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IL’AU TE U R , place du Parvis-Noire-Dame , n° 22 ; Jcn Va" étr Meufen
PILLET aîné, imprimeur-libraire, rue des Grands-Augustins , n° 7; 28SP VVWiittmfch B'vrf C ARILL AN-GGEURY, libraire, quai des Augustin s , n° 41 ; Oevëh nd HèialVs '
BANCE aîné, marchand d’estampes, rue Saint-Denis, n° 214 ; Ohio 44! ja '**
RE Y et GRAVIER, libraires, quai des Augustins, n° 55.
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Washington £JiVdf< Cleveland Heights,
Ohio 441 lâ
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AVERTISSEMENT
La nouvelle traduction des Cinq Ordres d1 2 3 Architecture de J. Barrozzio de Vignole, que je présente aux Architectes et aux Elèves même dans ce bel art, méritera, je l’espère , leur confiance , par les soins que j’ai apportés à la rendre aussi fidèle que possible. Tout en suivant avec exactitude cet immortel auteur, si je me suis permis, dans la disposition des planches, quelques changemens , ou plutôt quelques déplacemens de choses, comme les impostes et les archivoltes, comme aussi quelques additions de plans de bases et de chapiteaux, ou autres détails que j’ai crus nécessaires pour plus d’intelligence et de régularité, ce n’est pas, je crois, une licence dont on puisse me blâmer, non plus que d’avoir ajouté des cotes pour les petites saillies à celles qu’il ne donne souvent qu’en grande masse, de même que l’addition de lignes ponctuées correspondant des plans aux profils, etc. ; toutes choses enfin dont j’ai moi-même autrefois éprouvé le besoin, et qui rendront l’ouvrage plus élémentaire (i).
Les remarques que j’ai placées au-dessous du texte de Vignole (2), pour chaque partie de ses Ordres , 11e sauraient être prises pour des commentaires , qu’ici je ne me serais pas permis, mais seulement comme des explications nécessaires, ou pour éclaircir le texte même de l’auteur, quelquefois sinon obscur, souvent du moins trop succinct.
Le module de cette nouvelle traduction est réduit, sur celui de l’original, de deux septièmes, pour mettre le volume au format in-quarto , d’un usage plus commode. Le cadre, sur la hauteur, est exact dans sa proportion réduite, au moins pour la plupart des planches, qui varient elles-mêmes dans leur hauteur; le mien est pour toutes le même; j’ai pris un peu plus sur la largeur.
Quoique j’aie donné les Cinq Ordres d* Architecture du meme auteur en cinq feuilles dans mon Parallèle , et sur une échelle commune aux autres
(1) J’ai cru devoir supprimer les détails qui servent de fond au frontispice, détails qui, dans un simple
trait, auraient pu apporter quelque confusion nuisible au cadre principal.
(2) Sur l’original , chaque planche porte son texte et le renvoi du nom des moulures. Comme, pour cette traduction réduite de deux septièmes, il eût été impossible de suivre celte marche, j ai dû pre
celle adoptée aujourd’hui pour tous les ouvrages d’art, en imprimant le texte à part.
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Ordres qu’il renferme, et qu’à quelques petits détails près ils soient exacts, je n’ai pas cru devoir hésiter de reproduire de nouveau, dans tout son ensemble et dans ses mesures naturelles, un Ouvrage aussi recommandable et si fort altéré dans le grand nombre d’éditions qui portent son titre, et qui ne sont faites, pour la plupart, que par spéculation, et avec lesquelles souvent, loin d’avancer dans leurs études, ceux qui les possèdent ne peuvent faire que des progrès lents, aucun des caractères particuliers à chaque Ordre n’y étant exprimé ou même indiqué que très - imparfaitement , puisqu’ils sont souvent inconnus à ceux qui se sont chargés de les reproduire. Je ne crains pas d’être taxé d’exagération dans ce que j’avance; car, excepté une traduction en quatre langues, avec gravures du même format que l’original, celle de Daviler , et deux ou trois autres ouvrages chers, usés ou rares, je ne pense pas que le reste mérite la moindre confiance, soit à cause de la petitesse des formats, soit à cause de l’inexactitude ou de l’incorrection du dessin, et tous se ressentent plus ou moins du tems qui les a vus naître. Ainsi , ils substituent au chapiteau ionique de cet Ordre, par Vignole, celui de Scamozzi, et beaucoup d’autres détails étrangers à l’œuvre même, que je ne rapporterai pas ici.
Cependant, pour appuyer ce que j’avance, je citerai Laugier, ce grand commentateur, qui, sous le titre modeste d? Essai sur V Architecture , a dit, éloquemment sans doute, de bonnes choses sur cet art, mais qui n’ont rien prouvé, sinon seulement qu’il avait le don de s’exprimer avec une sorte d’élégance entraînante, et peut-être persuasive pour beaucoup de lecteurs. Il s’est montré grand critique , mais nullement architecte, quand il a présenté ses Ordres d’architecture , ses plans et ses moyens d’exécution (r), ses colonnes accouplées, engagées même, quoiqu’il les repoussât. Il a prouvé enfin qu’il ne suffit pas de raisonner sur cet art, mais qu’il faut l’avoir exercé pour en parler sciemment; car, de tous les arts, celui de l’Architecture est peut-être le plus difficile , comme il est aussi le plus magique, le plus imposant, quand le génie et le goût sont en harmonie pour le diriger. Pourtant il faut rendre à Laugier cette justice , c’est qu’au moins ses remarques ont contribué à faire changer le goût des colifichets qui, de son tems, avaient une sorte de vogue en architecture. Cet art , depuis, a pris une physionomie plus mâîe, plus rapprochée des modèles antiques qu’on connaissait à peine, et qu’on recherchait peu. Des artistes, qui ensuite ont parcouru la Grèce et l’Italie avec des yeux observateurs, en ont rapporté un faisceau de lumières qu’ils ont répandues avec un tel éclat, qu’il a servi à relever ce bel art, qui, sans eux, serait encore resté long-tems dans le chaos.
(i) Essai sur T Architecture , par le P. Laugier, de la compagnie de Jésus. Ire édition , 175 a ou 53.
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Quelques innovations aujourd’hui ont une sorte de tendance rétrograde, et, quoique dirigées par des mains habiles, elles ne sauraient passer en principe. On ne peut prendre la maigreur pour de l’élégance, ni adopter toutes ces grandes ouvertures ou haies, qui, bien qu’imitees d’antiquités nouvellement découvertes , parce qu’elles convenaient à ces climats, ne sauraient convenir au nôtre. Ces ouvertures, dans peu, seront murées et réduites en petites croisées, et l’effet qu’on s’était proposé sera par conséquent détruit. Il faut donc laisser tout cet assemblage de grec , de romain et d’arabe mêlés ensemble , et prendre le style convenable au pays. Quelques artistes l’ont senti; aussi les édifices ou les maisons qui s’élèvent par leurs soins ont-ils l’assentiment général : pureté dans les probis, proportion dans les ouvertures, grandiose daus les masses, et harmonie dans l’ensemble.
C’est à vous, jeunes Elèves, à relever ce bel art, en suivant les préceptes et les exemples de quelques-uns de vos maîtres. Qu’on reconnaisse dans vos travaux la main habile (i), l’œil exercé; songez à la considération qui vous attend : car il ne suffit pas de bâtir une maison pour se croire ou se dire architecte, comme beaucoup le pensent et le font; il faut â l’œuvre prouver qu’on l’est réellement. Agréez ces conseils; ils vous sont donnés par un ami de l’art. Comme architecte, il est vrai que je n’ai presque rien fait qui m’ait mérité ce nom; cependant mes essais dans son étude, qui ont été couronnés plusieurs fois dans ma jeunesse, pouvaient me faire espérer de sortir de l’oubli. Mais les circonstances ne me furent point favorables , et me forcèrent à prendre une autre direction, que m’offrait quelque facilité et quelque habitude du dessin. La gravure au trait (2), que je n’avais regardée jusque là que comme un délassement, devint alors un état pour moi, et mon bonheur voulut que ce que j’ai lait dans ce
(1) J’entends ici le dessin de la figure, qui, pour tous les autres genres, donne une grande facilité. Il devrait toujours être la première occupation de celui qui se destine à 1 Architecture , quand il y est porté, ou par son goût, ou par une inclination naturelle : autrement, il n est toujours qu un artiste froid et souvent médiocre. Sans attendre le secours du peintre ou du sculpteur, il doit savoir fixer ses idées, les rendre même, et guider en quelque sorte la palette et le ciseau, s il veut que le caractère qu’il désire imprimer à son ouvrage soit toujours dans la même harmonie. Les mathématiques ensuite sont indispensables. On ne doit plus craindre alors que leur étude abstraite tende à rétrécir l’imagination. Ce n’cst plus par de froids calculs qu’on se rend compte de ses idées; c est, au contraire, pour vaincre les difficultés, pour joindre la hardiesse à la solidité.
(a) La gravure au trait , jusque là, n’avait été admise que comme un aperçu , un souvenir, poui ietracer à peu de frais, soit en peinture, soit en architecture , mais avec assez de vérité et de précision, tout ce qui pouvait intéresser dans ces ans, et rendre par ce moyen leurs progrès plus faciles. Ce simulacre de la gravure à l’eau-forte devait exprimer, autant que possible, la gradation, depuis le point éclairé jusqu’à la partie ombrée , et le burin n’y devait avoir aucune part.
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genre fut souvent accueilli. C’est la confiance dans cet encouragement bienveillant qui m^a enhardi à mettre à profit, pour l’étude des autres, ce que j’avais acquis par mes travaux , ayant pu juger ce qui manquait pour les faciliter. Si ce dernier Ouvrage avait quelque succès, tout en rendant hommage à l’auteur que j’ai traduit, ce serait pour moi la récompense la plus douce.
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Dessinées et Gravées par CH1™ NORMAND .
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PRÉFACE DE FIGNOLE.
Je dois, cher lecteur, yous exposer le plus brièvement possible les motifs qui m’ont déterminé à faire ce petit Ouvrage, l’utilité publique d’abord, et ensuite le désir de satisfaire les personnes qui s’adonnent à l’Architecture.
Ayant exercé cet art pendant bien des années , et dans divers pays , je me suis toujours plu à en examiner l’ensemble, les effets et les détails; toutefois, je m’en suis référé, suivant ce qu’ils m’inspiraient, aux différens auteurs qui ont écrit sur les proportions et les ornemens des Ordres d’architecture antique, avant que de me déterminer à en former une règle certaine dans laquelle on pût avoir confiance , sinon en tout, du moins dans la plus grande partie, car je n’ai d’autre intention que de faciliter la connaissance de leurs diverses proportions pour en faire l’usage que bon en semblerait.
Pour parvenir au but que je me proposais, je ne me suis pas embarrassé des divers sentimens des auteurs que j’avais consultés, ne les ayant pas toujours trouvés d’accord entre eux. J’ai donc cherché à m’appuyer sur des autorités plus respectables. L’antique était devant moi, j’ai dû l’examiner, chercher à saisir les proportions exactes parmi les divers Ordres d’architecture que l’on voit à Rome. C’est ainsi qu’après avoir considéré avec attention les édifices dont ils sont le plus bel ornement, et après les avoir mesurés avec toute l’exactitude dont je suis capable, je me suis convaincu que les proportions qui, au jugement des connaisseurs, paraissaient les plus belles, et qui se présentaient aux yeux sous l’aspect le plus agréable , avaient entre elles une correspondance et un rapport sensible ; que les petits membres servaient à faire valoir les plus grands, qu’ils s’y trouvaient un plus grand nombre de fois, et contribuaient à la grande harmonie dont l’œil était satisfait. J’ai donc travaillé pendant plusieurs années, et avec tout le soin et la combinaison possible, pour présenter les cinq Ordres d’architecture sous une règle abrégée, constante, expéditive, et voici comment je m’y suis pris pour en venir à bout.
L’Ordre dorique, par exemple, me parut le premier que je pusse assujettir à ma règle, après avoir observé celui du théâtre de Marcellus à Rome, qui était regardé par les plus habiles architectes comme le mieux proportionné. L’ayant donc choisi pour fondement de cet ordre, lorsque j’ai rencontré quelquesuns de ses plus petits membres qui ne me paraissaient pas se rapporter avec les proportions des nombres (ce qui arrive quelquefois par la faute du sculpteur, ou par quelques autres causes, qui cependant peuvent occasioner les différences considérables que je remarquais, surtout dans les plus petites parties), j’ai dû les assujettir à ma règle, dont je ne me suis jamais écarté pour les choses importantes. Dans ce dernier cas, j’ai pris le soin de justifier les petites licences que je prenais par l’autorité des autres Ordres de même espèce , qui avaient aussi l’assentiment des connaisseurs , et sur lesquels je rectifiais