‹ Le vinChapitre 8 sur 26 · PROPOS DE TABLE · texte numérisé non relu

PROPOS DE TABLE

L'amour est comme un crû de Bourgogne, et bien même Il faut souvent du vin pour avouer qu'on aime. Je t'aime, — ces mots-là sont tout simples alors; C'est une explosion du cœur, des sens, du corps! Est-il rien, en effet, qui mette un homme à l'aise Comme un vin naturel quand un secret lui pèse? A peine en lui sent-il ce bon vin remuer, Que les beaux sentiments se hâtent d'affluer...

Il faut, lorsque le vin ouvre nos yeux, qu'on voie Les choses et les gens au travers de la joie... Les chiens en se flairant perdent leur sérieux. Les oiseauo: titubant vont balayant les deux. Lorsque d'un coup de queue, un goujon qu'on voit luire Fait l'onde se rider, on croit qu'il la fait rire. Des arbres épuisés de rire en sont tord.us; D'autres en ont leurs troncs êcarquillés, fendus. Des cabarets bien peints sont, dans les paysages, Riants, épanouis, comme de bons visages...

y où vient qu'un magistrat n'a jamais l'air content ?

7ne cave de juge a du renom, 'pointant.

Pourquoi les sénateurs, tous impérialistes,

M grassement payés cependant, sont-ils tristes ?

y est que, — gens panachés, — sans se reprocher rien,

ls sentent vaguement qu'ils n'agissent pas bien...

Dar une bonne mine, ô vin puissant, remplace Leur moue; un singe seul doit faire la grimace...

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