‹ Le vigneron dans sa vigneChapitre 22 sur 38 · LA PROMENADE DU CHIEN · texte numérisé non relu

LA PROMENADE DU CHIEN

Chaque dimanche, après déjeuner, Bargel dit à sa femme :

— Allons faire un tour, tu iras de ton côté avec les enfants, et moi j'irai de mon côté avec le chien.

— Mais, dit sa femme, situ voulais, nous sortirions ensemble.

— Le chien court trop, répond Barget, et vous ne pourriez pas nous suivre ; amusezvous bien; ici, Pyrame I

Comme Pyrame, joyeux de prendre l'air, gambade sur le troittoir :

— Beau! fait Barget, tu t'essoufUes, nous avons le temps.

D'abord il entre à l'auberge du coin, il

attache solidement Pyramc au pied d'une table et s'assied en face d'un vieil ami qui n'attendait que lui pour commencer la partie.

Tandis que son maître joue^ Pyrame se tient tranquille, lèche ses pattes, les retire quand on marche dessus, happe des guêpes, éternue, et dort oublié, sans rancune.

Les heures passent. Déjà la septième du soir va sonner et Barget regarde fiévreusement la pendule. Sa femme et ses enfants doivent être de retour et la soupe servie.

— Plus que deux parties, dit-il.

Puis :

— La belle et nous filons.

Puis :

— Celle des malheureux et je me sauve ! Et presque debout, les doigts mouillés

d'avance, il dit encore :

— Vite, la dernière des dernières 1 Cette fois, c'est fini, Barget détache

Pyrame et sautillant jusqu'à la maison afin do suer un peu, il ramène son chien de la promenade.

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