ACTE DEUXIÈME
tire lentement un volume et le lui tend) Merci... Qu'est-CO
que tu fais, Germaine ? Tu comptes les étoiles ?
GERMAINE, faiblement.
Non... je regarde.
MICHELINE
Jusqu'à ce que tu prennes froid? Imprudente ! (Elle se rapproche de Germaine, se débarrasse de son écharpe et, en lui enveloppant les épaules.) T.ienS I... Ct
maintenant, rôve à ton aise. (Eiie prend son livre, et,
en se dirigeant vers la porte.) Rc-bonSOir, noctambules! JACQUES.
Bonsoir.
Elle sort. Un long silence. Jacques s'assied. Germaine ne bouge pas, elle pleure. Un coup de feu, puis un cri perçant, un cri sinistre, déchire la nuit On entend- la voix de Micheline : « Robert vient de se tuer! au secours! s Epouvanté, après le coup de feu, Jacques est resté comme cloué sur place. Il se précipite. Madame Fortier entre.
JACQUES
Robert vient de se tuer!
11 sort.
MADAME FORT 1ER, en s'avançant vers Germaine qui se lient debout, le regard fixe.
Ce n'est pas vrai. dis?... ça... n'est pas vrai?
Germaine... Germaine... que s'est-il passé? Que s'est-il passé?... Mais réponds donc, que s'est-il passé?... Tu vois bien que j'ai peur!
(A Jacques qui entre.) Eli bien ?
JACQUES
Oui... Oui...
Micheline entre.
MADAME FORTIER
Micheline î...
MICHELINE, presque brutalement.
Laissez-rnoi... Laissez-moi... Ma douleur est si forte que je n'ai pas une larme... Et je ne peux pas rester là-haut... je ne peux pas... Je veux savoir pourquoi il s'est tué, — je veux
Savoir ! . . . (Madame Fortiersort. Un temps.) Voyons, avant
de lui remettre io livre que j'étais venu chercher, je passai dans ma chambre une seconde et revins presque aussitôt. Sa fenêtre était grande ouverte... Il so tenait debout, le front appuyé contre la vitre, et il no bougeait pas. Je m'approchai et lui posai doucement la main sur l'épaule... Il sursauta... mais me prit vite dans ses bras comme pour so faire pardonner ce geste involontaire... Il me serrait si fort contre lui qui* j'entendais les batte-