LE PREMIER CAPITAINE DE PORT A QUEBEC
Le gouverneur de Frontenac écrivait en 1691 :
"Sur les avis qui nous avaient été donnés dès l'année 1679 qu'au préjudice des défences que nous avons faites de rien jeter dans le port et havre de cette ville qui pût l'encombrer et faire tort aux bâtiments qui s'y retirent on ne iaissait pas d'y contrevenir, nous jugeâmes à propos attendu que le lieu est fort resserré et qu'il n'y en a point d'autre plus commode aux environs de cette ville où les bâtiments puissent demeurer à l'ancre en sûreté, de commettre le s. Maheu pour faire les fonctions de capitaine
maître de port, et tenir la main à ce que personne n'y pût jeter aucunes pierres ni autres choses capables d'endommager les bâtiments, ce que le sr Maheu aurait empêché jusqu'à son décès arrivé en 1683. ..."
Louis Maheu, dont il est question ici, fut, croyons-nous, le premier maître de port de Québec.
Il était fils de René Maheu et de Marguerite Corriveau, et il était né à Québec le 12 décembre 1650.
Louis Maheu exerçait en même temps l'état de chirurgien.
Il décéda à Quéljec le 24 novembre 1683.
Maheu avait épousé une des filles de François Bissot, un des principaux habitants de la Cvôte de Lauzon.
M. J.-Edmond Roy raconte une mésa\enture arrivée à la veuve Maheu.
"Nicolas Daneau, sieur de Muy. capitaine d'une compagnie d'infanterie, et qui devait plus tard être appelé au gouvernement de la Louisiane, lui fit la cour. Il y eut promesse de mariage et les fiançailles furent solennellement arrêtées, lorsqu'un beau jour l'amoureux disparut tout à coup. On apprit au printemps de 1687 qu'il était sur le point d'épouser à Boucherville une fille de Pierre Boucher, ancien gouverneur de Trois-Rivières. Malgré les protestations de la belle délaissée, M. de Caumont, alors missionnaire à Boucherville, maria l'infidèle à mademoiselle Marguerite Boucher.
Un procès fut intenté en cour de Prévôté à Québec, on en appela à l'officialité de l'évêque, on fit saisir les gages de l'officier volage, le ]")rctre qui avait célébré le mariage fut sommé de s'expliquer. La position menaçait de se compliquer encore lorsque, pour éviter plus grand scandale, il fut convenu que M. de Muy payerait un dédommagement de 350 livres à la veuve et que l'aflfaire serait éteinte (Greffe Gilles Rageot). (l)