ACTE I, SCÈNE I
LUCENAT.
Eh bien ?
MONTLOUIS
Eh bien ! il est mort 1
BAYILLE.
Mort ! Albert de Lansac !
LUCEMAY.
Et comment cela ?
IIONTLOUIS.
11 parait qu’il a été tué en duel ce matin.
BAVILLE
Tué en duel!... Et par qui, mon Dieu ! et à quel propos?
MONÏLOUIS.
Je l’ignore. Je n’ai aucun détail sur cette affaire.
LCCENAY.
Mort ! Albert ! Ce n’est pas possible ; il devait souper avec nous ce soir... il aurait attendu à demain pour se faire tuer...
On t’aura trompé, ou tu t’amuses à nous faire des contes. Avezvous entendu parler de cela, vous, Salluces?
SALLUCES, d'un air sombre.
Oui.
MONTLOUis, regardant Salluces.
Ah! mon Dieu! comme vous êtes pâle, mon cher! Qu’avezvous donc ce soir? est-ce que c’est celte nouvelle qui vous donne cet aspect lugubre? Vous, un esprit fort, un sceptique!...
Que voulez-vous, très-cher, nous sommes tous mortels ! Allons, buvons, pour chasser la mélancolie.
SALLUCES, vivement.
Oui, oui, buvons !... et parlons d’autre chose.
LUCENAY
Soit ! parlons d’autre chose.
MONTLOUrS.
Au surplus, messieurs, si vous êtes curieux d’apprendre toutes les circonstances de ce malheureux duel, je connais .quelqu’un qui pourra vous renseigner à ce sujet.