‹ Le vieux roiChapitre 4 sur 4 · LE SOLDAT · texte numérisé non relu

LE SOLDAT

Personne. Il est tombé dans ["escalier, au son de la cloche !

FLORAINE

Yoland ! Yoland !

YOLAND

Il entre lentement, regarde, dit, en élevant son épée.

Voici votre Roi !

TOUS

Vive le Roi !

GAUTIER, montrant le vieux Roi.

Tais-toi. peuple !... Mort ou vivant, il ny a pas ici d'autre Roi que Gildas.

YOLAND

Qui es-tu ?

GAUTIER

Celui qui relève l'épée du mort.

YOLAND

11 hausse les épaules et dédaigneusement attaque le Page.

GAUTIER

11 désarme Yoland et le transperce.

Gildas, j'ai tenu ma promesse.

TOUS Vive le Roi !

I FLORAlNE, se jetant vers Yoland.

Yoland ! Yoland !

YOLAND, expirant.

Tu m'aimais donc, Floraine ?

GUISLAINE

'^'est moi qui t'aimais, Yoland ! Moi ! Moi ! Ah ! J'ai payé cher ton amour, Yoland, et tu meurs sans penser à Guislaine ! Oh! Réveille-toi, Yoland, regarde-moi, parle-moi! Oh! ne sois pas mort!... Yoland ! Qu'au moins je jouisse de mon crime ! Yoland !... Ah !jour d'horreur !Je veux mourir aussi!

Elle saisit l'épée de Yoland et se tue. GERMAINE, se jetant sur sa sœur tombée.

Ma sœur! ma sœur! Oh! que tu es belle, ma

sœur ! Oh ! Oh ! Oh ! ma sœur est morte ! Mon cœur est mort !

Elle pleure.

FLORAINE

Elle se relevé et, tout en sanglots, montrant GERM\iNE,dit à Gautier:

Aimez-la, Seigneur. Moi,je serai son esclave. Si je l'avais écoutée, rien de tout cela ne serait advenu... Oh ! toutes ces faces pâles, tout ce sang, toutes ces larmes !... Aimez-la, Seigneur! GAUTIER, à Germaine.

Levez-vous, madame, et venez près de moi !

GERMAINE, obéissant.

Seigneur, me sauverez-vous de Thorreur de mon cœur?

GAUTIER

Si vous m'aimez, madame, vous serez sauvée.

FLORAINE, au peuple, montrant Gautier.

Voici votre roi !

GAUTIER, au peuple, montrant Germaine.

Voici votre reine !

FLORAINE

Vive le roi!

TOUS

Vive le roi !

La foule quitte lentement la salle.

FLORAINE

O Yoland, me voici donc ta prisonnière pour jamais, prisonnière sans espoir, prisonnière aux mains sanglantes et au cœur transpercé! Mon Dieu! Je veux vivre, afin d'être bien malheureuse, afin de souffrir beaucoup, afin de pleurer beaucoup, afin d'être l'esclave dont la seule joie est la pifié qu'elle inspire.

GAUTIER

Tu es notre sœur, Floraine.

GERMAINE

L'amour est ton excuse, Floraine.

GAUTIER Il y a eu aujourd'hui une grande tragédie, dans le royaume et dans mon cœur.

Mai 1897.

ACHEVE D IMPRIMER le huit octobre mil huit cent quatre-vingt-dix-sept PAR l'imprimerie DU

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