LES ARBRES COUPÉS
Chacun de nos soldats eut son cri de souffrance Devant ces arbres morts qui jonchanent les terrains ; « Ohl les pêchers! » criaient ceux de l' Ile-de-France. « Et les mirabelliers ! » crièrent les Lorrains.
Soldats bleus demeurés paysans sous vos casques, Quels poings noueux et noirs vers le nord vous tendiez l (( Les cerisiers! » criaient avec fureur les Basques. Et ceux du Roussillon criaient : « Les amandiers! »
Devant les arbres morts de l'Aisne et de la Somme, Chacun se retrouva Breton ou Limousin, (( Les pommiers ! » criaient ceux du pays de la pomme ; « Les vignes! » criaient ceux du pays du raisin.
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Ainsi vous disiez tous le climat dont vous êtes, Devant ces arbres morts que vous coasidériez. — Et moi, voyant tomber tant de jeunes poètes. Hélas 1 combien de fois j 'ai crié : « Les lauriers ! n