‹ Le vigneron dans sa vigneChapitre 35 sur 38 · MURMURES · texte numérisé non relu

MURMURES

La bêche. — Fac et spera.

La pioche. — Tu dia tovijours ça, mais moi aussi.

Les fleurs. -^ Fera-t-il soleil aujourd'hui? Le tournesoL — Oui, si je veux.

L'arrosoir. — Pardon, si je veux, il pieu* vra.

Le rosier. — Oh ! quel vent!

Le tuteur, — Je suis là.

La framboise. — Pourquoi les roses ontelles des épines? Ça ne se mange pas une rose.

La carpe du vivier. — Bien dit! C'est parce qu'on me mange que je pique, moi, avec mes arêtes.

Le chardon, — Oui, mais trop tard.

La rose, — Me trouves-tu belle ?

Le frelon. — Il faudrait voiries dessous.

La rose. — Entre.

Le pinson. — Je trouve l'hirondelle stupide : elle croit qu'une cheminée, c'est un arbre.

La chauve-souris. — Et on a beau dire, de nous deux c'est elle qui vole le plus mal; en plein jour, elle ne fait que se tromper de chemin. Si elle volait la nuit, comme moi, elle se tuerait à chaque instant.

Le mur. — Je ne sais quel frisson me passe sur le dos.

Le lézard. — C'est moi.

L'abeille. — Du courage 1 Tout le monde me dit que je travaille bien. J'espère, à la fin du mois, passer chef de rayon.

234 lE VIGNKRON DANS SA VIGNE

Les violettes, — Tiens! nous sommes toutes officiers d'académie.

Les violettes blanches. — C'est une raison de plus pour être modestes, mes sœurs.

Le poireau. — Est-ce que, moi, je me vante ?

L'asperge. — Mon petit doigt me dit tout.

L'épinard. — C'est moi qui suis l'oseille. L'oseille. — Mais non, c'est moi.

La pomme de terre. — Je crois que je viens de faire mes petits.

Le pommier (à son voisin d'en face). — C'est ta poire, ta poire, ta poire,... c'est ta poire que je voudrais produire.

Le geai. — Toujours en noir , vilain merle. Le merle, — Monsieur le préfet, je n'ai que ça à me mettre.

U échalote. — Oh que ça sent mauvais î Uail. — Je parie que c'est encore Fœillet.

La pie, Cacacacaca

La grenouille, — Qu'est-ce qu'elle dit ?

La pie. — Je chante.

La grenouille. — Couac.

Les deux pigeons. — Viens mon grrros, viens mon grrros, viens mon grrros

La taupe. — Taisez-vous donc là-haut!

On ne s'entend plus travailler.

L'araignée. — Au nom de la loi, j'appose mes scellés.

Les moutons. — Mée... Mée... Mée... Le chien de berger. — Il n'y a pas de mais.

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