‹ Le Vignoble Nord-AfricainChapitre 116 sur 216 · sur la France · texte numérisé non relu

sur la France

Il est bien évident que de telles statistiques n’ont pas une exacüUütude rigoureuse. Les vins et produits dérivés ne sont pas strictement vendus aux prix décomptés; les raisins subissent des déchets de transport; des tolérances hors douane, parfois importantes, sont accordées aux équipages des navires transporteurs, il y a des vols, etc. Mais néanmoins ces statistiques constituent des éléments sérieux d’appréciation. Et il est intéressant de constater que la moyenne des trois dernières années est à peu près 50 % c’est-à-dire le chiffre déjà trouvé par le calcul effectué sur une très longue période,

En face de ces données relatives à l’exportation des produits du vignoble donnons ceux de l’importation. Ils sont extrêmement modestes, l’Algérie ne réclame à la France qu’un peu de vin des plus grands crus; en 1914 par exemple, elle recevait de la Métropole 18.693 hectolitres de vin. Il faut ajouter à l’importation les vins ce liqueur, vermouths, apéritifs, quinquinas.

De sa récolte de vin, la Tunisie, comme l’Agérie, exporte la plus grande partie. Tous lès chapitres qui précèdent celui-ci et ceux qui suivront mettent en lumière la nécessité pour la Tunisie d'exporter, mesurent le contingent que le Code du vin lui octroie, expriment les

(6) L’Economie, numéro spécial consacré à l'Algérie, 29 avril 1948,

vœux des vignerons tunisiens, etc. Plusieurs années céficitaires viennent de se succéder et la Tunisie à vu ses exportations se tarir. Elie a même failli devenir importatrice de vin.

En 1947 la Tunisie n’a pu exporter en France que 50.000 hectolitres de vins ordinaires et 20.000 de vins séectionnés. En 1948-49, la Tunisie espère exporter librement de 200 à 250.000 hectolitres en Métropole.

La question est vitale et M. Chedeville pouvait écrire en 1945

« Une heureuse harmonie du nouveau vignoble doit assurer en premier lieu aux populations locales de bons vins de consommation courante pour l’exportation une gamme de vin sélectionnés et sévèrement contrôlés au départ; des vins de liqueur, des muscats, qui devront nous assurer l’accès des marchés étrangers et concurrenter sur le marché français les vins d'importation étrangère, Pour atteindre ce but il est indispensable, malgré la faiblesse de nos récoltes, de ne pas laisser d'interruption totale se produire dans nos relations avec la Métropole.

« La clientèle qui a été conquise par nos efforts, qui nous a accordé une fidélité méritoire, ne doit pas être délaissée et nous devons tout tenter pour la tenir en haleine jusqu’au jour où nous serons en mesure de l’approvisionner largement.

« Dussions-nous aller chercher des vins ordinaires en Algérie pour assurer la soudure de nos campagnes viticoles, importer de lalcool pour le vinage de nos misteiles et de nos vins de liqueur, il faudra qu'un contingent, même restreint, de bons produits tunisiens, continue à figurer sur le marché métropolilain » (7).

Quant à l'exportation sur les pays étrangers, même en période de surproduction, elle n’a jamais été importante, 30 à 40.000 hectolitres par an et, sinon sur la Belgique, elle n’a pas eu de courants réguliers.

On voit ainsi que l'exportation tunisienne de vin ne joue pas dans l'équilibre financier de la Régence un rôle comparable à celui que joue l’exportation algérienne. Quant au Maroc, on sait que sa récolte ne suffit pas à ses besoins.

Poursuivons donc notre examen pour la seule Algérie.

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