DE VILLIERS
LA MAiiQUiSE, au dehors.
Mais oui, venez donc. — Ne la dérangez pas ! — Est-ce qu’on fait des cérémonies entre amis, entre voisins de campagne? (Paraissant avec le duc et le marquis .) Eh! tenez, la voici, cette chère Mathilde... (Elle va à elle et l’embrasse.) Bonjour, chère belle ; comment allez-vous ce malin ?
MATHILDE, Uvaut.
Mais très-bien... très-bien, je vous assure.
Ah ! lant mieux ! Cependant je vous trouve un peu pâlie...
le duc, passaîità droite et regardant Mathilde avec inquiétude .
En effet... vous semblez éiiiiie...
MATHILDE, vivemcnt.
Moi ?...
LE DUC, lui prenant la main.
Votre main est brûlante...
MATHILBE.
Un peu de fièvre peut-être... Ce ne sera rieu, rassurez-vous, mon ami.
LA HAnQuisE, à MothUde.
Que faisiez-vous doue dans cette solitude?...
MATHILDE
Mais... je lisais...
LA MARQUISE
Ah! je comprends... quelque roman bien tendre, bien langoureux... bien passionné... C’est sans doute votre lecture qui vous a causé cette émotion.
Oui... peut-être, en effet...
LE DUC, quiapris le livre sur le canapé.
Les Maximes de La Rocbefoucault. (Avec un peu d'ironie et regardant Mathilde.) C’est la première fois que je vois ce grave moraliste produire un effet semblable !...
MATHILDE, üvec un peu d' impatience.
Et qui vous dit que co soit ce livre? Et d’ailleurs, de quoi me parlez-vous ? Je vous répète, mon ami, que je ne suis point souffrante, que je me porte à merveille!...
LA MARQUISE, souHant.
Allons, allons, monsieur le duc, ne la tourmentez pas; ne voyez-vous pas qu’elle a mal aux nerfs!... Je connais cela, par expérience! .\h! c’est un mal affreux! (A Mathilde, en allant s'asseoir avec elle à droite.) A propos, chère duchesse, est-ce que vous n’assisterez pas aux courses, tantôt ?
MATHILDE
Mais, je ne sais encore... Je crois que si, pourtant.
LE DUC, allant à Mathilde.
Je vous ai fait retenir une loge dans les tribunes ré.servées, pour le cas où il vous conviendrait de prendre ce plaisir...
MATHILDE
Merci, mon ami. Vous êtes, comme toujours, mille fois bon !...
LE DUC
Ce n’est qu’à force d’attentions et de tendresse que je puis vous faire oublier un tort d’autant plus grave, chère Mathilde, qu’il s’accroît tous les jours.
Un tort ! et lequel ?
LE DUC
Mon âge.
LA MARQUISE, OU duC.
Retenir une loge!... à quoi bon? C’était, en vérité, a peu près inutile... de cette terrasse, on est admirablement placé
f iour voir les courses... et, de plus, ou a l’avantage d’éviter la ouïe et la cohue. -u*
LE DUC, à M. de Villiers, qui s’est assis à gauche.
Est-ce que vous faites courir, marquis?