LIVRE IV
Duquel après l'on fait grillade.
C'est à la mort faire bravade :
Pour moi je ne le ferais pas , Elle ne vient qu*à trop grands pas , Cette demoiselle édentée y Sans être ainsi de nous hâtée :
Outre que qui se tue ainsi^ Court risque d'être sans merci Traîné tout nu sur une claie.
Et c'est pour cela qu'elle essaie De mourir de quelque trépas , Pour lequel on ne puisse pas L'exposer en place publique, Gomme au Seigneur Caton d'Utlqne On eût fait , si de sang rassis Parmi nous il se fût occis.
Voulant donc jouer de son reste , Pour couvrir ce dessein funeste, Elle fit appeler sa sœur, A qui d'une feinte douceur^ Cachant sa mortelle pensée , Elle dit : « Il m'a donc laissée ,
L'ingrat, le Turc, le vagabond t
A sa parole il fait faux bond!
Mais je veux bien perdre une oreille
Si je ne lui rends la pareille ;
Ou je le ferai revenir :
J'ai trouvé pour y parvenir,
Si je ne me trompe , une voie
Qui te causera de la joie.
On m'a certain avis donné,
Dont j'ai l'auteur bien gucrdonné :
Car il en a reçu cent Jules, « Et l'ai, fait valet de mes mules.
9ik L'ENÉIDE TRAVESTIE.
a Cet homme donc que je te dî, « Qui n'est pas un homme étourdi , « Des confins de l'Ethiopie «r Où le ciel sur Atlas s'appuie »
« Pays des noirs Massiliens, « La plupart grands magiciens, « Me fait venir une sorcière » « Qui fut nul refois chambrière « D'Hespérus, et menait» dit-on»
« Tous les jours pisser son dragon , « L'appâtait, lui donnait à boite, « Avec quatre mots de grimoire, « Le rendait doux comme un agneau, « Prodige en serpent très-nouveau.
« Au sabbat elle est la première, « Et du bouc noir la familière :
« Des morts elle fait des vivants, « A des farfadets pour suivants :
« Un cerlain balai qu'elle monte •t En vitesse un cheval surmonte^ « Il vole comme un tourbillon.
<( Elle est du diable postillon ; « Il tonne lorsque bon lui semble, « Pleut, grêle, et vente tout ensemble: « Sait bien faire tourner le sas , « Fait venir la lune îci-bas, « Et descendre dans les campagnes « Les arbres des hautes montagnes.
« Elle fait de petits marmots, « Sur lesquels disant quelqu^es mots, « Elle porte Tamour dans l'âme « Tant de l'homme que de la femme.
« Sous elle la terre mugit.
Quand sa verge puissante agit^