Terre - Meuve; I\L Gauthier, lieutenant de vaisseau, chei' d'état-major; M. Guiastrennec, lieutenant de vaisseau, second du bâtiment; IM. Crespin enseigne de vaisseau, officier d'ordonnance du chef de division: MM. Laisné et de Boreîy, enseignes de vaisseau; M. de Waresquiel, secrétaire du commandant en chef de la division de Terre-Neuve; M. Ripert. officier d'administration; M. Simon, chirurgien-major; M. Gauthier, chirurgien-auxiliaire; MM. Tanquerey, Bonnifet, Testard et Le Prévost, aspirants auxiliaires; M. l'abbé Lichou aumônier.

C'est pendant le séjour de la Capricieuse dans le port de Québec que Crémazie publia son ])eau poème Le vieux soldat canadien qu'il dédia aux marins de la corvette française.

Qui n'a chanté avec le poète expatrié alors qu'un vaisseau de guerre français est ancré dans notre port :

la France est revenue.

Au sommet de nos murs, voyez-vous dans la nue^ Son noble pavillon dérouler sa splendeur? Ah ! ce jour glorieux où les Français, nos frères. Sont venus pour nous voir du pays de nos pères. Sera le plus aimé de nos jours de bonheur.

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