‹ Le voleurChapitre 62 sur 65 · ME TROUVEZ-VOUS · texte numérisé non relu

ME TROUVEZ-VOUS

^ THÉRÈSE. — A ma connaissance, madame n a j<amais été plus jolie.

JOUJOU. — Vous êtes folle, ma pauvre fille ! ^

THÉRÈSE. — Madame peut mo croire.

JOUJOU. — Sincèrement... vous trouvez?

THÉRÈSE. — Et je ne suis p;is seule de mon avis, M. Le Cortier me disait la mênio chose avant-hier.

JOUJOU. — Oh alors !

GERMAi.vE, (h h porte Ju fond. — Je peux PTitrer? C'e^t moi, Germaine.

JOUJOU. — Oui, oui, entre. [A Thérèse.)

JOUJOU, GERMAINE, un moment UN MAllKE DHOTFJ.

GERMAINE. — Tu vas faire une promenade.

JOUJOU. — Oui, une longue promenade, j'ai

besoin de quelques heures de recueillement.

GERMAINE. — Tu a^ tcg placcs de sleeping

pour demain soir ?

JOUJOU. — Non, pas encore; du reste, il n'est pas sûr que je parte demain. Dis donc, je te remercie, vous m'avez joliment lâchée, j'ai déjeuné toute seule !

GERMAINE. — Ma pauvre chérie, il faut nous pardonner... si tu savais!... Nous "«lous sommes couchés à quatre heures du matin, nous avons passé toute notre nuit à écrire des chiffres.

JOUJOU. — Des chiffres?

GERMAINE. — Oui, enfin à faire des calculs, nous modifions notre système au trenteet-quarante.

JOUJOU. — Il ne marchait donc pa^ votre système ?

GERMAINE. —. .Si, il marchait, mais nous voulons qu'il marche encore mieux, alors au lieu de jouer masse égale, .îous allons jouer avec une montante.

joijou. — l'ne montante?... Qu'est>-ce que c'est que ça, une montante?

GERMAINE. — Ce .serait t^-op long à t'expliquer, mais tu verras avant la 1 n de la semaine, nous aurons rattrapé toute notre perte.

JOUJOU. — Vous perdez donc?

GERMAINE. — Pas graud'cliosc.

JOUJOU. — Gombit^n?

GERMAINE. — Uue douzaine de mille...

.JOUJOU. — Bravo! Mais il est détectable A'otre système !

GEHM.uvE. — Il n'est pas détestable, ma chère; l'an dernier Mas jouait sans aucun système, eh bien, il a perdu quatre fois autant.

JOUJOU. — Du moment que vous êtes s;irisfaits, tout va bien.

GERMAi.NE. — Notrc grand tort, c'était de jouer trop longtemps; désornrai.s. nous entrerons dans la salle de jeux à trois heures — pas à trois heures cinq ni à trois heures moins cinq — à trois heures, et que nous soyions en gain ou en perte, à sept heures tapant, nous levons la séance. Qu'est-ce que tu dis de cette idée?

Joujou

joijoi . — Je l'approuve, parce qu'elle mo fera dîner à l'heure, mais je ne suis pas sûro qu'elle vous fasse gagner.

GERMAINE. — Tu ne comprends rien au jeu! L'idée est de moi et Max l'a trouA'ée excellente.

On frappe.

JOUJOU. — Entrez! {Paraît un maître dliôtei.) Qu'est-ce que c'est? (Le maître

LE MAITRE D'HOTEL. — Bien, madame.

crj^tcî fend, à Joujou une carte sur un petit plateau.) Oh!

GERMAI M-:. Quoi ?

JOUJOU. — Tiens!

GERMAINE. Oh!... Il CSt là?

JOUJOU, au maître cVhôtel. — Ce monsieur est là?

LE MAITRE d'hotel. — Oui, madame.

GERMAINE. — Ça par exemple, c'est extraordinaire!

JOUJOU. — Extraordinaire!

GERMAINE, indiquant le maître d^hôtel — Dis donc!...

JOUJOU. — Ah! oui... eh bien, priez c{^ monsieur de monter.

LE MAITRE d'hotel. — Bien, madame.

Il sort.

GERMAINE. — Je n'en reviens pas! Mais tu en fais une figure!

JOUJOU. — Moi, pas du tout!

GERMAINE. — Regardc-toi.

JOUJOU. — Ah ! tu sais, les événemeute inattendus... ça me... ça me... J'ai touiours été comme ça. (On frappe.) Entrez!

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