‹ Le vol de la MarseillaiseChapitre 75 sur 77 · LES 1?«TER VALLES · texte numérisé non relu

LES 1?«TER VALLES

Passaient; quand les schapskas qu'une aigle blanche frôle

Succédaient aux vastes chapeaux ; Et quand les Portugais portaient sur leur épaule,

Gomme aux temps anciens, leurs drapeaux ;

D'où vient, lorsque entourés par la foule française,

Des soldats plus vifs et plus bleus \ valent l'air tout d'un coup tellement à leur aise

Qu'on sentait qu'ils étaient chez eux ;

Lorsque aux sons d'un clairon, ou d'une cornemuse.

Ou d'un mélancolique chant.

Sous leurs dix étendards dont l'or splendide s'use

Dix^ peuples rêvaient en marchant.

Et, fiers de s'assembler contre le même crime

Bien qu'ils ne se ressemblent pas, Marchaient, sans abdiquer, dans leur marche unanime,

Les différences de leurs pas;

D'où vient que le cortège auguste et militaire

S'interrompait de temps eu temps.

De sorte que la rue, avec nos fleurs à Icrrc,

Restait vide quelques instants?

Et d'où vient que le Peuple, alors, qui voit des choses

Dont souvent nous ne voyons rien, Jiestait à regarder ces pavés et ces roses,

Silencieusement? d'où vient

Que, suspendue encore à l'arbre qu'elle assiège,

S'accrocliant au socle trapu, La Foule regardait comme si le cortège

Ne s'était pas interrompu?

Et nous comprîmes tous que ce grand peuple avide

Ne regardait de tous ses yeux Que parce qu'il voyait passer dans chaque vide

Un bataillon mystérieux.

A la Revue, alors, des vivants, nous comprîmes

Qu'avec son irréel tambour La Revue — autrefois Nocturne — des victimes

Venait se mêler en plein jour.

Car ces détachements de dix gloires rivales

Avaient eu le soin juste et beau De réserver entre eux de larges intervalles

Aux détachements du Tombeau.

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