DE LA FONDATION DES BATIMENS
retraite en partant du sol du premier étage qu'on nomme fruit ; on dit dans l'usage donner du fruit ; celle retraité so fait seulement à l'extérieur; l’intérieur doit être d'aplomb. On l'obtient de cette manière pour l'élévation des murs au-dessus du rez-de-chaussée. Suivant l'épaisseur qu'on veut leur donner sous le comble , on divise cette retraite par hauteur d'étage , dont on. monte les angles sur une ligne, alors inclinée , et sur lesquels on dirige le reste.
Fùj. 5 . Malgré la différence et la qualité des matériaux dans les divers pays, le prinçipe doit toujours être le même pour tous , c'cA-à-dire quo l'épaisseur des murs doit toujours dire relative à leur hauteur. Ou donne ordinairement aux murs du face des maisons de trois ou quatre étages, do i pied 6 pouces à a pieds , aux murs do refends et de cléturo de 16 à 18 pouces , aux murs ou parpaing , portant les pans de bois , ou cloisons en charpente, de io , i ■ à 12 pouces, suivant l'épaisseur des bois ; les murs do fondation doivent toujours excéder nu moins d'un pouce et demi do chaque cétc les murs qu'ils supportent à la hauteur du sol. Les pans de bois suivant leur hauteur ont du huit à neuf pouces d'épaisseur ; les cloisons , ou pans de bois intérieurs , de sept à huit pouces ; et enDn les simples cloisons de distribution , depuis six pouces jusqu’à deux pouces de même épaisseur. Voilà à peu près les règles générales desquelles ou ne peut s'écarter.
Un mur de doux pieds d'épaisseur suffit pour reoevoir la retombée des voûtes de caves, soit en plein cintre , soit de forme elliptique.
Suivant la nature du sol où l'on bâtit , quelquefois la pierre y est abondante , quelquefois aussi c’est le moellon, la brique ou le grès , et le plus souvent encore on bâtit les murs partie en pierre, en meulières ou en briques. Mais quel que soit l'usage ou la matière avec laquelle on construit un mur , il faut toujours que les lits en soient horizontaux , et que les joints soient perpendiculaires ct*ne se rencontrent ni sur la face , ni dans l'épaisseur , mais toujours au milieu de la pierre qui est au-dessous , et l’on suit la mémo pratique à mesure qu'on élèvo son mur. Les angles et les chaînes destinées à supporter les poutres , ou à recevoir la rotombcc des voûtes, s'ils no peuvent être construits en pierre de taille , doivent r être' faits avec les plus forts moellons toujours par lits , comme s'ÿs étaient en pierre aillée. ' ' ' .
STÉRÉOTOMIE
Du 'Trait et du développement de i Voûte t en berceau et det Voûtee elliptiquci.
Ayant da passer k In construction des voûtes en berceau , il nous a paru nécessaire do donner une idée du développement de leurs claveaui; et les moyens d‘en connaître toutes les faces, soit apparentes, soit sur icurs joints. Les exemples que nons avons choisis seront très-faciles à comprendre, étant les plus simples que l'on puisse proposer, et so rapportant par l'ensemble de leur forme h cc que l'on construit le plus ordinairement , même pour les maisons particulières.
La fiÿ. i". présente une voûte en plein cintre , composée de cinq claveaux semblables en ce que la voûte portant la meme épaisseur dans sa circonférence , le développement d’un seul suffira pour les avoir tous. La quantité des claveaux, suivant le diamètre, ne change rien à leur forme; ainsi les cinq claveaux, y compris la clé dont so composé cette voûte, pourraient être , pour un plus grand diamètre, divisés en onze claveaux et davantage, et l'on aurait toujours lo mémo résultat dans leur coupe ou leur développement.
Il sera facile à l'élève de s’essayer sur celle-ci, sans employer autre chose quo du carton mÿfce. Après avoir dessiné son cintré et son plan au-dessous pour en avoir l'épaisseur ,
1 il divisera la moitié du diamètre, intérieur ou extérieur, en cinq parties égales, dont la première reportée de l'autre oèté de l'axe du cintre lui donnera la largeur de la clé, et la troisième la séparation égale des deux autres claveaux, de chaque côté au-dessous do la clé. Nous indiquons celto manière de diviser un ointre, parce que le milieu de la clé tombant toujours à plomb de l'axe du cintre , il convient -de suivre cette méthode de divisions par la moitié de chaque pierre formant les claveaux pour en avoir une division exacte et régulière.
Le plau et l'élévation ainsi tracés , et les rayons des claveaux conduits exactement au centre de la voûte, il faudra prendre la largeur de la clé par dessus, au moyen des divisions que nous y avons marquées , jtarce quo la partie en est courbe ( prévenant qu’on ne peut obtenir le développement quelconque d’une courbe sans en subdiviser le contour). Ayant ainsi cetto largeur, vous la porterez sur le carton telle qu'on la fig. a. Vous prendrez ensuite l'épaisseur de la voûte sur 1 <f plan a-b ot vous aurez la forme de la tète de votre clé e. Vous prendrez ensuite l’épaisseur d’un des côtés d que vous placerez en suivant, et continuant de mémo pour lo dessous e de la voûte et puis le côté opposé /"qui, avec celui déjà levé rf, formeront les deux joints, ce qui vous donnera quatre côtés do votre clé , le dessus , le dessous et les deux joints. Pour en avoir les parcmens, il faudra prendre du sommet o de la voûte la distance jusqu’à son centre^, lg reporter sur l’épure, et de cc point tracer la courbe du dessus e et colle du dessous h-e dont vous abaisserez les deux extrémités données par le dessus et le dessous de la voûte au point g, et vous aurez votre
STÉRÉOTOMIE
développement. Vous découperez ensuite votre carton au pourtour, suivant votre tracé, et après votre développement de la moitié ale l'épaisseur du carton sur toutes vos lignes , vous rapprocherez choque partie , en los ployant sur elles-mêmes, et vous verrez votre clé toute formée.
Fig. 3 . Cette figure dont le cintre est de forme elliptique, ou en anse de panier , portant tableau', feuillure et ébrasement parallèle , après avoir conçu et exécuté la première figure , paraîtra moins difficile ; il no s’agira que d'en suivre le tracé et le développement de la clé pour concevoir celui du voussoir ou contre-clé que nous avons pareillement dévoloppé.
Avant fait votre ellipse par los trois points donnés , et divisé vos clavcauz de la même manière que dans la figure précédente, et ayant marqué la hauteur des joints qui viennent les couper, vous tracerez, ainsi qu'en la fig. 4, le dessus do votre clé, prise sur le plan a b et sur la fuce c d. Vous portcrc.z ensuite de chaque côté du parement et des joints sa hauteur jusqu'à la crosscttc a, dont vous marquerez la retraite sur le parement et le développement au joint de crossetle a. Vous prendrez ensuite la distance dupuis le centre f de l’arc jusqu'au sommet do la clé g que vous porterez d'un côté et de l'autre de votro développement, puis vous abaisserez les deux joints de la clé au point de centre f. Et prenant sur l'élévation du môme point de centre f sous la voûto h et le reportant sur vos joints abaissés, vous atirez la longueur de votre clé sur la face , et celle du côté opposé qui deviendra plus courte par rapport à la feuillure t'. De ce môme côté vous tracerez la largeur do l'ébrasement k puis sa . profondeur l, dont le rétrécissement d'un côté vous sera donné, soit par l'enfoncement de la môme feuillure ponctuée sur la face c et t', soit en portant du bord môme do l'ébrasement rn sa dislanoc jusqu’au centre f, prise sur l’élévation sous la clé h, ensuite vous y joiudrez la largeur du tableau n. 11 vous restera donc à ajouter les deux côtés , ou paromens do la clé , pris au-dessous des crossettes ; leur longueur est * donnée par le développement o-e. Vous y indiquerez le tableau n , la feuillure l et l'embrasure k; et découpant ensuite comme vous avez fait pour la figure préccdcnto , vuus aurez le résultat de votre opération. . ,
Pour cello du voussoir ou do la contre-clé , fig. 5 , après avoir pris sur le plan la profondeur de la tôte du claveau a h et sa face 1 et 2 sur l’élévation , vous ajouterez la ligne du centre de la voûte prise de la tête du claveau 1 sous la crosscttc , et vous la tracerez perpendiculairement et parallèlement à la profondeur de la tète du claveau 1-1 , de ces mêmes points 1-1 , prenant sur la face tracée sa distance jusqu'au centra f de la voûte , vous la marquerez sur cette ligne de milieu d'un côté et do l'autre» et vous y abaisserez los lignes de rayon formant le joint 1 1 0 à la clé. Ensuite la lurgeur du claveau 3 sous la voûte , avec la différence des deux centres que vous porterez sur la ligne du point 4 » au centre f pour avoir luxe du petit rayon 4 . ensuite la crossetle 5 , la hauteur de l'assise 6 que vous reporterez en suivant , plus , la profondeur de la crossctte 5 , celle du rayon de joint 3 . La même opération répétée du côté opposé est indiquée par la portion de cercle ponctué , ensuite la largeur du tableau n , celle de la feuillure l i , dont le pli se prend depuis le dessous •du tableau c « sous le centre de la voûte, porté sur la ligne d’axe en f, et ensuite la largeur de l’ébrasement k , et vous découperez comme vous aurez déjà fait pour les autres claveaux.
Nota. Pour' no point embarrasser par les noms propYcs , nous avons dit généralement
MAÇONNERIE. ’ n
le dessus et le dessous do la voûte; mais le dessus, sur la clé, se nomme extradai , et le dessous intrados pu doueüe.
MAÇONNERIE. *' # ■
Des Voûtes de caves cl des Arcades, des Parement et des Refonds , des Baies de croisées , etc.
LA nature du so\ sur lequel on .se propose de bâtir ne saurait trop attiror l'attention, bien qu'en quelque lieu que l'on édifie , dans les villes ou dans les campagnes , les terrains sur lesquels ou a déjà construit aient mis à portée d'en juger. Cependant nous devons recommander de ne pas toujours s'y confier sans autre examen. Il vaut mieux , appelant l’art à son secours , prévenir la nature d’un mauvais sol , que d'en éprouver tût ou tard les mauvais filets. On peut asseoir avec sûreté , sur le roc , le gros sable, mêlé de terre , la terre franche et les terrains pierreux. 11 y a des sols qui ne paraissent pas avoir une grande consistance , et qu’il fuyt beaucoup ereuser pour trouver le bon fond : avant de rien entreprendre il faut, pour yen assurer, faire «sago de la sonde, ou en creusant un puits, et l'on y remédie en établissant des plates-formes (voyez PL 9, Fig. 9) en charpente , ou des grillages en doublant do largeur les .plates-formes , sur lesquels on élève les fondemens avec le plus d’uniformité possible , afin que tout le bâtiment prenne un tossemeut égal, et dans les terrains un peu marécageux on enfonce des pilotis pour supporter ces mêmes plates-formes ou grillages, comme on le pratique ou pour les ponts ou pour les quais aux bords des rivières. Ces pilotis sont des pièces de bois .rondes ou carrées . que l’on coupe en pointe d’un côté , et que l'on ferre ensuite , do peur que le bout de la pointe que l'on enfonce venant à rencontrer des pierres ou dos cailloux , et s'émoussant , refuse d'entrer plus avant. Renvoyant à ce "que nous avons déjà - dit de la figure 4°. planche 1", relativement aux fondations des bètiraens . nous ajouterons qu'il faut que les premières assises en soient faites en bons libages , sur lesquels il faut placer de forts moellons bien ebousinés à bain de mortier , chaux et sable , ou de quelque autre matière que l'on emploie pour lier leur construction , et quelle n‘y soit point épargnée , pour en former *m corps solide. Le bon mortier doit être fait do cette manière : Un tiers de chaux sur deux tiers de sable do rivière , ou autre , pur et net , sans limon. Le mortier sera préparé la veille ; la chaux éteinte au moins quinze jours d’avance. (Nous observerons que le plâtre ne' convient point pour les fondations des murs eu général.) I.es fondations élevées ainsi jusqu'à la hauteur de trois ou quatre pouces au-dessus du sol des caves , si c’est de la pierre que vous devez employer pour les murs de votre bâtiment , vous pourrez à celte hauteur en poser la première assise , ou continuer en moellons , ou de toute autre matière en usage suivant les lieux , pour lai construction de vos murs.
ta • MAÇONNERIE.
Les Toutes do cares sont, ou de formo demi-cylindriques , ou ovales et elliptiques , ou d'une portion de cercle à angle ouvert sur les murs qui les reçoivent. Celle que nous représentons est do forme dcmi-cjlindriquo.
Fig. i* r . Cette voûte est moitié construite en pierre et moitié en moellons; les murs qui forment les paremens de la première j sont chacun en rapport de construction. Les reins en sont remplis avec des moellons , formant uno sorte de blocage qui donne de la consistance à la voûte , se liant aux murs qui lui servent de butée , et dont la force s’accroît en raison de leur élévation. Ainsi il faut donc , autant que possible , cintrer les caves sur les points qui doivent présenter le plus de résistance à la voûte , et le moins possible sur les murs do face.
La première pierre a , élevée- au niveau de l’axe du eintre , se nomme sommier ; les autres b voussoirs , c contre-clés, d clé. L'autre moitié est cintrée en moellons qu’on nomme piqués, parce qu'ils sont dressés grossièrement, ou on moellons ordinaires, le plus possible appareillés de grosseur et bien liés , & recouvrement les uns sur les autres. Nous avons pratiqué sous la voùto uno baie do porto voûtée en arc do décharge c. • ■
Fig. 2 , montre une moitié d’arcade cintrée en briques.
Fig. 3, présente une autre muitié d arcade construite en pierre, élevée sur pied-droit; ses assises sont à refends triangulaires. Le cintre se compose d’un sommier, coussinet ou premier voussoir f, voussoir à crossette g , contre-clé â crossetto A , clé », et crossettes k. .
Fig. 4 . donno la manière de construire un mur en pierre do taille formant retour d’équerre , chaque assise en recouvrement , et les joints avec démaigrissement l pour faciliter leur scellement. ,
Fig. 5. Autre mur , partie en pierre et partie en moellons , avec des harpes pour la mitoyenneté.
On construit encore des murs en carreaux do pierre à deux paremens , dont on remplit l'intérieur en blocage de moellons. Comme dans l'intérieur ou l’épaisseur du mur, cette pierre est brute et sans forme déterminée, il faut en faire les joints en retour d’équerre sur lo parement pour son appareil, qui peut être régulier ou formé suivant la grandour des carreaux , mais toujours à recouvrement *
Fig. 6 . Diverses sortes de refends : i , joints figurés; 2 , refends carrés; 3, bossages; 4 , bossages à joints ; 5 , bossages à grains d’orge ou triangulaires ; 6 , à pointes do diamans.
Il faut’ observer que lorsqu’on emploie des refends aux angles des édifices ou des maisons particulières , lorsqu'ils ne sont pas sur pno mémo ligne verticale formant en quelque sorte des pilastres sans bases ni chapiteaux, et qu’on les fait alternativement un court et l'autre long , il convient alors que eo soit toujours un long sur lequel pose immédiatement la corniche ou l'architrave d’un entablement lorsqu'il est complet II faut de même, par lo bas, en placer un long au-dessus d’un soubassement, d’un acrotèro ou d'un simple socle ; autrement , si l’on terminait par un refend court qui en supportât un long, ce dernier paraîtrait être en bascule ou en porte-à-faux, co qui est contre les règles de l’art
Fig. 7 . Deux sortes de plates-bandes en pierre , extradossées , formant le haut d’une