‹ Le voleur, comédie en un acte, mêlée de coupletsChapitre 17 sur 19 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

Les précédens, DOROTHEE , eri négligé;

DORO'i'HéE.

Que se pass?-t-il donc ? j'entends parler fl6 Volërti'I.. ça li^'a ré-

vfillet

BOJSVOISIN.

Ne caign» rien , ,uade,„oiselk , nous le lenon^^, le vojla ...

rouoTHÉE, à part.

Monsieur Isidore! ( Haut. ) Comiuent monsieur serait?..

Oui , mon enfant... mais sois tranquille , il ne sortira d la que pour aller aux galères...

DOROTHÉE

Aux galères!..

ISIDORE, a part. .

Allons , elle va croire aussi... {Haut.) Mais je n ai pas pris chez vmis une tête d'épinple... j'en fais serment , parole d honneur. ' ^^' ""^ I l'aend k bras comme s'il prêtait serment , il a fait un pas , sa mam se trouve devani les yeux de Gertrude. )

GERTUDE, l'œil Jixé sur sa main. Il n'a rien pris !.. et je reconnais à son doigt une bague de nièce!.. La voyez-vous?..

DOROTHÉE , embarrassée.

Ah! mon Dieu... oui... matante... ^

ISIDORE , il part, s éloignant.

Ah !.. c'est jouer de malheur !..

BADOXJLARD , à Bonvoisin. ^

Eh! bien, voyons, toi qui es commisaire ... qu attends-tu icore?.. C'est à toi de l'appréhender...

ma

encore

BONVOISIN

Eh! bien oui, mais c'est que je l'appréhende beaucoup...

ISIDORE , à Dorothée Mademoiselle, vous pouvez m'empêcher d'être traduit devant les tribunaux, exposé sur la place...

BADOULÂRD.

Ma nièce, venez par ici... n'écoutez point ce criminel...

ISIDORE. j ,

Mademoiselle sait bien que c'est le seul hasard qui m a amené. . .

BADOXJLARD. U l, ?

C'est le hasard qui vous a mis dans ma robe de chambre •..

ISIDORE , ai'cc bonhomie.

Mais, oui, monsieur, je suis étranger dans cette ville... je me suis égaré...

Vos pas se sont égarés dans mes pantoufles?., peut-on raisonner ainsi !...

ISIDORE

Mon Dieu, Dorothée, je vous en prie... faites-lui comprendre...

BADOULARD , tres'surpris.

Il vous appelle Dorothée ! il vous connaît donc?..

ISIDORE

Mais , oui , monsieur , c'est elle qui m'a donné sa bague Mademoiselle m'adore, et je n'ai jamais été autre chose qu un auiou-

reux

TOUS

Un amoureu::!..

BADOULAUD, V amenant sur le do'ant de la scène. Un amoureux !.. un amoureux !.. mais alors c'est donc à dire que rue Saint-Denis?..

ISIDORE

Non , non , je ne dis pas ça. ( ^4 part. ) Diable de rue Saint-Denis, je n'en sortirai pas !

BÂDOULATID.

A la bonne heure, car enfin quand je vous ai trouve' chez ma femme... Vous étiez bien venu pour voler, je l'espère?., d'ailleurs, inadaiiic Bonvoisin , qui demeurait à côlé de nous, me dit fort bien, d'après votre signalenient... et si elle était encore de ce monde...

ISIDORE, à part. Oh! quelle idée! [Haut.) Eh, bien! monsieur, puisque vous me poussez dans mes derniers retranchemens^ je vais tout vous dire...

BADOULARD , inquiet.

Oui...

isiDORiî, a^'ec mystère,, à BaJoulard qu'il emmène sur le coté. Qu'est-ce qui logeait sur le même carre' que vous?

BADOULARD.

Comment?

ISIDORE

Oui , quel e'tait le locataire limitrophe?..

BOMVOisiN , qui s'est approche pour écouter. Eh bien!., c'était moi... moi et mon épouse , madame Bonvoisin...

ISIDORE , // Boni>oisin.

Pardon, mon brave homme... ceci ne vous regarde pas... vous voyez bien que nous scMnmes eu affaire...

BADOULARD, à Bonuoisin.

Ca va s'éclaircir...

ISIDORE, bas à Badoulard.

Sachez donc que j'étais amoureux... {Mouvement de Badoulard. ) de madame Bonvoisin.

BADOULARD , à mi voix.

Quoi?... cette vertueuse femme?..

ISIDORE

C'était pour cette vertueuse femme que je rôdais sur votre escalier... et un soir ([ue j'allais être surprit), je me réfnj;;iai chez vous... jugL'Z ce (ju'un tel aveu me coûte. BADouLAiiD , riant.

Allons donc... il serait possible! mais elle avait cinquante ans...

ISIDORE, à part. Ail ! diable ! {Haut. ) Que voulez-vous , à viji;j,t ans on ne coiiipte pas... c'étaient Il-s jeux de mou enfance...

uoN VOISIN , s'm'iincant encore.

Qu'est-ce qu'il te dit duuc hi? lieiu;* il te fait des iévé!î»(ir)::s ?.

bAdoulard|, riant.

Rien , rien , mon ami...

1 BON VOISIN , perdant patience.

Rien, rien !.. mais à la fin de tout ça ,jMonsieur, qui êtes-vous?..

ISIDORE , gaiment.

Isidore Yerneull , architecte à Orléans...

BADOtLARD.

Eh I... on nous a'^ait parlé de vous pour Dorothée...

» ISIDORE

Mais sûrement.

GERTRUDE

Monsieur Isidore Yerneuill.. je ne souffrirai jamais!..

ISIDORE , passant près d'elle à mi-voix. J'e'jpère que si, Mademoiselle, songez que « Cupidon est ami du mystère... »

BONVOISIN, à Badoulard.

Ainsi , ce n'est pas ta sœur qu'il aime?. . tu en est bien sûr?..

ISIDORE

Je vous prie de ne pas me faire l'injure d'en douter!

BONVOISIN

C'est que j'adore mademoiselle Gertrude Badoulard...

GERTRUDE , à Bon^'oisin.

Imprudent !..

BADOULARD, riant.

Je m'en étais toujours douté.. {Montrant Isidore.)Et tu craignais que monsieur n'eût été sur tes brisées?..

BONVOISIN, afec importance et à mi voix. Dam! tu connais mes idées sur l'honneur conjugal!.. Quand on a eu le bonheur d'avoir une première femme qu'on n'a jamais soupçonnée... on ne voudrait pas que la deuxième... BADOULARD , riant, il part.

Ah I le malheureux... il est jaloux de celle-là et il ne l'était pas de l'autre... comme c'est ça î...

BONVOISIN

Ah! ça , mais toi , qui me disais que tu avais rencontré autrefois ce jeune homme chez ta femme... Ilein ? c'est diablement scabreux... Ca ne te fait donc rien ?

BADOULARD, riant.

Lui !.. chez ma femme ?.. Non , non , ça ne me fait rien !..

BONVOISIN , à lui-même.

Par^exemple !.. il est bon enfant!

(Ils rient tous les deux.) ISIDORE.

Enfin , à l'avenir, monsieur le commissaire pourra faire ia différence d'un amoureu.x et d'un voleur.

BONVOISIN

C'est que cela se ressemble beaucoup... {Bas ii Iji.'r-.) Demandez à mon pauvre ami Badoulard.

BADOULARD , de mcme.

Bcm:in'ii.2 à mon pauvre ami Konvoisin.

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