ACTE PREMIER
noblesse de ton caractère que je ne dissimulai nullement la joie que j'avais de te connaître. Et tu fus charmant!
ROBERT
Continue... Je bois du lait...
MICHELINE
Tu ne te crus pas obligé de m'adresscr les compliments d'usage et tu me fis part simplement — comme si nous étions depuis longtemps déjà de vieux amis — de tes rêves et de tes espérances.
ROBERT
J'étais timide, gauche, avoue-le.
MICHELINE
Pas trop.
Menteuse 1
ROBERT
MICHELINE
Quoique ta réputation d'ingénieur fût déjà bien établie, tu me parlas en effet avec timidité, et ta modestie m'enchanta. Tes jugements surtout me plurent infiniment...
ROBERT
Mes jugements?
MICHELINE
Et tes sévérités ne me parurent pas excessives. Tu voyais le monde pour ainsi dire avee mes yeux, et comme tu avais mes idées et mes goûts, je te trouvai naturellement supérieur aux autres.
ROBERT
Et maintenant?
MICHELINE
Ohl maintenant...
ROBERT
Gare!
MICHELINE
Rien n'est changé et je m'aperçois plus que jamais que je ne me suis pas trompée. Tu es bien l'homme que j'attendais... ou plutôt que je n'attendais plus. J'avais vingt-six ans...
ROBERT
Tu les as toujours.
MICHELINE
Tu es gentil. Tu es venu cependant et tout de suite nous nous sommes compris. Oui, je t'aime du plus profond de mon cœur et, c'est curieux, malgré les dix années écoulées, j'ai