‹ Le Virgile travesti en vers burlesques (volume 2)Chapitre 48 sur 116 · LIVRE m. m · texte numérisé non relu

LIVRE m. m

Cependant ^ malgré la nutt sojfntiM ^ ^

De gros brandons qui perçaient f «iIllNré »

Ifous faisaient voir clair & minuit.

le ne vous dirai rien du bmit /

Mais bien que jamais en ma vie

De dormir Je n'eus moins envie.

L'aurore vint le lendemain ,

Et rendit le temps plus humain ,

Couvrant la terre de ses larmes ,

Pour parler langage de Carmes.

Lors sortit d'un bois éloigné

Un portrait fort mal dessigné ,

Et d'une méchante manière;

Épouvantait de chenevière.

Et qui n'avait crin sur sa peau »

Qu'en quelques endroits en lambeatt ,

Où mainte épine était tissue »

La peau contre les; os cousue »

Pâle , sec et défiguré ,

Gomme un corps de terre tiré. .

Par ses lon^ cheveux et sa barbe ^

Et par le resté de son garbe ,

Il fut de nous Grec reconnu ,

Jadis avec les siens venu

A la destruction des nôtres.

Voyant qu^il nous prenait pour d'^aotresl

Et que nous étions Phrygiens ,

II s'écria : j'en liens! j'en tieni !

Et voulut retourner arrière j

Hais , suivant sa route première ,

Il vint en tremblant devers nous,

Et se mettant à deux genoux ,

Il nous dit d'une voix cassée «

D'un débile e3tomac poussée.

Ces tristes mots en son patois; O Troyaas , nobles et courtois , Par les puissances souveraines , Par vos parrains, par vos marraines.

Par ce que vous avez de cher ,.

Épargnez , de grâce, ma chair.

Il est vrai , ma race est Grégeoise j . Si c'est assez pour avoir noise Avec vous aux Grecs courroucés, .

Dépecez mon corps , dépecez , De bon cœur je vou.s Tabandonne , Et veux que Dieu vous le pardonne.

Je vous serai trop obligé De n'être pas tout vif mangé j Car hélas! en cette île étrange Mêm^§ans sel les gens on mange;

Il nous dit ces mots en pleurant , Serrant mes genoux , m'adorant.

Je lui dis qu'il eût bon courage-, Qu'il nous déclarât son village , Son nom, sa fortune, et par où , Pour faire ainsi le loup-garou , Il se trouvait dans la Sicile.

Mon père dont rame est civile.

Autant que celle d*un trompeur , L'exUort^ de n'avoir pas peur , JEt dit qu'on lui donnât à boire , , Du pain , du fromage , une poire.

A ces mois le pauvre étranger Fut vu visiblement changer.

Et reprendre un peu son visage , Et puis II nous tint ce langage , Sur son chapeau jouant des doigts:

C'est bien Iq çq que j'atiendois

De nation si généreuse , Qui devrait être plus heureuse. . '

Or, messieurs , pour vous obéir. Je ne veux mon pays trahir, Ni mon nom, ni mon origine, M'en dussiez- vous faire la mine. - Je auis d'Ithaque en Itbaquoîs, ' Sujet d'Ulysse le Narquois , ■ • i

Un des chefs du peuple d'Aulîde; ' - ' Pour mon nom c'est Achéménide , Mon père Adamaste , un vieillard Qui n'eut jamais vaillant un liard , Et pourtant est bien gentilhomme , - Je ne me pus pas sauver, comme > ' Mes compagnons plus lins que moi.

Qui me laissèrent plein d'émoi , Chez le cyclope anthropophage, ' Un grand vilain pour tout potage, Qui d'un homme fait un morceau , Et s'enivre comme un pourceau .

Il était ivre quand mori maître , Qui tient toujours un peu du traître; Lui fit un assez mauvais tour , *

Le privant pour Jamais du jour.

Or , pour revenir à ce diable, • En son manoir épouvantable '

On ne voit que sang répandu. ^ Il n'avait qu'un œil , le pendu ; • ' Mais cet œil n'est plus dans sa tête, Dont jour et nuit il se tempêté 5 '

Cest un barbare sans pitié , • '

Qui ne sait que c'est qu'amitié^ '

Quoiqu'elle est bien longue la face Dont il fiiit très*laide grimace,

Itt L'ÉNÉmfi TRAVESTIE.

Elle tient de celle d'un ours , ^

Il ne rit point, gronde loujours.

Ce désolateur de campagne »

Est aussi grand qu'une moDiagnef.

Gourmand, si jamais il en fût,

A qui toujours l'haleine put.

Je Tai vu , cet épouvantable,

Prendre un mien ami par le râbl#

Et le croquer comme un lardon »

Et puis , Dieu me fasse pardon ,

Prendre un autre sien camarade ,

Et lui donnant une iroissade.

Contre le roc de sang enduH ,

Gomme Tautre, sans être cuit, . . . .1

Le gober en buttre à Técaille , . /

Os, chair, tripes, boudins, entrailles*

Pai vu le sang se répandant,

A ce grand diable à la grand'dent.

Le long de sa sale mâchoire ,

De sang figé , roMgeâtre et noire i

J'ai vu des membres palpiter

Et dans sa bouche s*agiter

Tandis qu'il les mangeait encore»

Il ne mange pas , il dévore ,

Et le fait tant avidement,

Qu'il s'engoue ordinairement.

Ulysse, affligé du carnage

Que faisait cet anlbropophage,

Ce maître avaleur de pois gris

Reprend à la fin ses esprits ^

Il fait si bien qu'il apprivoise

Cette nature raba]oise>

Lui fait boire du vin sans eau^

Non pas pour un simple toflneam

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