ACTE PREMIER
MICHELINE
Gentille, oui, mais vraiment pas assez affectueuse. Elle lui répond parfois sur un petit ton sec qui m'irrito moi-même. J'ai beau la gronder, la sermonner, rien n'y fait. Elle est incorrigible.
ROBERT
Ce sont deux natures si différentes! Et puis tout cela n'a aucune importance.
MICHELINE
Pour toi peut-être. Si je te parlais comme elle lui parle, serais- tu satisfait?
ROBERT
Moi, je te battrais!
MICHELINE
Tu en serais capable?
Non, je craindrais de te briser.
MICHELINE
Mais, je me défendrais.
ROBERT
Avec quoi, grand Dieu!
MICHELINE
Avec mes ongles, d'abord.
ROBERT
Avec ses ongles! Voyez-vous cela! Montre tes griffes. Elles sont superbes! Mais tu les rentrerais pour ne pas me blesser.
MICHELINE, tendrement.
C'est vrai.
ROBERT» il la prend dans ses bras.
Tu es un être délicieux.
MICHELINE
Non... je t'aime, voilà tout; serre plus fort... je suis solide. A la bonne heure, ainsi tu as l'air d'être sincère t
ROBERT
Méchante!
Je plaisante. Je suis sûre de toi.
ROBERT
A la bonne heure.
MICHELINE
Tu es un brave homme.
ROBERT
Qu'est-ce que tu dis?
MICHELINE
Oui, tu es un brave homme.