SCÈNE VI
DUPUIS^ éclatant.
Je Yous chasse^ Marianne!
MARIANNE
Hein?
MADAME DUPUIS^ sévèrement.
Allez vite en bas^ ma fille.
DUPUIS
Je TOUS chasse ! Quand ce serait le dernier mot que je dirais dans ma maison^ il sera obéi! je vous ohtssel (Mariann« tort
par le fond.)
DUPUIS^ à sa femme.
C'est votre faute , aussi ^ ma ehàre amie. Vous laissez vos domestiques se mettre vis-à-vis de vous sur le pied d'une familiarité déplacée ^ — et voilà ce qui arrive ! Vous avez entendu que j'ai chassé cette fiUe ?
MADAME DUPUIS
Oui^ mon ami. — Je lui forai son compte demain matin ^ si tu ne reviens pas sur ton arrêt,
DUPUIS
Si je ne reviens pas ? Est-ce ma coutume de changer d'avis toutes les cinq minutes? Suis-je une girouette? ou me juget-on assez afiaibli pai* l'âge pour me laisser faire la leçon chez moi par mes valets?
MADAME DUPUIS
De grâce, mon ami, pas un mot de plus là-dessus : — elle
sortira demain, (parlant vite, elle va sortir et reTÎent sur ses pas *.) Mais
je voudrais savoir, Georges, si tu as bien tout ce qu'il te faut... Permets-moi de jeter un coup d'oeil sur cette malle, veux-tu? Les hommes ne sont pas grands connaisseurs en matière de nippes, et il suffit en voyage d'une niaiserie qu'on ne retrouve pas pour vous irriter toute une jom'née... Je sais bien qu'on peut acheter ce qui manque; mais à quoi bon, si on peut s'en dispenser?.. (Gaiement.) Et puis cela vous fera penser à moi le long de la route, vagabond!
^ Bouvière, madame Dupuis, Duiiuis.
DUPUIS
A ta guise, ma chère... Voici les clés. (Madame Dupuis sort par
la porte de gauche.)